Sobriété

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sobriété

2026

Aurélien Bigo est un chercheur spécialiste des transports et de leur impact sur nos sociétés. Il a soutenu une thèse en 2020 "Les transports face au défi de la transition énergétique. Explorations entre passé et avenir, technologie et sobriété, accélération et ralentissement", il est l’auteur de “Voitures - Fake or not ?” (Tana édition, 2023), qui fait un bilan chiffré de la mobilité individuelle pour mieux en comprendre les impacts. Il a également participé à l’écriture des scénarios mobilités du plan ADEME
Les discrours qui soutiennent que l’intelligence artificelle permettrait une avancée dans la lutte contre le changement climatique est un fantasme techno-solutionniste. Nous avons besoin d’une transformation profonde de nos modes de vie, nous dit Lou Welgryn, secrétaire générale de Data for Good.
Dans cette vidéo, Jean-Marc Jancovici explique pourquoi l'aviation commerciale est condamnée à mourir avec le pétrole, pourquoi l'IA ne sauvera jamais l'environnement, et pourquoi l'Europe est en réalité en récession larvée depuis 2007 bien avant que personne ne s'en aperçoive. Il révèle aussi pourquoi la sobriété est récessive par nature, pourquoi l'économie circulaire est aujourd'hui impossible en France, et pourquoi le nucléaire reste, selon lui, largement sous-estimé en termes de risques réels comparés aux barrages ou au tabac.
L’humanité peut améliorer les niveaux de vie, réduire les inégalités et maintenir le réchauffement climatique en dessous d’une hausse de 2 °C, selon une vision ambitieuse de la survie de la planète rapportée la semaine dernière par The Guardian. À une époque marquée par l’angoisse écologique, c’est une affirmation remarquablement optimiste. Cet optimisme provient du Global Justice Report, élaboré par le World Inequality Lab de Thomas Piketty. […] Ce rapport va à contre-courant de l’époque actuelle. La démagogie anti-immigration, le retour en grâce des combustibles fossiles, les attaques contre le multilatéralisme et la captation du pouvoir par les milliardaires s’opposent tous à la capacité redistributive de l’État que le rapport juge nécessaire. Pourtant, l’équipe du professeur Piketty affirme que la décarbonation, la « sobriété » et l’égalité peuvent permettre à la majorité de mener une vie agréable.
Bâtir un monde plus égalitaire tout en respectant les limites planétaires est possible, affirment les économistes du Laboratoire sur les inégalités mondiales dans un rapport publié jeudi. Pour y parvenir, il faudra instaurer une sobriété ciblée dans certains secteurs, réduire drastiquement l’usage des énergies fossiles et changer les habitudes alimentaires, détaillent-ils.
L’humanité vit-elle à crédit sur une planète dont le coffre-fort est déjà vide ? Si la question semble familière, une étude couvrant deux siècles de données démographiques vient d’apporter une réponse d’une brutalité scientifique inédite. Selon les chercheurs de l’université Flinders, nous avons déjà franchi le point de non-retour de la durabilité, masquant notre chute par une dépendance toxique aux énergies fossiles. Pour que chaque être humain vive dignement sans détruire son propre foyer, la population mondiale devrait être divisée par trois. Un constat vertigineux qui place notre civilisation face à un mur biologique que nous ne pourrons plus contourner très longtemps.
Bonne nouvelle : selon le dernier baromètre “Sobriétés et Modes de vie” de l’ADEME [1], 83% des Français interrogés considèrent qu’ “aujourd’hui, en France, les gens consomment trop”. Mauvaise nouvelle : dans le même baromètre, seuls 28% des personnes interrogées se considèrent personnellement concernées par ces pratiques de consommation excessive. Pourquoi ce décalage ? Peut-être en raison de la façon dont la sobriété a été promue ces dernières années.
Dans un précédent document, j’avais décrit nos sociétés extractivistes et leurs impacts insoutenables pour les écosystèmes et les peuples du Sud (1). France Nature Environnement vient de publier une étude complète sur la question : “Tout savoir sur la sobriété matières” (2). Dans la suite, les textes en italique sont des extraits du dossier FNE
Malgré le conflit du Moyen-Orient et la hausse des prix de l'énergie, le gouvernement rechigne à intégrer la sobriété aux leviers de souveraineté énergétique. Ce mutisme désespère des associations écologistes.
Le temps où l’eau abondait et était bon marché appartient au passé. En France, si les solutions existent, manque la volonté de les mettre en œuvre malgré le choc climatique en cours, déplore un collectif d’économistes.

