Jean-Marc Jancovici

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mers océans

2026

Il y a des histoires qui ressemblent à des scénarios de science-fiction et qui sont pourtant bien réelles. Celle-ci commence après la Seconde Guerre mondiale, quand plusieurs pays européens ont pris une décision qui ferait aujourd’hui bondir n’importe quel écologiste : jeter des dizaines de milliers de fûts de déchets radioactifs au fond de l’océan Atlantique, loin des yeux et, pensait-on alors, loin des conséquences. De 1946 à 1990, plus de 200 000 de ces conteneurs ont ainsi rejoint les plaines abyssales, entre 3 000 et 5 000 mètres sous la surface. Pendant des décennies, personne ne savait vraiment où ils se trouvaient ni dans quel état ils étaient. C’est précisément ce mystère que le CNRS et l’Ifremer ont décidé d’élucider, en envoyant un robot sous-marin de pointe là où aucun plongeur ne pourrait jamais descendre. Le résultat de cette mission, baptisée NODSSUM, est aussi fascinant qu’inquiétant.
Le phénomène est provoqué par une onde océanique géante dopée par l’événement climatique El Niño. Ni surfable ni visible à l’œil nu, cette vague devrait atteindre San Diego la semaine du 5 octobre et accroître le risque d’inondations et d’érosion des plages.
Alors qu’un phénomène El Niño d’ampleur s’installe dans le Pacifique, l’océan mondial subit les effets du réchauffement climatique. Le rythme de la montée des eaux a doublé au cours des deux dernières décennies.
Pour notre nouvel épisode, avec le glaciologue Frank Pattyn (ULB), on l'a pesé. Voici l'essentiel, et tout ce que la vidéo sortie sur la chaîne Youtube n'avait pas le temps de dire.
Des scientifiques ont rédigé à l'avance la nécrologie d'une plaque de glace grande comme 15 fois Paris. Derrière elle : le glacier Thwaites, surnommé « le glacier de l'apocalypse ». Sauf que si vous ouvrez les études, le mot « apocalypse » n'y est nulle part. Alors on l'a pesé. Dans cette vidéo, avec le glaciologue Frank Pattyn (ULB), on prend les chiffres qui font peur forcément... 58 mètres, 3 mètres 30, 65 centimètres, 6 centimètres — et on remet chacun à sa vraie échelle de temps. Et on explique un mécanisme dont vous n'avez probablement jamais entendu parler : quand l'Antarctique fond, c'est en Europe que la mer monte le plus.
Les déchets plastiques sont omniprésents dans l’environnement marin, avec des impacts écologiques et sanitaires préoccupants. Cette problématique est de plus en plus médiatisée : les images de continents flottants de plastiques sur les océans du globe, obtenues lors de campagnes océanographiques associées à des actions de dissémination scientifique de grande ampleur (la mission Tara Microplastiques ou l’expédition Septième Continent, par exemple), ont marqué les esprits.
Le niveau de la mer monte, les calottes glaciaires fondent et certaines conséquences du réchauffement climatique pourraient se poursuivre pendant des milliers d’années. Le climatologue Gilles Ramstein explique les mécanismes derrière la montée des océans, les risques pour nos sociétés et pourquoi notre trajectoire énergétique peut encore changer l’ampleur du bouleversement climatique.
Si le glacier Thwaites, en Antarctique, disparaissait complètement, cela pourrait accélérer drastiquement la montée du niveau des mers sur toute la planète. “The New York Times” s’est appuyé sur des données scientifiques pour évaluer les conséquences potentielles de ce phénomène sur les villes de 300 000 habitants ou plus, situées à moins de 160 kilomètres de la côte.
