Jean Jouzel

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« L’urgence est là, nous regardons ailleurs »

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2026

Il suffit parfois d’un petit endroit sur la planète. Pas plus large que 33km, pour faire trembler toute l’économie mondiale : Le détroit d’Ormuz. Depuis les frappes américaines et israéliennes contre l’Iran, l’Iran a répliqué et décidé de bloquer ce détroit qui voyait 20% du pétrole mondiale y transité. 20% ça parait pas si important. Pourtant en seulement quelques jours, ce blocage à fait grimper des prix partout, déclenché des mesures inédites et relancé des peurs de pénuries.
Dans le port de Houston (Texas), le navire Roibeira s'apprête à prendre la mer. Direction le Venezuela, où il va livrer des machines pour raviver l'exploitation pétrolière, conformément aux voeux de Donald Trump. Au moment où le président américain présentait mardi soir le pays d'Amérique latine comme le "nouvel ami et partenaire" des Etats-Unis, à Houston, la société de transport International Frontier Forwarders venait de remplir son navire à pleine capacité.
Selon le site spécialisé TankerTrackers, le « Veronica III » avait quitté le Venezuela le 3 janvier, le jour même où les forces spéciales américaines ont capturé Nicolas Maduro. Le pétrolier était chargé d’environ 1,9 million de barils de pétrole.
Washington a continué mardi à lever des sanctions pour faciliter l'exploitation du pétrole vénézuélien par des entreprises américaines. Depuis le raid militaire américain qui a permis début janvier la capture de Nicolas Maduro, Donald Trump veut permettre aux compagnies américaines de prendre la tête de la relance de l'industrie pétrolière et gazière vénézuélienne, délabrée après des années de sous-investissement et de mauvaise gestion.
Le président du Guyana a déclaré jeudi que son pays était toujours en état d'alerte face à "la menace" posée par le Venezuela sur l'Essequibo, une région riche en pétrole, et ce même après la capture du président Nicolas Maduro par les Etats-Unis. La zone est administrée par le Guyana depuis plus d'un siècle mais se trouve au coeur d'un différend avec le Venezuela, les deux pays s'opposant sur le tracé de leur frontière commune.
La présidente par intérim du Venezuela s'est entretenue mercredi avec les dirigeants des compagnies pétrolières espagnole Repsol et française Maurel & Prom, dans le sillage de la réforme de la loi sur les hydrocarbures, un mois après la capture de Nicolas Maduro par les Etats-Unis. Delcy Rodriguez "a tenu une réunion" avec des responsables de Repsol "afin de renforcer la souveraineté énergétique du pays dans le respect et une coopération gagnant-gagnant". Elle a aussi rencontré des dirigeants de Maurel & Prom "dans le but de consolider des alliances stratégiques qui renforcent la capacité de production énergétique du pays", selon deux communiqués du géant public Petroleos de Venezuela (PDVSA).
Relancer l’exploitation pétrolière vénézuélienne, l’une des plus émettrices de gaz à effet de serre au monde, revient à parier sur l’échec de la transition énergétique. À l’heure où la majorité des réserves fossiles devrait rester inexploitée, ces investissements exposeraient l’économie mondiale à un double risque : trajectoire de réchauffement dramatique d’un côté, gaspillage massif de capital de l’autre.
Donald Trump a affirmé samedi que les investissements chinois dans l'industrie pétrolière vénézuélienne seraient "bienvenus", alors que le pays sud-américain cherche à relancer son économie après la capture du président Nicolas Maduro. Le Venezuela dispose des plus grandes réserves pétrolières de la planète et a réformé jeudi, sous la pression américaine, sa loi sur les hydrocarbures, ouvrant le secteur au privé. La Chine avait été le principal acheteur de pétrole vénézuélien sous M. Maduro, dont la capture par les forces américaines le 3 janvier a suscité la condamnation du ministère chinois des Affaires étrangères et rendu incertain l'avenir des relations de Pékin avec Caracas.
Le Venezuela a enterré le modèle pétrolier d'Hugo Chavez avec une ouverture au secteur privé impulsée par les Etats-Unis qui ont pris le contrôle de l'industrie après avoir destitué Nicolas Maduro. L'Assemblée nationale a approuvé jeudi une réforme de sa loi sur les hydrocarbures, peu avant que le département du Trésor américain n'annonce un assouplissement de l'embargo imposé en 2019 sur le pétrole vénézuélien. La réforme a été annoncée par la présidente par intérim Delcy Rodriguez, auparavant vice-présidente et ministre des Hydrocarbures, poste qu'elle conserve.
Moins d'un mois après la spectaculaire intervention militaire américaine qui a conduit à la capture du président Nicolas Maduro, le pétrole vénézuélien a accompli jeudi, selon la présidente par intérim, un "bond historique" avec une réforme de la loi ouvrant le secteur au privé mais aussi l'annonce par Washington d'une suspension partielle des sanctions instaurées en 2019. "Nous effectuons des pas historiques (...) J'ai reçu aujourd'hui un appel du président des Etats-Unis, Donald Trump, et de son secrétaire d'Etat, Marco Rubio", a lancé la dirigeante par intérim Delcy Rodriguez lors d'une manifestation pro-pouvoir des employés du secteur pétrolier.