2025

Imaginez ne plus jamais sortir le sac-poubelle sur le trottoir, ne plus vous demander si tel plastique va dans la jaune ou la bleue, ne plus subir cette mauvaise odeur qui traîne les soirs de collecte dans la cage d’escalier. Un matin d’hiver, la poubelle reste vide : et si ce geste anodin ouvrait la porte à une aventure folle mais révélatrice ? Vivre un an sans générer de déchets, c’est questionner notre époque mais aussi bousculer notre quotidien, nos automatismes… et finalement, c’est tout un imaginaire autour de la consommation qui vacille. Sans sombrer dans la culpabilité, cette expérience attire de plus en plus de Français en quête de légèreté, de liberté, et parfois d’un vrai sens retrouvé. Mais qu’est-ce que cela change vraiment, d’oser vivre sans poubelle ?
Et si le confort thermique en automne et en hiver n’était pas seulement une affaire de thermostat ? Une expérimentation sociale menée avec un groupe de ménages volontaires ouvre des perspectives intéressantes. Cette approche, pour être utile, ne doit bien entendu pas se substituer à l’impératif de rénovation énergétique du parc immobilier, mais la compléter. Elle explore ainsi une autre piste : celle d’une sobriété choisie plutôt que contrainte.
Pionnier des écovillages, Findhorn prouve depuis six décennies qu’autonomie et durabilité peuvent aller de pair. Énergie éolienne, chauffage biomasse et potager collectif : ici, tout est pensé pour réduire l’impact environnemental. Déterminée à aller plus loin, la communauté s’engage sur un nouveau cap : la neutralité carbone d’ici 2032. Entre habitat éco-construit et vie communautaire, ce village écossais trace la voie d’un futur plus vert.
The World Sufficiency Lab is a non-profit and independent think-to-do tank, whose mission is to serve as the primary resource and voice for sufficiency worldwide.
J’ai découvert avec un immense intérêt le podcast “Faire Face” de l’association Adrastia en écoutant l’interview de Yamina Saheb par Bastien Roulot il y a quelques semaines. Docteur en énergétique, ancienne analyste politique senior à l’Agence internationale de l’énergie, elle est aujourd’hui chercheuse et consultante indépendante spécialisée et a cofondé le Laboratoire Mondial des Sobriétés. Autrice principale du rapport du GIEC sur l’atténuation du changement climatique (Groupe de travail III, 2022), elle a contribué à faire entrer le concept de sobriété dans les politiques climatiques internationales.
Et si les machines pouvaient raisonner avec l’efficacité du cerveau humain, tout en consommant une fraction de l’énergie nécessaire aux géants actuels de l’intelligence artificielle ? C’est le pari audacieux d’une équipe de chercheurs de l’Académie chinoise des sciences, à Pékin, qui vient de présenter SpikingBrain 1.0, un modèle de langage de nouvelle génération. Inspiré du fonctionnement neuronal, ce système pourrait bouleverser notre manière de concevoir l’IA, en alliant rapidité, sobriété énergétique et indépendance technologique.
Il faut absolument se passer des délétères énergies fossiles car les coûts directs et indirects (dérèglement climatique, pollution, biodiversité, destruction de l'environnement,...) de leurs usages ne sont absolument pas soutenables. Mais s'en passer à des implications socio-économiques importantes qu'il y a lieu de comprendre et d'anticiper afin qu'une transition hors des énergies fossiles puisse se dérouler sans heurts.
Que pouvons-nous faire ensemble pour cesser de détruire la Terre qui nous permet d’exister ? Si la sobriété des modes de vie est une, voire la voie, avons-nous toutes et tous les possibilités concrètes d’agir dans ce sens ? La sobriété est souvent envisagée comme un ensemble de pratiques quotidiennes qui consistent à mieux et moins consommer (objets, mobilité, alimentation, énergie, matières, etc.) mais à quelles conditions ces pratiques sont-elles possibles ? Nous n’avons en effet pas nécessairement les moyens physiques, symboliques, économiques, émotionnels, sociaux, politiques ou encore culturels d’adopter un mode de vie sobre quand bien même nous le souhaiterions et en porterions les valeurs. Entre vouloir et faire se niche le pouvoir faire faisant émerger des questions de justice sociale. Valérie Guillard propose d’expliciter et d’illustrer ce qui, de l’être, du faire et de l’avoir permettrait l’accès à une sobriété socialement juste.
L’historien Jean-Baptiste Fressoz estime que l’institution onusienne donne la priorité aux solutions technologiques, y compris « spéculatives », au détriment d’autres options, comme la sobriété. Les scientifiques retarderaient ainsi les transformations structurelles.
Le réchauffement climatique n’est aujourd’hui plus un possible avenir que l’on peut éviter : il est une réalité. Le nombre d’éléments faisant partie intégrante de notre quotidien, qui va être amené à être transformé, voire limité, serait trop long à dresser. Pourtant, nous avons tous les éléments nécessaires permettant de renverser la situation actuelle. Reste à enclencher le mouvement, vers ce nouveau modèle énergétique dont nous avons les clés. Tout en présentant les différents bienfaits pour la société, tant d’un point de vue collectif qu’individuel, ce livre nous présente les solutions concrètes vers un changement nécessaire, en le justifiant et en rappelant l’urgence l’actuelle. Car il ne s’agit plus seulement de penser ce nouveau modèle sociétal, mais bien de faire.