Youth And Climate Future

Voir le programme de l’événement

Programme détaillé de la journée :

Accueil à 9h

9h30-10h : retour sur le rapport du panel climat (2019) 
Par Adélaïde Charlier, Anuna De Wever, Leo Van Broeck et Jean-Pascal van Ypersele

10h - 11h : Interventions de jeunes : espoirs et revendications
Par Forum des Jeunes, Vlaamse Jeugdraad, YouthForClimate, et écoles

11h00 – 12h30 : Où en est-on aujourd’hui, que reste-t-il à faire (en Belgique et en Europe)? Par Kate Raworth (vidéo), Jérome Meessen (Climact), Nicolas Van Nuffel (Président de la Coalition Climat), et Bruno Colmant (économiste). Q/A avec les jeunes et le public.

12h30-12h45 : Introduction à l’exposition « Animalia » sur les dérèglements climatiques et la crise de biodiversité.
Par François Schuiten (dessinateur et conseiller de Trainworld)

12h45-13h45 : Lunch, networking, visite gratuite de l’exposition « Animalia »

13h45-14h : Intervention de la Ministre fédérale du climat Zakia Khattabi (en cours)

14h-14h30 : Les défis européens en matière de climat et d’environnement 
Par Pierre Larrouturou (député européen, ex-shadow rapporteur sur le financement du Green Deal)

14h30-15h : Les défis européens en matière de climat et d’environnement 
Par Hans Bruyninckx (ancien Directeur exécutif de l’Agence européenne pour l’environnement)

15h-16h30 : Ateliers FR/NL: les jeunes préparent leurs interpellations des Président.e.s de parti politiques, avec tous les orateurs à leur disposition comme personnes-ressources ; tous les autres participant.e.s sont invité.e.s à une visite guidée de l’exposition « Animalia »

16h30 Pause

17h-18h  Eco-anxiété et les conditions de l’espoir
Par Martine Capron (éco-psychologue)

18h-19h30 : Débat politique entre les présidents de partis et les jeunes. 
Modéré par Béatrice Delvaux (Le Soir), en présence de tous les (vice-)Président.e.s des partis politiques et des jeunes, notamment du Forum des Jeunes et du Vlaamse Jeugdraad.
Déjà confirmés (par ordre alphabétique) : Georges-Louis Bouchez (MR), Jean-Luc Crucke (Les Engagés), Melissa Depraetere (Vooruit), François De Smet (Défi), Jos D’Haese (PVDA/PTB), Paul Magnette (PS), Nadia Naji (Groen) et  Jean-Marc Nollet (ECOLO)

19h30 Evocation de la carrière de Jean-Pascal van Ypersele et de ses interactions avec la société civile, témoignages. 
Maître de cérémonie : Raphaël van Ypersele.  Par Mark Dubrulle (Président émérite, Club of Rome EU-Chapter et Co-fondateur d’Inter-environnement / Bond Beter Leefmilieu), et (en cours). Réception festive.

Devenez des activistes !

Plus d’un millier de scientifiques spécialistes du climat exhortent le public à devenir des activistes

« Nous avons besoin de vous », déclare Scientist Rebellion, qui comprend les auteurs des rapports du GIEC sur les changements climatiques, alors que les diplomates se réunissent dans le cadre de la Cop28.

4 décembre 2023 – Damien Gayle – traduction deepl / Josette – voir l’article original sur The Guardian


Wolfgang Cramer a participé pour la première fois aux travaux du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) dans les années 90. Il a travaillé sur le deuxième rapport d’évaluation, publié en 1995, qui confirmait l’existence d’un dérèglement climatique d’origine anthropique. À cette époque, personne ne pouvait dire qu’il ne savait pas ce qui se passait.


Près de trois décennies plus tard, M. Cramer a fait partie de l’équipe scientifique internationale qui a préparé le sixième rapport du GIEC. La conclusion de ce rapport, rendue en mars dernier, lance à la civilisation humaine un sombre « dernier avertissement » : la biosphère est sur le point de subir des dommages irrévocables.

Aujourd’hui, alors que les diplomates se réunissent à Dubaï pour le 28e cycle de négociations sur le climat de la Cop, au cours d’une année qui devrait être la plus chaude jamais enregistrée et alors que les émissions de carbone continuent d’augmenter, M. Cramer est l’un des 33 auteurs du GIEC parmi les 1 447 scientifiques et universitaires qui ont signé une lettre ouverte appelant le public à prendre des mesures collectives pour éviter l’effondrement du climat.