Il y a quelques mois encore, tout portait à croire que le plus fort de la chaleur marine était derrière nous. Les eaux du globe avaient connu leur pic saisonnier au printemps, comme chaque année, et la logique voulait que la courbe s’assagisse doucement à l’approche de l’automne. Sauf que la nature n’a pas suivi le scénario prévu. Le 22 août, les compteurs se sont affolés : la température de surface des océans a atteint 21,1 °C, un niveau jamais mesuré depuis le début des relevés satellitaires en 1979. Ce chiffre dépasse celui de mars 2024, pourtant établi en pleine saison chaude, et il s’agit d’un signal que les scientifiques du service Copernicus sur les changements climatiques prennent très au sérieux.
Ce pic absolu sur une journée a été révélé par l’observatoire européen Copernicus lundi 24 août, alors que les océans sont soumis à une pression sans précédent, liée au changement climatique d’origine humaine.
Ce record journalier enregistré au mois d’août est inhabituel, car les températures océaniques mondiales « atteignent généralement leur niveau le plus élevé en mars et avril », souligne l’observatoire européen.
Les océans continuent de se réchauffer à un rythme inquiétant. Un nouveau record vient d'être enregistré, alors que les effets du changement climatique se font de plus en plus sentir sur les mers du monde entier.
90% du réchauffement de la planète causé par l’activité humaine est stocké dans les océans et les mers. Le constat est écrit en première page du site marine.copernicus. Et cet été, la température en Europe a atteint des sommets. La mer Méditerranée enregistre trois, voire quatre degrés de plus qu’à l’époque pré-industrielle. La faune et la flore aquatique s’en retrouvent bouleversées, ravagées. Et quand - à l’automne - la température va baisser, les risques de voire des pluies dévastatrices le long des côtes vont se multiplier. L’automne approche, va-t-on connaître d’autres pluies torrentielles ?
Certaines eaux européennes ont enregistré cet été des températures de surface supérieures de plus de 6 °C à la normale, pointe une étude du World Weather Attribution parue ce mercredi 19 août, qui met en cause les activités humaines.
Lors des 14 jours les plus chauds de 2026, le réchauffement par rapport aux normales a atteint 3,1 °C en Méditerranée occidentale et 2,6 °C en Méditerranée orientale, selon une étude scientifique du collectif World Weather Attribution.
La "majeure partie" du réchauffement des mers européennes est due au changement climatique, ajoutant jusqu'à 2°C de chaleur en Méditerranée cet été et étendant les zones touchées, indique mercredi une étude scientifique. Les conséquences pour la vie marine sont "graves".
La "majeure partie" du réchauffement des mers européennes est due au changement climatique, ajoutant jusqu'à 2°C de chaleur en Méditerranée cet été et étendant les zones touchées, avec de "graves" conséquences notamment pour la vie marine, indique mercredi une étude scientifique.
En juillet, plus d’un quart de la superficie de l’océan a affronté des vagues de chaleur considérées comme intenses, avec des pics plus marqués dans l’Atlantique Nord ou en Méditerranée. Ces canicules dévastent en silence les écosystèmes et les sociétés.
Et si se baigner dans une eau à 28 degrés n’était pas ce petit plaisir estival qu’on croit savourer sans arrière-pensée ? Sous cette caresse tiède qui donne l’impression de nager dans un bain, la mer Méditerranée joue en réalité un tout autre rôle : elle stocke, elle accumule, elle patiente. Et ce qu’elle engrange consciencieusement depuis le début de l’été n’a pas vocation à rester sagement au fond de l’eau. En ce mois d’août, alors que les plages de la Côte d’Azur et de Corse affichent des températures dignes des Caraïbes, cette chaleur emmagasinée prépare silencieusement le terrain pour les premières véritables secousses météorologiques de l’automne.
Depuis le début de l’été, les canicules marines ont fait leur retour en Méditerranée, où elles sont particulièrement sévères, ainsi que sur le littoral Atlantique. Quelles sont leurs conséquences sur les océans ? On fait le point avec Sabrina Speich, océanographe et climatologue.
