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Mobile Fortify, ImmigrationOS, Palantir : autant de noms qui représentent la tuyauterie technologique de l’opération “d’expulsion massive” menée par l'ICE sur ordre de Donald Trump. Et ce n’est que l'un des aspects d’une administration qui mise de plus en plus sur la tech pour sa politique et de magnat de la Silicon Valley qui en profitent.
L’administration Trump a lancé une opération à grande échelle contre les migrants en situation irrégulière, en Californie et ailleurs, de préférence dans les États et comtés démocrates. Face au tollé, notamment, des employeurs de ces sans-papiers qui travaillent et paient des impôts, le pouvoir a légèrement reculé, mais sans changer son fusil d’épaule. Ses rodomontades, couplées à des décisions symboliques maladroites, comme la parade militaire organisée à grands frais, le 14 juin dernier, provoquent des contestations de plus en plus véhémentes.
À Los Angeles, les descentes musclées de l’agence fédérale de contrôle de l’immigration (ICE) contre des sans-papiers en pleine rue ou sur leur lieu de travail suscitent toujours l’indignation. Tandis que certains dénoncent une mise en scène destinée à provoquer des tensions, l’envoi de troupes de la Garde nationale et des Marines alimente la colère et fait craindre une montée en puissance des expulsions.
La décision du président américain d’envoyer la garde nationale et des marines dans la mégalopole californienne, court-circuitant les autorités locales, s’inscrit dans une logique de tension souhaitée et assumée.
Plusieurs centaines de militaires des Marines, un corps d'active de l'armée américaine, "vont être déployés à Los Angeles", a indiqué à l'AFP un haut responsable américain, marquant un nouveau durcissement de la réponse fédérale aux heurts survenus dans la grande ville californienne.
La Maison Blanche a autorisé l’envoi de 2 000 soldats. Un « spectacle », selon le gouverneur démocrate de l’Etat californien, Gavin Newsom, qui n’a pas demandé de renforts pour rétablir l’ordre dans la ville.
Le président américain mène depuis sa prise du pouvoir une politique très agressive contre les flux migratoires. L’affrontement avec les juges sur les expulsions extra-judiciaires masque le bouleversement survenu dans la politique migratoire des Etats-Unis. En cent jours, Donald Trump a pris 140 décrets sur l’immigration, selon la Maison Blanche. Le Migration Policy Centre, un institut d’études indépendant, compte 175 décrets et mesures sur la question, soit six fois plus que pendant la même période de son premier mandat.
A titre humanitaire, Joe Biden avait accueilli depuis 2023 un quota de demandeurs d’asile de Cuba, de Haïti, du Nicaragua et du Venezuela. Leur statut étant révoqué, ils ont un mois pour faire leurs valises sous peine de devenir des clandestins expulsables. [...] La décision révolte les défenseurs des droits humains, notamment parce que les migrants concernés ne pourront pas aller au bout de leurs deux ans de résidence initialement accordés.
Alors que le premier vol transportant des migrants clandestins a atterri au début du mois à Guantanamo Bay – la célèbre prison américaine sur l’île de Cuba – où Donald Trump envisage d’installer un centre de détention de migrants de 30.000 places, plusieurs vidéos (comme celle-ci ou celle-là) ont refait surface sur les réseaux sociaux. Elles avancent que Barack Obama, surnommé "Deporter in Chief" par certains de ses détracteurs, est le "champion incontesté des expulsions".