« Nous sommes terrifiés », préviennent-ils. « Nous avons besoin de vous. »


« Où que vous soyez, devenez un défenseur ou un activiste du climat », implore la lettre, publiée lundi par Scientist Rebellion, un groupe d’activistes du climat. « Rejoignez ou créez des groupes qui militent en faveur de politiques visant à garantir un avenir meilleur. Contactez les groupes actifs dans votre région, renseignez-vous sur leurs réunions et participez-y.


« Si nous voulons créer un avenir vivable, l’action climatique doit cesser d’être quelque chose que les autres font pour devenir quelque chose que nous faisons tous. »


Cette lettre est envoyée alors que les délégués se réunissent aux Émirats arabes unis, un pays riche en pétrole, pour la Cop28. Ils y débattent de la question de savoir s’il convient d’ « éliminer » ou de « réduire progressivement » l’utilisation des combustibles fossiles émetteurs de gaz à effet de serre, qui sont la principale cause du dérèglement climatique. Un fonds a été créé pour les pays les plus pauvres, pour lesquels les catastrophes liées au climat sont déjà une réalité.

Wolfgang Cramer déclare que lui et ses collègues scientifiques étaient de plus en plus frustrés. Les gouvernements occidentaux, les gouvernements européens ont tendance à dire : « Oh, nous faisons déjà beaucoup » », a-t-il déclaré au Guardian. « Et oui, bien sûr, nous devons nous en féliciter, nous devons nous réjouir de chaque petit pas dans la bonne direction.


« Mais je pense que l’échec de la communication en ce moment est de parler suffisamment de l’inadéquation, de la déconnexion totale, entre les engagements que nous voyons de la part des gouvernements lors des Cop, et dans la mise en œuvre de leurs engagements à la maison, d’une part, et les objectifs clairs de l’accord de Paris, d’autre part. »


En amont de la Cop28, le Programme des Nations unies pour l’environnement a lancé un avertissement sévère selon lequel les politiques nationales de réduction du carbone sont si insuffisantes que le réchauffement de 3 °C (5,4 °F) par rapport aux niveaux préindustriels sera atteint au cours de ce siècle, soit le double de la limite de 1,5 °C (2,7 °F) qui, selon les accords de Paris sur le climat, permettrait d’éviter les effets les plus catastrophiques de l’effondrement du climat.

« Aucun pays n’agit dans le sens d’un réchauffement de 1,5°C », indique la lettre de Scientist Rebellion. « Poursuivre sur cette voie entraînera des souffrances indicibles. De grandes parties de notre planète deviendront inhabitables, créant des centaines de millions de réfugiés, des famines sans précédent et de graves conflits politiques ».


Mais « nous n’avons pas à nous résigner à cet avenir », insiste le rapport. « Les solutions existent, mais leur mise en œuvre dépend d’une « mobilisation à grande échelle de la société » pour vaincre les intérêts particuliers qui profitent du statu quo.


« Nous devons rapidement abandonner les combustibles fossiles, mais la Cop28 est présidée par le PDG d’une compagnie pétrolière, ce qui illustre l’influence profonde de ce pouvoir bien établi », ajoute la lettre.


Minal Pathak, professeure associée au centre mondial pour l’environnement et l’énergie de l’université d’Ahmedabad et autre signataire, était scientifique principal dans l’unité de soutien technique du groupe de travail III du sixième rapport du GIEC, qui portait sur l’atténuation de la dégradation du climat. Tout comme M. Cramer, elle s’est sentie frustrée par l’impuissance apparente des avertissements des scientifiques. Elle a déclaré au Guardian qu’elle était en fait en colère.

« À un moment donné, on aurait pu penser que la rédaction d’articles percutants dans des revues de grande qualité ou la publication de rapports de l’ONU étaient la solution pour établir des preuves », a-t-elle déclaré. « Mais apparemment, cela ne fonctionne pas, n’est-ce pas ? Ou ne fonctionne pas comme il le faudrait. Je suis vraiment, vraiment déçue de la façon dont les choses se passent. J’ai une fille adolescente et j’ai vu ce qui s’est passé pendant une décennie. Qu’est-ce qu’il faut faire, vraiment, pour agir ? »



Sauvegardons Neerpede

Un projet d’étang de baignade au cœur du Parc des Étangs de Neerpede met en danger la biodiversité

Josiane Van Obbergen

Le mouvement citoyen « Sauvegardons Neerpede » s’oppose au projet d’étang naturel de baignade sur l’un des 3 principaux étangs du Parc des Etangs de Neerpede, à Anderlecht.

