Quels métaux pour une transition juste ? Extraire au sud et utiliser au nord

Liens pour réserver   – Etopia

1er séminaire dans le cadre du programme « Metal for a green and digital europe” de la Green European Foundation “.

Ce 1er débat se concentrera sur les aspects de l’extraction au sud pour utilisation au nord (extractivisme, condition de travail, régulations, traçabilité….).
Comme tous les pays européens, la Belgique importe au travers de réseaux commerciaux complexes et peu transparents (clause de confidentialité du code des douanes oblige) de grande quantité de métaux comme le cobalt, le germanium, le lithium ou encore le coltan pour n’en citer que quelques-uns.
Ces métaux font aujourd’hui l’objet d’une attention toute particulière des politiques européennes. Cela pour deux raisons au moins qui soulèvent des enjeux passablement en contradiction et qui impliquent des acteurs très différents : il s’agit en effet d’un côté d’assurer un approvisionnement constant pour soutenir la croissance du développement des énergies « vertes » et des technologie numériques (panneaux solaires, voiture électriques, éoliennes, smartphones, smartcities…) et d’un autre côté de s’assurer de ne pas contribuer à des formes d’extraction minière socialement et écologiquement effroyables (condition de travail parfois proche de l’esclavage, travail des efants, destruction des écosystèmes dans les pays producteurs… ).
De manière générale, quels sont les modèles d’extraction minières dans le monde qui parviendraient à répondre de manière satisfaisante à ces enjeux ? (nationalisation, collectivisation, droit national….). L’extractivisme est-il un horizon indépassable ?
L’exemple plus spécifique de la République démocratique du Congo, avec qui la Belgique entretient un lien historique tumultueux, illustre bien les difficultés actuelles pour concilier ces deux enjeux. Entre néocolonialisme et extractivisme, la République Démocratique du Congo souffre de produire une part importante de la production mondiale de métaux rares (60 % par exemple du cobalt mondial) sans parvenir à en faire profiter sa population puisque le Congo reste l’un des pays les plus pauvres du monde. En réalité, les ressources du pays sont exploitées par des firmes multinationales presque exclusivement étrangères comme Glencore (Anglo-Suisse) ou Huayou (Chine) qui ont la mainmise sur les mines artisanales et les mines industrielles.
Cette situation mobilise de nombreux acteurs aux niveaux local et/ou international. Citons les ONG de défense des droits de l’homme et de l’environnement qui ont publié de nombreux rapports et dont certains représentants subissent de terribles pressions ; les syndicats congolais et les représentants politiques qui ont par exemple proposé un changement du code minier en mars 2018 ; certaines entreprises qui s’engagent à développer un commerce équitable avec la création par exemple de la « Fair Cobalt Alliance » ; ou encore les institutions européennes (sous l’influence des partis verts européens) qui ont par exemple produit une loi sur la diligence des entreprises européennes importatrice de métaux tenues de contrôler leur approvisionnement pour s’assurer que ce qu’ils achètent n’a pas été produit de manière à financer des conflits ou d’autres activités illégales connexes.
Il n’empêche, l’état des choses reste aujourd’hui hautement problématique.
Comment moderniser techniquement et socialement l’extraction minière pour stopper le travail des enfants et minimiser les dommages environnementaux ? Comment faire face en Europe aux limites de la traçabilité ? Qu’est-ce qui est entrepris aujourd’hui dans les politiques européennes et congolaises pour améliorer les conditions de production de métal ?
Pour apporter des réponses, nous en discuterons pendant 2 heures avec nos invités :
Jean-Claude Mputu, politologue (ULG), collectif « le Congo n’est pas à vendre »
Sabine Kakunga (CNCD)
Olivier Derruine (Economiste, auteur, assistant parlementaire de Saskia Bricmont au Parlement Européen)
Stefan Thomas (CETRI), auteur de l’ouvrage « Industrie minière, extraire à tout prix »

Peut-on recycler le capitalisme?

https://www.mouvement-up.fr/evenement/peut-on-recycler-le-capitalisme/

Selon le dernier baromètre de la confiance politique publié en février 2021, 41% des Français souhaitent une réforme en profondeur du système capitaliste. Un système économique qui ne tient plus ses promesses de progrès, dans lequel les inégalités ne cessent de se creuser, et qui continue de surexploiter les ressources naturelles, sans tenir compte de l’urgence climatique. Est-il possible de transformer le capitalisme pour le rendre plus responsable ? Faut-il créer un système alternatif qui respecte les humains et la planète. Si oui, par où commencer ?