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océanique
2025
Face à l’urgence climatique, les techniques d’élimination du CO₂ dissous dans l’océan suscitent espoirs autant qu’inquiétudes. Comment procéder ? Quelles règles se donner ? Qui doit décider ? Les éclairages du biogéochimiste Olivier Sulpis, chargé d’évaluer ces méthodes.
Invisible à l’œil nu mais indispensable à la vie sur Terre, Prochlorococcus règne silencieusement sur nos océans depuis des millions d’années. Cette cyanobactérie marine, plus petite qu’un virus mais plus puissante qu’une centrale électrique biologique, vient pourtant de révéler sa talon d’Achille dans une étude qui bouleverse nos certitudes sur l’avenir des écosystèmes marins. La découverte est troublante : l’organisme qui produit un tiers de l’oxygène que nous respirons pourrait être beaucoup plus fragile face au réchauffement climatique qu’on ne l’imaginait.
Dans cet épisode fascinant, Julie Deshayes démonte les fantasmes autour de l’arrêt du Gulf Stream. Elle explique ce qu’est vraiment l’AMOC, ce courant océanique profond qui régule le climat de l’Atlantique nord, pourquoi il est difficile à mesurer, et pourquoi les annonces d’effondrement imminent sont souvent des raccourcis dangereux. Elle alerte aussi sur la récupération de certaines études par des climato-dénialistes qui s’en servent pour minimiser l’urgence climatique. Une plongée captivante dans l’océan des incertitudes… où la science reste notre seule boussole.
A l’échelle de la planète, la circulation thermohaline est régulièrement évoquée. Cependant, il existe des systèmes de courants marins plus locaux et moins connus du grand public, dont les potentiels dérèglements peuvent inquiéter. C’est notamment le cas du gyre de l’Atlantique Nord, ayant récemment fait l’objet d’une étude scientifique dont les résultats sont assez préoccupants.
CO2 in air hit new high last year, with scientists concerned natural land and ocean carbon sinks are weakening
L’effondrement de ce qu’on appelle communément le Gulf Stream – le vaste courant océanique atlantique connu des scientifiques sous le nom de circulation méridionale de retournement atlantique (AMOC) – porterait un coup fatal à la civilisation telle que nous la connaissons. Parfois surnommée « le chauffage central de l’Europe », l’AMOC explique pourquoi la Grande-Bretagne, la France, les Pays-Bas et leurs voisins du nord bénéficient d’hivers relativement doux, malgré leur latitude élevée.
Le climat européen pourrait basculer bien plus vite qu’annoncé. Selon une étude récente, la circulation océanique de l’Atlantique, ce gigantesque tapis roulant qui adoucit nos hivers et régule le climat mondial, menace de s’effondrer dans les prochaines décennies, et non dans quelques siècles. Une rupture qui bouleverserait nos saisons, l’agriculture mondiale et le niveau des mers.
Affaibli par le dérèglement climatique, l’AMOC aurait bien plus de chances de s’arrêter que prévu, avertit une nouvelle étude. Un événement littéralement glaçant puisqu’il ferait chuter les températures en Europe jusqu’à –30 °C.
Des températures océaniques bien au-delà des normes saisonnières ont touché différents récifs coralliens du pays, dont la Grande Barrière à un niveau inédit, et provoqué une gigantesque prolifération d’algues toxiques dans le Sud.
Entre août 2024 et mai 2025, l’Institut australien des sciences marines a rapporté le blanchissement « le plus étendu » provoqué par des températures océaniques étouffantes en 2024 qui ont engendré « des niveaux de stress thermique sans précédent » depuis les premiers relevés, il y a près de quarante ans.