Le 6 décembre 2021, le ministre bruxellois de l’Environnement Alain Maron a convoqué la presse pour annoncer la création du premier étang de baignade à Neerpede en 2024. Bruxelles-Environnement venait de publier une étude de faisabilité envisageant la transformation des étangs Mayfair ou Moyen en un étang « naturel » de baignade, et d’indiquer lequel serait le plus approprié à cette activité. C’est l’étang Moyen qui a été retenu.

L’étang Moyen constitue la partie centrale du futur Parc de Neerpede, situé dans le quartier de Neerpede, partie excentrée d’Anderlecht nichée dans le sud-ouest de Bruxelles. L’étang Moyen, l’étang Mayfair et le bassin d’orage Bruxelles Mobilité constituent le périmètre visé par le projet et occupent le centre de l’enfilade des étangs de Neerpede et de Marius Renard. Cette partie ne peut pas être isolée des autres étangs qui assurent ensemble d’équilibre écosystémique de ce couloir écologique. Cet endroit encore préservé de la ville, havre semi-sauvage de plans d’eau, de friches, de ruisseaux, de boisements, de champs, de prairies et cheminements déjà présents et praticables, remplit le rôle de poumon vert d’Anderlecht, en périphérie de Bruxelles.

Suivant Bruxelles-Environnement, l’enfilade fait partie du réseau écologique bruxellois et présente des zones à très haute valeur écologique, haute valeur biologique et valeur biologique importante. L’étang Moyen est majoritairement de valeur biologique importante.

Pour le mouvement citoyen « Sauvegardons Neerpede », à l’heure où l’importance de la biodiversité, l’importance de protéger la nature et l’importance de développer des zones vertes dans les quartiers n’en ayant pas, ne sont plus à démontrer, il est inconcevable de proposer une activité qui drainera une foule trop importante pour la préservation d’un tel espace vert.

La présence de 225 baigneurs simultanément ainsi que de toutes les personnes qui s’accumuleront aux abords de l’étang (2000 personnes par jour) pour profiter d’une aire de repos, tout au long de la journée, apporteront immanquablement des nuisances au site tout entier.

D’autre part, la présence massive de personnes entraînera un changement radical en transformant cet endroit paisible où chacun.e peut venir se ressourcer au contact de la nature en un endroit bruyant et hyper actif.

Le Plan Régional de Développement Durable (PRDD) adopté en 2018, a pour ambition d’apporter les réponses adéquates aux défis et enjeux que connaît Bruxelles en tant que territoire urbain.

Autour de l’étang de baignade de Neerpede, les aires de repos se situent pour certaines dans une zone définie comme étant un « site semi-naturel à protéger et à revaloriser ».

En 2020 et 2021, une phase test a été menée sur quelques jours, quelques heures et uniquement sur réservation. Cette phase test a démontré qu’une jauge réduite de 15 personnes devait être respectée pour préserver la biodiversité. Aujourd’hui, il est effectivement interpellant de constater que la jauge a été multipliée par 17 et que la préservation de la biodiversité a perdu de son intérêt.

La commune d’Anderlecht possède une piscine intérieure au Céria, une piscine en plein air, à côté du canal, au niveau du pont Marchant («Flow», projet géré par Pool is Cool), ouverte depuis 2021 pendant les mois d’été et la future piscine aux Abattoirs de Cureghem, sur le toit du bâtiment Manufacture. Bruxelles-Ville a également un projet de piscine naturelle au quai Béco.

Le permis d’urbanisme et d’environnement pour le projet d’étang de baignade a été déposé en décembre 2022. En mars 2023, l’enquête publique a été lancée. Celle-ci s’est terminée en avril de la même année. Le 15 mai 2023, l’avis de la Commission de Concertation a été publié : pas d’avis commun. Abstention de Bruxelles Environnement (le porteur du projet), avis défavorable de la commune d’Anderlecht et avis favorable d’URBAN (section Monuments et Sites et Urbanisme) sous conditions.

