Focus biodiversité

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La biodiversité désigne la variété des formes de vie sur la Terre. Ce terme est composé du préfixe bio (du grec βίος / bíos, « vie ») et du mot « diversité ». Elle s’apprécie en considérant la diversité des écosystèmes, des espèces et des gènes dans l’espace et dans le temps, ainsi que les interactions au sein de ces niveaux d’organisation et entre eux. Source : wikipedia

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L équipe Sciencepost

août 2026

Depuis l’orbite, une tache sombre s’étalait autrefois sur le sable ocre du désert koweïtien, aussi nette qu’une tache d’encre sur du papier blanc. Pas besoin de zoomer : les images satellites captaient sans difficulté ce rectangle noir de plusieurs kilomètres carrés, planté au milieu de rien. La raison ? Quarante-deux millions de pneus usagés, enterrés puis empilés pendant des décennies dans la région de Sulaibiya, au nord-ouest de Koweït City.
Les compteurs de l’Office français de la biodiversité viennent de basculer dans le rouge. Au 1er août 2026, 1 373 cours d’eau sont touchés par des ruptures d’écoulement ou des assecs. Un chiffre qui claque comme un signal d’alarme : jamais, à cette période de l’année, le réseau de surveillance n’avait enregistré une telle dégradation.
Trente-six parcelles reboisées, passées au crible des satellites. Une seule verdit davantage que le sol laissé à l’abandon juste à côté. Le reste ? Une mosaïque de plantations moribondes, d’acacias fauchés par la première sécheresse venue et de clôtures percées par le bétail. C’est le constat que dressent deux chercheurs, Annah Lake Zhu et Amadou Ndiaye, dans une étude publiée en juin 2025 dans la revue scientifique Land Use Policy, consacrée à la section sénégalaise de la Grande Muraille verte du Sahel, lancée en 2007 pour faire reculer le désert de Dakar à Djibouti.

