L’effondrement comme modèle systémique universel ?

Voir le lien de l’événement

Avec Ugo Bardi, Professeur de chimie à l’Université de Florence et membre du Club de Rome

Ugo Bardi est chercheur et professeur de chimie, membre du Club de Rome, contributeur à The Oil Drum, membre du comité scientifique de l’Association pour l’étude des pics de pétrole et de gaz naturel (ASPO). Il s’intéresse notamment à la déplétion des ressources minérales, à la modélisation de la dynamique des systèmes et à la science climatique. Dans son dernier ouvrage, The Seneca Effect, il applique la théorie des systèmes au monde réel et décrit l’effondrement d’un point de vue multidisciplinaire.

Aimer le vivant – échange avec Pierre COURBE et Catherine SCHLITZ

– Mercredi 20 avril à 19h30 –

ATTAC-Liège vous invite à un échange avec Pierre COURBE, Inter-Environnement Wallonie, actif sur les question de mobilité depuis 2003 et Catherine SCHLITZ de l’Agora des Habitants de la Terre.

Les rapports scientifiques se suivent et se ressemblent : les pollutions s’accentuent, les bouleversements climatiques s’accélèrent, l’effondrement de la biodiversité s’amplifie… Pour inverser les tendances, il faudrait modifier en profondeur le fonctionnement des sociétés humaines. L’humanité ne s’y attèle pas. Et elle n’en a, hélas, plus vraiment le temps. Les désastres écologiques et sociaux vont donc s’amplifier.
Quel sens donner à sa vie dans cette perspective ? A défaut de disposer du temps nécessaire pour « sauver la planète », qu’est-il encore possible de sauver ? Pour quelles raisons ? Quels moyens mettre en œuvre ?
L’auteur nous livre ses réflexions relatives à ces questions qui hantent nombre d’entre nous et partage ses raisons de continuer à vivre, à s’indigner, à s’engager, à faire ce que l’on estime juste et bénéfique.

Rejoindre la visioconférence :

https://us02web.zoom.us/j/89668966053?pwd=U2Z3NFkrWG9qOUJGcW95N3dTVTNkdz09

ID de réunion : 896 6896 6053
Code secret : 277618

Seule une discussion sur l’effondrement permettra de s’y préparer

Lettre publique – traduction

En tant que scientifiques et universitaires du monde entier, nous appelons les décideurs politiques à s’engager ouvertement face au risque de perturbation, voire d’effondrement, de nos sociétés. Cinq ans après l’accord de Paris sur le climat, nous n’avons pas réussi à réduire nos émissions de carbone, et nous devons maintenant en tirer les conséquences.

S’il est essentiel de déployer des efforts courageux et équitables pour réduire les émissions et ré-absorber naturellement le carbone, les chercheurs de nombreux domaines considèrent désormais l’effondrement de la société comme un scénario crédible pour ce siècle. Les avis diffèrent sur le lieu, l’étendue, la date, la durée et la cause de ces perturbations ; mais la manière dont les sociétés modernes exploitent les hommes et la nature est une préoccupation commune à tous.

Ce n’est que si les décideurs politiques ouvrent le débat sur cette menace d’effondrement de la société que les communautés et les nations pourront commencer à s’y préparer et à en réduire la probabilité, la rapidité, la gravité et les dommages infligés aux plus vulnérables et à la nature.

Les armées de plusieurs pays considèrent déjà l’effondrement comme un scénario crédible, nécessitant une planification. Des enquêtes publiques montrent qu’une partie importante des populations anticipent désormais l’effondrement de la société. Malheureusement, c’est déjà le quotidien ou même l’histoire de nombreuses communautés du Sud. Cependant, le sujet n’est pas traité équitablement dans les médias, et est généralement absent de la société civile et de la politique.

Lorsque les médias couvrent le risque d’effondrement, ils citent généralement des personnes qui condamnent la discussion sur le sujet. Les spéculations mal informées, comme celles citant des campagnes de désinformation venant de l’étranger ou les répercussions sur la santé mentale et la motivation ne favorisent pas une discussion sérieuse. De telles affirmations ne tienne pas compte des milliers d’activistes et représentant des mouvements citoyens qui anticipent l’effondrement comme une motivation supplémentaire pour demander des changements sur le climat, l’écologie et la justice sociale.

Les citoyens qui se préoccupent des questions environnementales et humanitaires ne devraient pas être découragées de débattre des risques de perturbation ou d’effondrement de la société, faute de laisser ce sujet être dominé par des acteurs moins soucieux de ces valeurs.

Certains d’entre nous pensent qu’une transition vers une nouvelle forme de société est possible. Elle impliquera une action déterminée pour réduire les dommages causés au climat, à la nature et aux humains, en incluant la préparation à des perturbations majeures de la vie quotidienne. Nous percevons les efforts cherchant à supprimer le débat sur l’effondrement comme une entrave à cette possibilité de transition.

Nous avons constaté à quel point il est difficile, sur le plan émotionnel, de reconnaître les dommages infligés au quotidien, et la menace croissante qui pèse sur notre propre mode de vie. Nous connaissons également le grand sentiment de fraternité qui peut naître une fois que ce débat s’ouvre. Il est temps de s’engager ensemble dans des conversations difficiles, afin de réduire notre participation aux détériorations en cours, et d’être créatifs pour faire émerger le meilleur d’un avenir turbulent.

Présentation, version originale, signataires :
https://iflas.blogspot.com/2020/12/international-scholars-warning-on.html