A partir de l’avis, le dossier repasse aux mains de la Région. Bruxelles Environnement a 6 mois pour revoir sa copie et doit répondre à chaque condition émise dans l’avis. Dans certains cas, ce délai peut être prolongé. Le collectif citoyen « Sauvegardons Neerpede » craint que l’administration régionale de l’Urbanisme passe outre et n’accorde un permis malgré tout.

En un mot, l’ambition régionale vise à rassembler les différentes zones en un tout cohérent, sur les 40 hectares du futur Parc de Neerpede. S’opposer à cette première phase est donc crucial pour la préservation de l’ensemble du site sur le long terme.

Le collectif citoyen « Sauvegardons Neerpede » a été co-fondé par Madame Yannick Laurent en décembre 2021 suite à l’annonce de Monsieur Alain Maron de l’ouverture du premier étang de baignade à Neerpede en 2024, comme si c’était un fait accompli.

Sauvegardons Neerpede s’oppose à la transformation de ce site du maillage vert et bleu en une zone récréative nuisible à la faune, à la flore et à la quiétude ambiante.

Il dénonce le détournement du Plan Opérationnel de Neerpede, datant de septembre 2020, à des fins récréatives de masse par pure ambition mégalomane. Malgré les dires de certains acteurs impliqués dans l’élaboration du projet, aucune concertation citoyenne et surtout riveraine n’a été organisée.

Sauvegardons Neerpede a lancé une pétition en ligne et papier (actuellement plus de 7000 signatures). Le mouvement est présent sur les réseaux sociaux. Des affiches et des communiqués de presse ont été diffusés. Des rencontres avec les porteurs du projet et la commune ont été planifiées et le seront encore.

Vu que rien n’est décidé encore, de nouveaux arguments sont en cours de développement ainsi qu’une éventuelle action au Conseil d’État. Sauvegardons Neerpede continue le combat. Parce que tous les espaces verts de Bruxelles encore intacts tissent la trame de la survie sur le long terme de toutes les espèces dont nous faisons partie. La nature nous sauve et non le contraire. Ne sacrifions par l’étang Moyen, futur martyr écologique, à l’autel d’un récréatif consumériste ! Neerpede est un lieu à préserver de toute urgence, avant qu’il ne soit trop tard.

Afin d’être informés des suites du dossier, vous pouvez vous abonner à la page Facebook de Sauvegardons Neerpede. Vous y trouverez également les moyens mis à disposition pour soutenir le collectif.


Documentation & contact :


Pour signer la pétition :

https://www.change.org/p/a-la-région-bruxelloise-sauvegardons-neerpede


Freiner ? Pas ma priorité…

Aasha Cinta, activiste
Jérôme Beitz, enseignant en sciences
Justine Foubert, logopède
Matteo Pisano, activiste de Youth for Climate
Samuel Melchior et Stéphane Vanden Eede, co-fondateurs du collectif Pakman

Ceci n’est pas un conte …

Il conduit droit vers le mur. Elle (la passagère) alerte. Les enfants, à l’arrière, n’éprouvent pas, dans leur chair, la gravité de la menace.

Elle demande :

  • Pourquoi tu ne freines pas ? » 

Il (le conducteur) répond : 

  • Les enfants me font confiance pour être à l’heure à la fête, voilà mon seul objectif ; ils attendent de moi que je tienne ma promesse. Tu n’as qu’à essayer de gagner leur confiance si tu penses que les enfants préféreraient arriver en vie. Ton discours catastrophiste ne les séduira jamais.
  • Prétends-tu que j’ai tort dans mon constat que nous allons droit vers la catastrophe ?
  • Non, je ne remets pas en question ce que tu me dis, tu as raison sur le fond. Mais, c’est moi qui conduis, j’ai entendu ton alerte et tu ne peux pas dire que je ne freine pas.
  • Mais tu ne freines pas assez fort ! Tu devrais freiner pied au plancher, il nous reste une fenêtre d’opportunité.
  • Si je freine en catastrophe, je risque d’abîmer mes pneus et la décélération brusque risque de secouer les enfants.
  • Mais, on n’a pas le choix, il faut accepter d’être bousculé. Je veux juste que nous restions tous en vie, s’il te plait.
  • Vous avez entendu à l’arrière ? Elle veut vous imposer des décisions au détriment du confort paisible que vous méritez, n’est-ce pas ? Évaluez la situation les enfants, sans prendre en compte nos avis. De mon côté, en toute impartialité et neutralité, nous agirons en fonction de vos délibérations.
  • Mais nous n’avons pas le temps. Freeeeeeeeeine !