juillet 2026

Un tunnel censé rester scellé par le gel pendant des siècles s’est retrouvé inondé au bout de neuf ans à peine. En octobre 2016, l’année la plus chaude jamais enregistrée sur la planète, le permafrost qui entoure la chambre forte de Svalbard a commencé à fondre, laissant l’eau s’infiltrer dans le tunnel d’accès censé protéger près d’un million de paquets de graines destinés à offrir une mesure de sécurité alimentaire pour le monde. La Norvège a fini par débloquer 100 millions de couronnes, soit environ 10 millions d’euros, pour reconstruire l’ouvrage.
Les polluants éternels que nous répandons nous-mêmes sur nos champs Pour comprendre l’ampleur du problème, il faut remonter à un geste qui partait pourtant d’une bonne intention. Chaque année, des millions de tonnes de biosolides — ces boues issues du traitement des eaux usées municipales — sont épandues sur les sols comme engrais, souvent présentées comme une alternative naturelle aux produits pétrochimiques. Le hic, c’est qu’une grande partie de ces boues est contaminée par les PFAS. En croyant nourrir la terre, on l’a donc en réalité intoxiquée pendant des années.
Un anneau d’acier et de câbles supraconducteurs vient d’être testé avec succès à Hefei, dans l’est de la Chine, et il porte à lui seul les espoirs d’un pan entier de la recherche sur la fusion nucléaire. L’Institut de physique des plasmas de l’Académie chinoise des sciences a achevé fin juin les essais complets d’un aimant toroïdal de 582 tonnes, une structure en forme de D mesurant 21 mètres de long, 12 mètres de large, avec 1,3 fois le volume et trois fois l’énergie stockée des aimants comparables du réacteur thermonucléaire expérimental international installé à Cadarache. Sa destination : le cœur du tokamak BEST, le Burning Plasma Experimental Superconducting Tokamak, dont l’achèvement est prévu fin 2027.
Un lac de plus de 280 kilomètres carrés a disparu en une décennie et demie, laissant derrière lui l’un des pires cauchemars de pollution de l’air aux États-Unis. Depuis 1913, le lac Owens, en Californie, est vidé de son eau au profit de Los Angeles. Résultat : son lit asséché envoie dans l’atmosphère des tonnes de poussière toxique chaque année, et pour contenir le désastre, l’État est contraint d’arroser en permanence son fond, sans jamais pouvoir arrêter l’opération.
Trois semaines de loyer remboursé, sans qu’aucun mur n’ait brûlé. Voilà l’équation improbable que les assureurs français viennent d’accepter, à la demande du gouvernement, pour les 220 000 personnes chassées de chez elles par les incendies de Gironde, des Landes et du Var. Cette mesure exceptionnelle, négociée avec la fédération professionnelle France assureurs, s’appliquera pour une durée allant jusqu’à trois semaines, que les logements aient été endommagés ou non. Une annonce faite lundi 27 juillet par le ministre de l’Économie Roland Lescure, et qui bouscule un principe que tout propriétaire ou locataire assuré croyait immuable.
Les flammes reculent, l’inquiétude non. Dans les Landes de Gascogne et en Gironde, où 40 000 hectares de forêt sont partis en fumée cet été, les fournisseurs d’eau potable savent que le vrai risque commence quand les pompiers rangent leurs tuyaux. Sous ce massif de pins maritimes repose l’une des plus grandes réserves d’eau douce du pays, et c’est justement cette proximité entre le sol brûlé et la nappe qui inquiète les techniciens chargés de la surveiller.
Trois heures du matin, vendredi 24 juillet 2026. Les téléphones vibrent d’un coup dans toute la presqu’île du Cap-Ferret, avec ce signal sonore reconnaissable entre tous que les habitants du Bassin d’Arcachon n’oublieront pas de sitôt. Un message FR-Alert, sec et sans appel, ordonne d’évacuer immédiatement, par la route ou par la mer, après que la préfecture a activé ce dispositif pour ordonner l’évacuation de tous les villages de la presqu’île. Cinq jours plus tard, le bilan tombe : 220 000 personnes déplacées, un chiffre que la France n’avait plus connu depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Dix-neuf mille hectares de forêt partis en fumée, cent bâtiments détruits, cent quarante mille personnes évacuées en quelques jours. La réponse à la question que tout le monde se pose ce week-end, à savoir comment un incendie peut menacer directement une métropole de 800 000 habitants, tient en une phrase : Bordeaux n’a jamais été séparée de la forêt landaise par une frontière nette. Elle a poussé dedans.
