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2026
Imaginez une baignoire géante posée au sommet du monde, dont le bouchon aurait doucement commencé à se dévisser il y a quelques décennies. Aujourd’hui, ce n’est plus un simple filet d’eau qui s’en échappe, mais un véritable torrent : chaque année, la calotte glaciaire du Groenland perd environ 270 milliards de tonnes de glace. La cause est connue depuis longtemps, le réchauffement global qui grignote les glaces polaires, mais l’ampleur du phénomène, elle, continue de surprendre les scientifiques. Pour rendre ce chiffre vertigineux un peu plus concret, la NASA et plusieurs équipes de recherche ont eu l’idée de le traduire en une image que beaucoup de Français connaissent bien, celle d’un lac niché entre la Suisse et la Haute-Savoie.
maginez une baignoire immense, remplie d’eau salée, où l’on jetterait chaque année de quoi remplir des centaines de camions-poubelles de plastique, sans jamais vider la baignoire. C’est à peu près ce qui se joue en Méditerranée. Le problème est connu depuis longtemps : cette mer croule sous les déchets plastiques. La cause, elle, est plus surprenante qu’il n’y paraît, car elle ne tient pas seulement à notre consommation débridée d’objets jetables, mais à la géographie même de cette mer, presque hermétiquement close, et à quelques pays qui, à eux seuls, concentrent l’essentiel des rejets. Selon les données compilées par l’UICN, l’Union internationale pour la conservation de la nature, ce sont environ 229 000 tonnes de plastique qui s’engouffrent chaque année dans les eaux méditerranéennes. Un chiffre vertigineux qui mérite qu’on s’y attarde, tant il révèle des mécanismes à la fois écologiques et humains passionnants à décortiquer.
Il y a des lieux que l’on préférerait oublier, mais que la géologie et la chimie se chargent de nous rappeler régulièrement. Sous les rues tranquilles de Wittelsheim, dans le Haut-Rhin, une ancienne mine de potasse abrite depuis la fin des années 1990 un secret encombrant : 42 000 tonnes de déchets toxiques, jamais remontées, malgré une promesse initiale de réversibilité.
Les centres de données indispensables à l’intelligence artificielle nécessitent l’extraction de toujours plus de métaux et terres rares. Une industrie qui détruit, assèche, tue et exploite sur tous les continents, rappelle notre chroniqueuse.
Le chiffre a de quoi donner le vertige : l’humanité extrait environ 50 milliards de tonnes de sable et de graviers chaque année. Pour visualiser cette masse colossale, imaginez un mur de 27 mètres de large et 27 mètres de haut, construit tout autour de l’équateur terrestre. C’est peu ou prou ce que représente notre consommation annuelle de cette ressource que l’on associe, à tort, à quelque chose d’inépuisable. Le sable est en effet devenu, après l’eau, la matière première la plus consommée au monde, loin devant le pétrole ou le charbon dont on parle tant.
Une montagne de vêtements grande comme plusieurs centaines de terrains de football pousse depuis des années dans l’un des endroits les plus arides de la planète. Dans le désert d’Atacama, au nord du Chili, près de la ville d’Alto Hospicio, s’entassent aujourd’hui environ 60 000 tonnes de textiles invendus ou jetés, arrivés d’Europe, d’Asie et d’Amérique du Nord. Le dernier chiffre en date s’élève à plus de 60’000 tonnes et la décharge a pris de telles proportions qu’elle est visible sur des images satellites prises depuis l’espace. Face à ce constat, les Nations Unies ont qualifié la situation d’«urgence environnementale et sociale pour la planète».
Un réacteur nucléaire français à l’arrêt depuis près de trente ans, et pourtant toujours sous surveillance électrique permanente. À Creys-Malville, en Isère, Superphénix n’a plus produit un seul kilowattheure depuis 1996. Mais ses 4 700 tonnes de sodium liquide ont dû rester chauffées à 180°C pendant près de deux décennies, sous peine de provoquer une réaction chimique violente au moindre contact avec l’eau ou l’air. Un chantier titanesque, à la fois technique et financier, qui illustre à quel point démanteler un réacteur nucléaire peut coûter plus cher, et durer plus longtemps, que son exploitation elle-même.
5 000 tonnes d’animaux morts de chaleur et désormais enfouis un peu partout en Bretagne. Dans cette région de France qui concentre le plus d’élevages pour la viande, la canicule de juin a été un véritable carnage pour les bêtes.
Quarante milliards de tonnes d’eau. C’est le poids retenu par le barrage des Trois Gorges derrière ses 2 335 mètres de béton. Une masse si colossale qu’elle a suffi à modifier la dynamique rotationnelle de la Terre elle-même. En 2005, les scientifiques de la NASA Benjamin Fong Chao et Richard Gross ont calculé que le remplissage du réservoir avait allongé la durée d’une journée de 0,06 microseconde. Soixante milliardièmes de seconde, imperceptible pour n’importe quel être humain, mais réel, mesurable, et révélateur d’une vérité que l’on préfère souvent ignorer : l’humanité est désormais une force géophysique.
Jancovici casse le mythe de la ville durable !