Crash

Il n’a jamais avoué qu’il s’en foutait éperdument que les enfants soient à l’heure à la fête. Il souhaitait garder le volant, le contrôle. Il ne pouvait donc pas avouer que la passagère avait raison. Il les utilisait comme prétexte à son unique intérêt personnel : conserver à tout prix le pouvoir.

La passagère, consciente du danger, aurait peut-être dû prendre par la force sa place afin de leur sauver la vie. Malgré les appels à l’aide, les preuves d’une mort certaine si rien ne change, malgré les discussions paisibles et les interpellations directes et radicales, la trajectoire reste mortifère. L’obéissance à la décision du conducteur les a écrasés contre le mur; pour seule issue, ils étaient condamnés à la désobéissance.

Évidemment, ce n’est pas un crash soudain ! C’est la destruction progressive du vivant, c’est la terre de nos agriculteurs en 2020, c’est la vie des habitants le long de la Vesdre en 2021, ce sont les forêts en 2022, c’est l’air que l’on respire, c’est l’eau que l’on boit, c’est au Pakistan, en Libye, au Mexique, en Flandre occidentale, dans le nord de la France… C’est, cette société qui se meurt en plein burnout collectif, étranglée par un système financier cyniquement inhumain et menacée démocratiquement par les poussées ultralibérales, tout récemment en Argentine et aux Pays-bas, qui se nourrissent des pulsions de replis sur soi face à la migration climatique que notre confort occidental cause silencieusement.

Pour manifester, pour s’informer, cela prend du temps. Nous consentons d’être dépossédés de notre temps : il faut conduire les enfants au foot, étudier pour les examens, se vider la tête, abandonner son écran… Le vivant ? La biodiversité ? Le climat ? La lutte des classes ? Le vivre ensemble ? Certains diront “c’est important, oui… mais ce n’est pas ma priorité ! » On a tous mieux à faire de notre temps que de marcher pour une cause qui nous dépasse…

Comprenez-vous pourquoi on se bat ?

La tête dans le sable, notre déni collectif masque l’issue funeste. Mais si on retire les mains de nos yeux et de nos oreilles, on constatera que le mur devant nous se rapproche inéluctablement.

Sur la même route, Camille E. avait annoncé à tous les occupants de son bus que deux passagers, tirés au sort, allaient dialoguer avec Peter K. afin d’évaluer la situation et rapporter les faits aux passagers et rapidement voter une décision. Ainsi, ces deux passagers s’adressent aux autres de manière très claire : “Il y a un mur sur la route ; si nous ne freinons pas, nous mourrons et souffrirons”. Un vote à main levée est unanime et contraint Camille à un freinage d’urgence les secouant tous, tant le bus avait une vitesse au-delà des limites physiques pour leur sécurité.

Crash

Malgré de gros dégâts matériels et de nombreuses blessures lourdes, toutes les vies sont sauvées. Camille E. avait déjà commencé à ralentir doucement car elle avait conscience que ses responsabilités l’obligeaient à appliquer le principe de précaution.

Nous sommes toutes et tous des passagers et peu de nous sont conducteurs. Les passagers de ces véhicules à la course folle ont un certain pouvoir sur le conducteur, les inégalités font que certains sont à l’avant et que d’autres se trouvent tout au fond du bus. Des gardes violents bloquent parfois l’accès à la cabine, ce qui oblige ceux qui n’en ont pas à agir plus rapidement. Il est vital et urgent de libérer la parole, avec ses proches, sur les réseaux sociaux, dans les écoles, les centres culturels… La situation semble calme mais une seule question doit guider l’agenda de nos actions : on est toujours en vie mais pour combien de temps ?

