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Bruno
Depuis septembre 2025, sept des neuf limites planétaires définies par le Stockholm Resilience Centre pour garantir la stabilité du système Terre sont franchies. Ces dépassements marquent une rupture historique mettant en péril les conditions d'habitabilité de la planète qui ont permis le développement des sociétés humaines depuis l'Holocène. Dans cette situation d'urgence, comment apprendre, enseigner, expliquer, débattre ? Ce manuel, rédigé par des spécialistes reconnus dans leur domaine sur les plans national et international, propose une approche pluridisciplinaire et critique pour répondre à ces enjeux. Constitué de 40 chapitres et 60 encadrés, il offre des repères conceptuels solides et des outils pédagogiques pensés pour les étudiants et les enseignants. La première partie, No limit : de l'illimité aux limites du monde, retrace la construction de l'illusion d'un monde illimité et son effondrement face aux dérèglements planétaires. La deuxième partie, Identifier nos limites, caractérise et mesure c
Depuis deux ans, je partage l’intuition, de plus en plus ancrée, que l’intelligence artificielle pose la question du partage des gains de productivité, comme la révolution industrielle du XIXᵉ siècle l’avait posée avant elle. À chaque fois, le capital s’approprie ces gains, au détriment du travail, au motif que c’est lui qui mécanise l’économie. L’argument n’est pas faux. Mais il oublie une vérité essentielle : le capital n’existe jamais seul. Il est toujours, d’une manière ou d’une autre, une cristallisation du travail humain. Karl Marx l’avait parfaitement compris.
Pamela, senior manager dans un cabinet de conseil, relit une analyse de marché générée par une IA. Un chiffre lui paraît incohérent. Elle demande au modèle de vérifier. La réponse est immédiate : structurée, détaillée, assurée. L'analyse est confirmée, enrichie, consolidée. Pamela insiste. Elle a identifié une erreur précise. Cette fois, le modèle s'excuse, la remercie… puis produit une nouvelle analyse encore plus élaborée — qui intègre sa remarque tout en maintenant exactement la même conclusion.
À quoi servent exactement les engrais phosphatés ? Peut-on s’en passer à l’heure où ces intrants agricoles apparaissent comme une source de pollution au cadmium ? Des recherches montrent que, depuis le siècle dernier, l’agriculture française a largement bénéficié de ces engrais issus d’importations. À moyen terme, en France, les stocks de phosphore accumulés dans les sols permettraient donc de s’en passer pour quelques décennies sans chute majeure de rendements. À long terme, cela nécessiterait, cependant, des changements importants de notre système agricole et alimentaire.
Anthropic vient de prendre une décision rare et très forte. Il y a quelques jours, l’entreprise a annoncé qu’elle retardait la sortie publique de son nouveau modèle, baptisé Mythos. La raison officielle est claire : ce modèle est trop puissant et trop dangereux pour être mis à la disposition de tous.
La France a la volonté d’être une terre d’accueil pour les data centers dans les prochaines décennies. L’Agence de la transition écologique, l’Ademe, a réalisé un travail de prospective à l’horizon 2060 pour évaluer plusieurs scénarios de montée en puissance sur le territoire national de ces infrastructures très gourmandes en énergie et les choix de société qu’ils impliquent. Entretien avec Bruno Lafitte, expert data centers à l’Ademe, qui a coordonné cette étude.
Invité du Business Club de l’Apaq-w aux Moulins de Beez le 4 mars dernier, l’économiste Bruno Colmant a livré une réflexion dense et parfois sombre sur les fondements du système économique contemporain. Pour lui, la crise écologique et alimentaire actuelle ne relève pas d’un simple ajustement de politiques publiques : elle révèle les contradictions profondes d’un modèle économique fondé sur l’anticipation permanente du futur et sur un consumérisme devenu incompatible avec les limites de la planète.
S’il est quelque chose d’impossible à anticiper, c’est bien l’imminence d’une correction boursière. La recherche académique s’amuse à faire une distinction entre les bulles rationnelles et les bulles irrationnelles, mais on n’a jamais vu un scientifique prévoir un krach (sinon il ne serait pas un scientifique, mais un rentier).
