Jean Jouzel

OA - Liste

« L’urgence est là, nous regardons ailleurs »

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focusbiodiversité agriculture

2026

On l’appelle « l’apocalypse des insectes », et ses conséquences ne se limitent plus à la simple disparition de la biodiversité. Une étude pionnière vient de démontrer que le déclin des pollinisateurs impacte directement la santé humaine en réduisant la disponibilité d’aliments essentiels. En privant nos cultures de leurs principaux alliés, nous perdons des nutriments vitaux comme la vitamine A, le folate et le fer. Ce n’est plus une menace environnementale lointaine, mais une crise sanitaire concrète qui frappe déjà les populations les plus vulnérables de la planète.
Les forêts de mangroves absorberaient 960 000 tonnes par an de pollution azotée déversée dans les eaux côtières, ce qui coûterait près de 8,7 milliards de dollars par an si ce service écosystémique était financé par l’homme, selon une récente étude. Mis à part la séquestration de carbone, les mangroves sont notamment des absorbeurs particulièrement efficaces d’azote, un polluant souvent sous-estimé qui peut avoir des impacts considérables sur les écosystèmes aquatiques.
Dans la savane brésilienne, des collecteurs de semences restaurent des terres ravagées par les monocultures, l’élevage intensif et les incendies. Graine par graine, ils espèrent voir renaître le Cerrado.
Dans une tribune, 18 scientifiques appellent à protéger les pollinisateurs, menacés par les pesticides. À l'origine de cette initiative, Bertrand Schatz revient sur le fossé qui se creuse entre science et décisions politiques.
Aucune technologie ne saurait compenser l'effondrement de la biodiversité. Sa préservation exige des changements systémiques, explique la biologiste Tatiana Giraud. Une vérité radicale, qui entraîne déni et contestation.
Comment permettre aux agriculteurs de vivre de leur travail ? Comment rendre l’alimentation saine accessible, sans la réserver à ceux qui en ont les moyens ? Comment nourrir les Français ? L'ancien ministre de l'Agriculture Marc Fesneau et l'activiste et paysanne Hélène Grosbois se rencontrent au Collège des Bernardins pour échanger sur ce thème lors d'un débat exceptionnel. Une rencontre animée par Gabrielle Vauterin.
Bien davantage que les autres groupes, les oiseaux inféodés aux milieux agricoles se sont effondrés de 32,5 % entre 2001 et 2025. La première cause du déclin est l'intensification de l'agriculture, avec, en tête, le rôle délétère des pesticides.
L’opposition à la nouvelle tentative du sénateur Laurent Duplomb pour réintroduire des pesticides toxiques pour la santé et la biodiversité prend de l’ampleur. La pétition citoyenne a dépassé les 100 000 signatures et gagne en visibilité.
Selon une étude de chercheurs de l’UCLouvain, 78 % des terres agricoles dans le nord de la Wallonie sont contaminées par cet insecticide qui décime les populations d’abeilles.
La plupart des espèces d'oiseaux sont moins abondantes en France dans les zones où les achats de pesticides sont plus élevés, concluent des chercheurs dans une étude publiée mercredi, suggérant qu'une baisse de l'utilisation de ces produits aiderait à protéger la biodiversité.