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Cancer
La firme tire sa puissance d’une stratégie morbide : elle vend des pesticides susceptibles de donner le cancer et des médicaments pour le soigner. Le 25 juin, la Cour suprême des États-Unis a tranché en sa faveur en bloquant des milliers de plaintes sur le risque de cancer lié au Roundup. Enquête au cœur de son lobbying.
L’exposition au piclorame, un pesticide inconnu du grand public et loin des radars des autorités sanitaires, a été identifié par une équipe de chercheurs espagnols comme l’un des facteurs de risque des cancers colorectaux précoces, dont le nombre s’envole. Ces résultats, repérés par Le Monde, ont été publiés fin avril dans la revue scientifique Nature Medicine.
À Basse-Indre, près de Nantes, un site d’ArcelorMittal rejette des quantités très élevées de chrome VI, un cancérogène reconnu. Des documents découverts par Reporterre soulèvent des interrogations sur les risques sanitaires.
Un an après la création du collectif Cancer Colère, Fleur Breteau publie un livre éponyme le 6 février. Dans un entretien à Reporterre, elle revient sur ce qui, en tant que malade, lui a donné envie de lutter.
Le collectif Cancer Colère, qui vise à politiser cette maladie, s’est implanté dans les campagnes, là où l’exposition aux pesticides est la plus forte. Pour Caroline et Fabienne, militer est devenu essentiel.
À La Rochelle, un cluster de cancers a été découvert dans des quartiers populaires. Riverains d’usines et écologistes dénoncent le « cocktail environnemental » qui pourrait l’avoir causé et déplorent l’inaction de l’État.
Alors que les études sur les causes de cancer se multiplient, une offensive les réduisant à des comportements individuels prend de la place dans le débat public. Un « cancer backlash » dénoncé par le chercheur Marc Billaud.
Aux États-Unis, les riverains d’une usine de matériau imperméable pour vêtements ont bu une eau contaminée aux PFAS pendant des années. Depuis l’alerte lancée par un ex-salarié, de nombreux voisins ont rejoint une plainte collective.
Raffineries bombardées, pollutions des champs et rivières, multiplication des cancers : le nord-est de la Syrie souffre de sa dépendance au pétrole. Malgré les bombes turques, des habitants tentent de préserver les terres.
Dans la Sarthe, la pollution de l’eau potable au chlorure de vinyle monomère, un « cancérigène certain », persiste bien qu'elle soit connue depuis plus de dix ans. Un collectif citoyen se démène pour faire agir l'État.
Emmy Marivain est la première enfant dont le décès est reconnu par le Fonds d’indemnisation des victimes de pesticides. Devant la Cour d'appel de Rennes, sa mère, ex-fleuriste, veut faire reconnaître la souffrance de la famille.
Le 4 avril, les députés étudient une proposition de loi pour réglementer les « polluants éternels ». Des personnes s’estimant victimes de ces molécules, notamment rejetées par l’usine de Salindres, dans le Gard, témoignent.
Après des années d’exposition au chlordécone dans les bananeraies de Martinique, le mari de Patricia est décédé d’un cancer. Depuis, la défense des victimes de ces produits chimiques est devenu le combat de sa vie.
Il pourrait exister un lien entre l’ingestion de certains additifs émulsifiants et un risque accru de cancers, en particulier du sein et de la prostate. C’est ce que suggère une étude publiée dans la revue Plos Medicine.
Ils travaillaient avec des pesticides, et ont un jour déclaré un cancer. Ils parcourent depuis six ans les lycées agricoles pour faire de la prévention. Des témoignages précieux, qu’ont pu entendre des jeunes de la Sarthe.
Aux États-Unis, Monsanto a été condamnée à verser 857 millions de dollars à sept personnes ayant développé des problèmes de santé après leur exposition à des polluants éternels. Une nouvelle défaite pour le groupe Bayer.
En trente ans, les cancers chez les jeunes ont grimpé de 80 %. Les principaux responsables : les polluants environnementaux et une mauvaise alimentation, analyse le Dr Jean-David Zeitoun.
Selon un rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), les nappes phréatiques de neuf régions françaises sont polluées par le solvant 1,4 dioxane, une substance potentiellement cancérigène, pourtant non réglementée en France. Si l’Auvergne-Rhône-Alpes, la Bourgogne-Franche-Comté, le Centre-Val-de-Loire, le Grand-Est, les Hauts-de-France, la Nouvelle-Aquitaine, l’Occitanie ou encore les Pays-de-la-Loire sont concernés, c’est en Île-de-France que se concentrent plusieurs épicentres.
Un chercheur étasunien révèle le lien étroit entre l’augmentation des cancers pédiatriques et les pollutions chimiques. Face à cette « crise chimique », il appelle à renforcer la réglementation.
Pour l’Agence européenne des produits chimiques (Echa), le glyphosate n’est pas cancérigène. Le comité des risques de l’agence a annoncé, le 30 mai, qu’il concluait « à nouveau que la classification du glyphosate en tant que cancérogène n’est pas justifiée ». Le glyphosate reste en revanche classifié comme toxique pour les organismes aquatiques et causant des dommages oculaires graves.