Il suffit d’écouter Donald Trump et de lire le bombardement de tweets d’Elon Musk, qui compare l’Union européenne au régime nazi, drapeau à l’appui, pour comprendre que le lien transatlantique est rompu.
– L’Echo – 3 décembre 2025 L’IA promet un bond de productivité historique, mais prépare aussi une profonde crise sociale si le partage des richesses reste capté par les seuls capitalistes technologiques
Ce dilemme ne vous dit peut-être rien, mais il a constitué une question centrale chez tous ceux qui veillent à la protection de la biodiversité. C’est celui du land sparing ou du land sharing.
La cité fondée en 1616, dont 60 % des habitants vivent dans des bidonvilles, accueille la COP30 dans une zone ultrasécurisée. Elle incarne les paradoxes du Brésil moderne, aux portes de la forêt tropicale.
Le géant sud-américain compte être un pont entre les pays émergents et les pays du Nord, et mettre l’accent sur la mise en œuvre des acquis des COP précédentes. Mais il lui faudra déployer des trésors de diplomatie pour faire vivre le multilatéralisme climatique dans un contexte tendu.
Alors que les guerres s'appuient encore sur des arsenaux traditionnels, jusqu'à voir des guerres de tranchées ukrainiennes comparables aux Chemins des Dames de Verdun, la troisième guerre mondiale, elle, est déjà déclarée.
La confrontation des stablecoins et de l’euro numérique n’est pas seulement une joute technologique, c’est une interrogation sur la nature même de la monnaie.
Encouragés par l’ex-président d’extrême droite Jair Bolsonaro, les orpailleurs illégaux ont déferlé dans la forêt amazonienne, provoquant pollution, famine et épidémies meurtrières au sein du peuple yanomami. Une hécatombe que l’opération d’expulsion de ces « garimpeiros », lancée en 2023 par le président Lula, aurait dû freiner.
Chaque jour, je rencontre des Belges, issus de tous les angles de l'échiquier politique, et donc des personnes ayant voté pour les deux partis francophones du gouvernement. Ces personnes, d'abord de manière silencieuse, puis aujourd'hui de manière ouverte, voire en colère, ne comprennent plus la marche à suivre du pays. À cet égard, il n’y a aucun projet de société, sauf la contraction des déficits budgétaires, ce qui est, on l’admettra, désolant.
Cette interrogation peut sembler invraisemblable et incongrue alors que les pays européens et les États-Unis sont unis dans l’OTAN, et que ce dernier pays nous a libérés, par deux fois, de l’invasion allemande. […] Et pourtant.
Cette crise, je le crains, sera systémique, inéluctable et impossible à diversifier, car elle reposera sur la concomitance explosive de deux facteurs : une dette publique des États-Unis devenue probablement insoutenable et la fragilité du dollar lui-même, pilier vacillant du système financier international. Ces deux facteurs pourraient être corrigés, mais la rhétorique de Donald Trump est fondée sur une fuite en avant cherchant la croissance économique dans de futures baisses d’impôt, et donc une augmentation de la dette publique des États-Unis. Une crise financière est donc inéluctable.
Les terrifiantes idées de Curtis Yarvin, un « philosophe » du trumpisme Sous le nom provocateur de Dark Enlightenment, une frange de la droite intellectuelle américaine – inspirée par Curtis Yarvin (né en 1973) – prône un renversement des valeurs du XVIIIe siècle : raison, égalité, universalité des droits. Il croit l’humanité aboutie et prône presque son extinction. Il ne veut plus de démocratie. Et je pense qu’il arrivera à ses fins : il est improbable que les élections présidentielles de 2028 ne soient autre chose qu’un plébiscite au candidat unique : un fils de Donald Trump. Sous le pseudonyme de Mencius Moldbug, ce blogueur-philosophe californien théorisait dès 2007 la faillite inéluctable et programmée de la démocratie libérale, qu’il jugeait faible, inefficace et corrompue. Face à ce constat, il propose une destruction méthodique, c’est-à-dire un redémarrage complet du système.
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