Le jour où l’on aura la réponse à cette question, il sera probablement trop tard, la fenêtre d’opportunité ne sera plus qu’un regrettable souvenir. Alors, sortons vite de notre déni collectif ! Déplaçons rapidement ces conducteurs de leurs outils de pouvoir tant que cette fenêtre est encore ouverte, ne serait-ce que légèrement. Gardons en tête que cette réalité honteuse est la conséquence directe de la stratégie des industries fossiles et plus largement du système capitaliste. Mais surtout, ne commettons pas l’erreur de baisser les bras ! Car même si la situation est objectivement catastrophique, il est techniquement encore temps d’agir pour que notre avenir ressemble à celui du bus et non celui de la voiture.

Rendez-vous le 3 décembre dans les rues de Bruxelles !

Parce que c’est LA première priorité !


Activistes climatiques : les citoyens ne doivent pas nous aimer !

Miser davantage sur le sabotage


Traduction (corp de l’article) – « deepl » + Josette – de « Klimaaktivist: Bürger müssen uns nicht mögen » paru le 16 juin 2022 dans ZDFheute.


Le mouvement climatique est frustré. L’activiste Tadzio Müller réfléchit à des actions radicales et au sabotage. Il s’agira moins de se faire aimer de la société.

Le mouvement climatique veut reprendre de l’élan cet été. Deviendra-t-il plus radical ?

Après deux ans de pandémie de COVID-19, le mouvement climatique en Allemagne a perdu de son élan. Outre les grèves scolaires de Fridays for Future, il existe également des groupes plus radicaux comme « Ende Gelände » (en français : jusqu’ici et pas plus loin) et « Aufstand der letzten Generation » (en français : la révolte de la dernière génération). Ces derniers sont connus pour leurs blocages d’autoroutes. En tant que cofondateur d’Ende Gelände, Tadzio Müller est un représentant de ce courant plus radical.


ZDFheute : La protection du climat n’avance que lentement, même sous le nouveau gouvernement fédéral. A quel point est-ce frustrant pour le mouvement climatique ?


Tadzio Müller : C’est extrêmement frustrant. Si l’on regarde les 30 dernières années de politique climatique, on ne peut qu’être frustré. Tous les gouvernements ne veulent que faire avancer la croissance économique. Nous occultons le fait que notre quotidien sape les fondements de la vie de tous les êtres humains. C’est un gâchis éthique.

« Nos actions au sein de Ende Gelände n’ont pas contribué à ce qu’il y ait une sortie du charbon avant 2038. Même les grandes manifestations de Fridays for Future n’ont pas encore conduit à une plus grande protection du climat. »

– Tadzio Müller, militant pour le climat


ZDFheute : Et comme on n’a pu secouer personne, le mouvement climatique réfléchit-il maintenant à de nouvelles formes d’action ?

Müller : Ende Gelände a élargi le consensus d’action pour cette année. Cette année, des formes d’action sont également possibles dans lesquelles les infrastructures des énergies fossiles sont mises hors service à l’issue de l’action. En même temps, les rumeurs au sein de Fridays for Future sont nombreuses en faveur du recours à des formes d’action plus radicales.

Le Dr. Tadzio Müller est politologue et activiste depuis des décennies. Il est cofondateur de l’organisation anti-charbon Ende Gelände, dont le groupe berlinois est classé à l’extrême gauche par l’Office régional de protection de la Constitution. Jusqu’en 2021, il a travaillé comme conseiller climatique à la fondation Rosa Luxemburg. Dans la newsletter « Friedliche Sabotage » (sabotage pacifique), il élabore des stratégies pour le mouvement climatique. Dans une interview très remarquée avec le « Spiegel », il a mis en garde en 2021 contre l’émergence d’une « RAF verte » (Ndt: Rote Armee Fraktion / Fraction Armée Rouge verte).

ZDFheute : Cela signifie qu’à la base, il y a une envie de devenir plus radical. Faut-il de la violence et des actes de sabotage pour réveiller la société ? 

Müller : J’ai trébuché sur la notion de violence. Il ne peut pas y avoir de violence contre les choses. Le groupe « Letzte Generation » est déjà un groupe de ce genre, qui choisit bien sûr l’escalade, mais pas une escalade violente. Il y a un certain fétichisme dans le débat qui fait que lorsqu’on entend escalade et radicalisation, on pense toujours immédiatement à la violence. La mise hors service de pelleteuses à charbon ou d’engins de construction pour un gazoduc n’est pas de la violence, mais de la légitime défense dans le cadre d’une urgence climatique justifiable.