On imagine souvent la montée des océans comme un phénomène uniforme, une sorte de grande baignoire planétaire qui se remplirait de la même manière partout. L’image est séduisante par sa simplicité, mais elle est complètement fausse. La réalité est bien plus surprenante, presque contre-intuitive : lorsque la calotte du Groenland fond, le niveau de la mer baisse juste à ses pieds, tandis qu’il grimpe des milliers de kilomètres plus loin. Autrement dit, ce sont les côtes les plus éloignées de la glace qui trinquent le plus. Pour comprendre ce paradoxe, il faut s’intéresser à une force que l’on oublie souvent quand on parle de glaciers : la gravité. Plongeons dans cette mécanique céleste terrestre qui redessine la carte des risques littoraux.
Entre un et deux millions de kilomètres de câbles sous-marins hors service jonchent les océans. Alors que leurs effets sur la faune et la flore sont bien documentés, ils sont rarement retirés. On vous explique.
Il fut un temps où l’on parlait des vagues de chaleur marines comme d’événements dignes d’un fait divers océanographique. Un pic de température ici, une anomalie là, quelques années séparant deux épisodes remarquables. Ces phénomènes intriguaient les scientifiques sans véritablement inquiéter le grand public. Mais cette époque semble bel et bien révolue. En plein cœur de l’été, alors que nos plages accueillent les baigneurs et que la Méditerranée affiche des températures records, une réalité bien plus vaste se joue dans les profondeurs. Ce que l’on croyait rare est devenu récurrent, et ce que l’on jugeait exceptionnel s’installe désormais comme une nouvelle normalité. Plongeons ensemble dans cette transformation aussi discrète que spectaculaire.
Les océans mondiaux viennent de connaître leur mois de juin le plus chaud jamais enregistré, avec une température moyenne de 20,98°C selon le service Copernicus de l’UE. Et ce n’est peut-être que le début : l’arrivée d’un épisode El Niño potentiellement puissant pourrait pousser les températures encore plus haut dans les mois à venir.
La vague de chaleur est terminée. En mer aussi, la situation est préoccupante. La Méditerranée enregistre en ce moment des températures de surface jusqu’à 8 degrés au-dessus des normales, avec des conséquences directes sur les écosystèmes marins.
Les océans mondiaux viennent de connaître leur mois de juin le plus chaud jamais observé et pourraient battre de nouveaux records en 2026, sous l'effet combiné d'El Niño et du réchauffement climatique, a annoncé mercredi l'observatoire européen Copernicus Marine.
European scientists warn of consequences for weather patterns, the global climate and marine life
Le Pacifique tropical ou la Méditerranée viennent de connaître leur mois de juin le plus chaud jamais observé et pourraient battre de nouveaux records en 2026, sous l’effet combiné d’El Niño et du réchauffement climatique, a annoncé ce mercredi l’observatoire européen Copernicus Marine.
Sur la totalité de l’eau présente sur Terre, 97,5 % est salée, cantonnée dans les océans et les mers. L’eau douce ne représente que 2,5 % de l’eau mondiale, soit environ 35 millions de kilomètres cubes, et la majorité (69 %) de cette infime fraction reste inaccessible, piégée dans les glaciers et les calottes polaires. Ce chiffre, confirmé par le Rapport mondial des Nations Unies sur l’eau (UNESCO), change radicalement la façon dont on devrait regarder le robinet de sa cuisine.
Les prévisions du GIEC sur la montée des eaux d’ici 2100 sont peut-être encore trop optimistes. Une étude majeure de l’Université du Maryland, publiée dans Nature Geoscience, révèle que les modèles climatiques actuels ignorent un facteur crucial : le système circulatoire des océans. En fondant, les plateformes de glace de l’Antarctique libèrent de l’eau douce qui modifie les courants marins et déclenche une réaction en chaîne auto-entretenue. Cette boucle de rétroaction dynamique pourrait contribuer autant à l’élévation du niveau de la mer que le réchauffement atmosphérique direct, menaçant plus de 680 millions d’habitants dans les zones côtières.
