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Fabrice Nicolino
Dans son dernier ouvrage, Le grand sabotage climatique Révélations sur un système corrompu publié en septembre 2023, le journaliste Fabrice Nicolino revient sur les échecs continus de l’action climatique depuis plus de 35 ans. Alors que les alertes sur les crises environnementales se sont multipliées depuis les années 1970, les sociétés humaines peinent à agir efficacement pour les enrayer. Fabrice Nicolino s’interroge sur le rôle ambigu de certaines personnalités, dont le businessman et diplomate canadien Maurice Strong, ayant pris part à l’élaboration du système onusien des Sommets de la Terre et des COP (conférence des partis de la convention de l’ONU sur le climat). Son livre paraît alors que la prochaine séance de négociations climatiques, la COP28 se déroule à Dubaï dans un pays producteur et exportateur de pétrole. GoodPlanet Mag’ est allé interviewer Fabrice Nicolino.
Les organisations internationales – COP, Giec, Pnue – ont échoué à préserver le climat, laissant les grosses entreprises orienter les négociations. Une mascarade détaillée par Fabrice Nicolino dans « Le grand sabotage climatique ».
La crise climatique menace de dislocation les sociétés humaines et les écosystèmes, mais on ne fait rien. Si ce n’est d’innombrables conférences mises en scène, au cours desquelles on s’embrasse en jetant des confetti. La science a parlé : il faut réduire massivement nos émissions de gaz à effet de serre, mais on les augmente chaque année. Ce livre de Fabrice Nicolino raconte pour la première fois les raisons de ce qu’il faut appeler un sabotage. Par les multinationales, mais aussi par l’ONU, dont les responsables du dossier ont partie liée avec les industries les plus destructrices du climat.
La lutte contre l’effarant dérèglement climatique est-elle en train de basculer ? L’exemple allemand de Letzte Generation – « dernière génération » – est du genre éclairant. Au printemps passé, ce groupe écologiste s’en prend à la grande raffinerie de Schwedt-sur-Oder, près de la frontière polonaise, et parvient même à couper plusieurs fois son alimentation en pétrole. La suite crée un déferlement de colère en Allemagne, car des militants de Letzte Generation bloquent des axes routiers importants, maculent de purée le plastique protégeant un tableau de Monet, collent leurs mains sur le cadre d’un tableau de Raphaël.
Où sont passées les 400 tonnes de plomb qui ont fondu sur les toits de Notre-Dame de Paris ? Combien de gosses malades ? Combien de travailleurs du chantier touchés ? Combien de riverains shootés ? Le plomb a une très charmante singularité : il ne disparaît pas. Sa structure chimique l'empêche de se dégrader et, tôt ou tard, il rejoint le corps d'êtres vivants, se fixant très volontiers sur les os des humains.
Depuis quelques années, malgré des preuves écrasantes, certaines études remettent en cause la réalité de la chute de la biodiversité. L’affaire n’est pas d’hier tout à fait, car dès le 15 avril 2016, un groupe de chercheurs de très bon niveau publiaient une tribune dont voici les premiers mots : « Un courant biodiversité-sceptique émerge en France et ailleurs. Son discours tente de remettre en cause la validité du consensus scientifique concernant l’érosion de la biodiversité. »
Pourquoi s'embêter à trouver des solutions pour savoir que faire de nos déchets plastiques quand il suffit de les envoyer en Afrique ? Le Sénégal, qui a pourtant instauré une loi interdisant le plastique à usage unique, récupère ainsi des tonnes de déchets, non recyclables, en provenance des pays du Nord.
Cela finira mal. Une manifestation monstre vient d'avoir lieu à Fort-de-France (Martinique) pour protester contre l'impunité dans le lourd dossier de l'empoisonnement par le chlordécone. Pendant plus de vingt ans, jusqu'en 1993 au moins, on a utilisé dans les bananeraies un pesticide qu'on savait cancérogène et très toxique. Le sang de 90% des Antillais est contaminé par un produit si stable chimiquement qu'il pourrait être présent dans les sols pendant plusieurs siècles.
Le dérèglement climatique a des conséquences souvent insoupçonnés. Une récente étude montre que les poissons migrent de plus en plus pour trouver de l'oxygène qui disparaît tranquillement des océans. ...pour la raison simple que plus la température s’élève, et plus ils ont besoin d’oxygène. Or les eaux chaudes contiennent moins d’oxygène que les eaux froides.
Au Japon, les néonicotinoïdes n'ont pas encore été interdits. Il serait peut-être temps... Le lac de Shinji, l'un des plus grands de l'archipel, subit de plein fouet les effets dévastateurs de cet insecticide très toxique.
Pierre Rustin, chercheur de réputation mondiale, a été le premier à découvrir l’existence des pesticides SDHI. Encore plus flippants que les autres. Il raconte et dénonce le rôle peu clair de l’Anses, Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail.
Pour le journaliste Fabrice Nicolino, les espoirs d’un monde débarrassé des effets du dérèglement climatique seront déçus, car nombre de négociateurs sont complaisants à l’égard des industries et entreprises les plus polluantes.
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