« Se focaliser sur la question de savoir s’il est violent de dévisser une vis sur une pelleteuse est un acte naïf de refoulement. »
Tadzio Müller, militant pour le climat


ZDFheute : Et où fixez-vous alors la limite ? 


Müller : La mise en danger de vies humaines doit être absolument exclue.


ZDFheute : On dirait que Fridays for Future a perdu de son influence dans le mouvement face à des groupes plus radicaux comme Letzte Generation.


Müller : Fridays for Future est l’hégémon du mouvement. Mais un mouvement social ne se compose pas d’un seul acteur, il a plusieurs ailes. Il y avait Martin Luther King, il y avait bien sûr aussi Malcolm X et les Black Panthers.


ZDFheute : Mais ils se battent tout de même pour le même groupe de supporters ?  

Müller : Le groupe Letzte Generation a la plus grande résonance médiatique. Il est petit, capable d’agir et a fait quelque chose de nouveau. La nouveauté est toujours excitante. Le problème de Fridays for Future est que l’impact des manifestations et des grèves scolaires individuelles est désormais faible. L’organisation a connu une croissance incroyable depuis 2019. Il est tout à fait compréhensible que l’on ait besoin de se recentrer quelque peu pour développer de nouvelles idées.

Le mouvement climatique a été démobilisé pendant deux ans par le COVID-19. Le mouvement social a besoin de la rue, de la masse, de l’opinion publique. C’est ce qui nous fait vivre, c’est notre base de pouvoir. Chez Fridays for Future et Ende Gelände, des discussions sont en cours sur des actions plus efficaces. C’est pourquoi je pense que l’été sera chaud.

ZDFheute : Et que va dire la société en général de ces actions plus radicales ?

« Il n’y a pas qu’en Allemagne que de plus en plus d’actions du mouvement climatique ne visent pas à être appréciées de la société. Jusqu’à présent, cela ne nous a pas valu des fleurs. »
Tadzio Müller, militant pour le climat


Müller : Nous verrons des actions qui ont moins pour objectif de convaincre de l’importance de la protection du climat. Mais plutôt des actions qui augmentent les coûts de la normalité destructrice du climat. Il y aura des actions qui iront au-delà du répertoire existant. Je ne peux pas encore dire à quoi elles ressembleront, car elles doivent toujours être planifiées de manière cachée en raison de l’aspect transgression de la loi.


ZDFheute : Attendez-vous beaucoup de compréhension de la part d’un gouvernement fédéral auquel participent les Verts ?

Müller : En Allemagne, la lutte pour le climat est d’abord une lutte contre l’industrie automobile. Tout gouvernement est d’abord un gouvernement automobile, quels que soient les partis qui le composent. Bien sûr, il est plus facile de faire pression sur les Verts en tant que mouvement climatique que sur ce bloc fossile qu’est le SPD.

ZDFheute : Revenons aux manifestations de 1987 contre la piste ouest de l’aéroport de Francfort. Elles sont allées si loin que deux policiers ont été abattus.


Müller : Venir maintenant avec cette histoire de piste de décollage ouest est absurde. Regardez à quel point le mouvement climatique est incroyablement pacifique face à la méga-crise mondiale. Il n’y a même pas eu de jets de pierres lors de grandes manifestations. Qu’il puisse y avoir des tirs sur des policiers dans quelques mois est absurde.


ZDFheute : Et qu’est-ce que cela signifie pour vous qu’Ende Gelände est surveillé par l’Office fédéral de protection de la Constitution à Berlin ?

Müller : L’Office fédéral de protection de la Constitution est une institution bien plus douteuse qu’Ende Gelände. Ne la considérons pas comme une source objective.

« On veut délégitimer le mouvement climatique en l’accusant d’être extrémiste. Est extrémiste la politique qui construit des centrales à gaz en situation d’urgence climatique. »
Tadzio Müller, militant pour le climat


ZDFheute : Que devrait-il se passer pour que vous puissiez dire à l’automne que l’été a été un succès pour le mouvement de protection du climat ?


Müller : Le mouvement doit montrer qu’il est capable d’agir. Il doit y avoir une légitimation des formes d’action radicales. Nous devons être perçus comme un facteur de pouvoir contre lequel certaines politiques ne peuvent pas être imposées.


Les questions ont été posées par Nils Metzger.