L’été approche et nos océans sont déjà en train de bouillir. Alors que les températures de surface des mers frôlent des seuils historiques en ce printemps, les météorologues européens tirent la sonnette d’alarme : le redouté phénomène climatique El Niño est sur le point de faire son grand retour. Couplée aux émissions continues de gaz à effet de serre, cette colossale anomalie thermique du Pacifique pourrait bien transformer l’année prochaine en un brasier planétaire inédit, multipliant les sécheresses et les désastres météorologiques.
Avril 2026 sur le podium des mois les plus chauds. Alerte pour les mers et la banquise.
+5 à +6 °C au-dessus des normales saisonnières. C’est l’anomalie thermique enregistrée par le Copernicus Marine Service sur certaines zones du bassin méditerranéen en ce printemps 2026. Une vague de chaleur marine s’est enclenchée dès fin avril, avec des anomalies positives supérieures à +3 °C sur l’ensemble du bassin occidental. Mais par endroits, notamment du Golfe du Lion à la mer Ligure, les écarts de température à la moyenne dépassent les +5 °C sur de vastes zones. Ce n’est pas la météo d’un mois de mai. C’est le portrait d’une mer en train de changer d’identité.
Les signes d'un super El Niño sont de plus en plus évidents : dans la zone équatoriale de l’océan Pacifique, le réchauffement de l'eau en profondeur est exceptionnel en avril 2026, et cela ne va pas tarder à atteindre la surface d'ici quelques semaines. Quelles régions du monde sont les plus à risque de forte chaleur si l'on se fie à ce qui s'était passé lors du précédent super El Niño ?
Comme bon nombre de polluants, les composés per- et polyfluoroalkylés, ou PFAS, atteignent souvent les mers et les océans. Si la présence de certains d’entre eux est surveillée, beaucoup d’autres ne font pas l’objet de réglementations. Ils sont pourtant observés à des taux élevés dans les écosystèmes marins, sans pour autant que leurs effets soient connus, révèlent des travaux inédits.
L’analyse de plus de 2 300 échantillons collectés partout sur le globe met en évidence la persistance des composés chimiques issus des secteurs agricole, pharmaceutique et industriel dans l’océan, parfois à des taux très élevés.
Une onde de choc parcourt la communauté scientifique après la publication d’une étude dévastatrice dans la revue Nature. Pendant des décennies, les modèles climatiques mondiaux se seraient appuyés sur une base de calcul erronée, sous-estimant le niveau réel des océans de près de 30 centimètres. Ce « petit » décalage technique, surnommé l’angle mort méthodologique, cache une réalité brutale : la menace qui pèse sur nos côtes est bien plus immédiate et massive que ce que les gouvernements ont planifié jusqu’ici.
C’est un « angle mort » aux « conséquences considérables ». La montée du niveau des océans est sous-estimée d’environ 0,3 mètre en moyenne, selon une étude de deux chercheurs de l’Université de Wageningue aux Pays-Bas publiée mercredi 4 mars dans la revue Nature. À plusieurs endroits comme les régions d’Asie du Sud-Est et du Pacifique, déjà très exposées aux inondations et au risque de submersion, les écarts pourraient même atteindre 1 à 1,5 mètre.
Des changements brusques pourraient entraîner une cascade d’interactions entre sous-systèmes qui orienteraient la planète vers un réchauffement extrême et une élévation du niveau de la mer. Les scientifiques affirment que plusieurs systèmes terrestres critiques semblent plus proches de la déstabilisation qu’on ne le pensait auparavant. Cela expose la planète à un risque accru de suivre une trajectoire de « serre chaude » entraînée par des boucles de rétroaction qui peuvent amplifier les conséquences du réchauffement climatique.

2025

Si mers et océans fonctionnaient comme une immense baignoire, l’eau s’élèverait partout de la même façon. Ce n’est pas ce qui se passe, du fait notamment de la gravité et du rôle du manteau terrestre.

Ils publient sur les réseaux de Jean-Marc Jancovici : Adrien Couzinier, Cyrus Farhangi D’autres références : Adrien Couzinier, Cyrus Farhangi