Un Airbus A400M largant de l’eau sur un feu de forêt en France : la scène, encore impensable il y a quelques mois, s’est concrétisée ce samedi 26 juillet 2026 en Gironde. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a demandé aux Armées de déployer sans délai cet avion de transport militaire face à un incendie qui a déjà parcouru 30 000 hectares et menace désormais la périphérie de Bordeaux. Une première opérationnelle en France, qui bouscule une certitude bien ancrée : celle voulant que seuls les Canadair et les Dash-8 puissent combattre le feu depuis le ciel.
Il était trois heures du matin quand les téléphones ont vibré dans toute la presqu’île. Un message FR-Alert, sec et sans appel : évacuer, immédiatement, par la route ou par la mer. La préfecture a activé ce vendredi à 3h du matin le dispositif FR-Alert pour ordonner l’évacuation de tous les villages de la presqu’île du Cap Ferret, après l’évacuation déjà du bourg de Lège dans la soirée. En quelques heures, ce coin réputé de la Gironde, d’ordinaire synonyme de vacances tranquilles entre pinède et bassin, s’est transformé en zone à évacuer d’urgence, encerclée par les flammes d’un côté et par l’eau de l’autre.
Douze mille cinq cents hectares partis en fumée. Quarante-quatre mille personnes évacuées en seulement vingt-quatre heures. Quand la préfecture de Gironde a ordonné vendredi 24 juillet l’évacuation totale de la presqu’île du Cap-Ferret, elle n’a fait qu’entériner ce que les pompiers du SDIS 33 constataient depuis la veille au soir sur le terrain : ce feu, parti mercredi de Saumos, avait basculé dans une catégorie que même les vétérans de 2022 n’avaient jamais vue. La vitesse de propagation du feu lui a fait brûler « 800 à 1.000 hectares à l’heure dans un contexte d’une zone de périphérie urbaine », a décrit le contrôleur général Marc Vermeulen, patron du service départemental d’incendies et de secours de la Gironde. Un rythme qui rend dérisoire toute stratégie de confinement classique.
Un mur de flammes de plusieurs mètres de haut, une fumée visible depuis Bordeaux, et des habitants qui fuient en pleine nuit avec leurs valises jetées à l’arrière de la voiture. Entre Saumos et Le Porge, dans le Médoc girondin, un incendie déclenché mercredi 22 juillet à la mi-journée a dévoré plus de 2 400 hectares en un peu plus d’une journée. Un embrasement d’une rapidité stupéfiante, qui a contraint les autorités à évacuer environ 12 000 personnes, alors que les flammes progressaient toujours en Gironde, un chiffre qui a ensuite grimpé jusqu’à près de 20 000 personnes selon les derniers points de situation de la préfecture. Fait notable : aucun blessé n’est à déplorer, mais une maison isolée a été détruite, selon la préfète de région et de la Gironde.
Une montagne de vêtements grande comme plusieurs centaines de terrains de football pousse depuis des années dans l’un des endroits les plus arides de la planète. Dans le désert d’Atacama, au nord du Chili, près de la ville d’Alto Hospicio, s’entassent aujourd’hui environ 60 000 tonnes de textiles invendus ou jetés, arrivés d’Europe, d’Asie et d’Amérique du Nord. Le dernier chiffre en date s’élève à plus de 60’000 tonnes et la décharge a pris de telles proportions qu’elle est visible sur des images satellites prises depuis l’espace. Face à ce constat, les Nations Unies ont qualifié la situation d’«urgence environnementale et sociale pour la planète».
Une bombe à hydrogène de 3,4 tonnes repose depuis 1958 quelque part sous la vase de Wassaw Sound, à quelques kilomètres de Tybee Island, en Géorgie. Le Pentagone l’a officiellement déclarée « irrémédiablement perdue » après deux mois de recherches infructueuses. Elle y est toujours.
À l’intérieur d’un corps de ferme en pierre du XIXe siècle, le thermomètre affiche 24°C un après-midi de canicule. À 200 mètres de là, dans un pavillon livré il y a cinq ans, il grimpe au-delà de 35°C dès 14 heures. Ce n’est pas une légende de grand-mère : c’est de la physique pure, et elle porte un nom précis, l’inertie thermique.
Douze ans de fonctionnement. Cinquante-cinq ans pour effacer les traces. La centrale nucléaire de Brennilis, plantée au cœur des tourbières du Finistère, illustre à elle seule le gouffre entre la promesse du nucléaire propre et la réalité de son démantèlement. Arrêtée en 1985, elle ne rendra son terrain à la lande bretonne qu’aux alentours de 2040, pour une facture qui a explosé au fil des décennies jusqu’à atteindre près de 850 millions d’euros.
Vingt-trois virgule sept milliards d’euros. C’est le montant que la Cour des comptes a calculé pour l’EPR de Flamanville dans son rapport publié le 14 janvier 2025, un chiffre à comparer aux 3,3 milliards annoncés lors du lancement du chantier en 2007. Sept fois plus cher que prévu, douze ans de retard sur le calendrier initial, et une rentabilité que les magistrats financiers qualifient sans détour de « médiocre ». Le fleuron du nucléaire français version nouvelle génération traîne un bilan qui donne le vertige.