Jean-Pascal Van Ypersele

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2026

L’Organisation mondiale de la Santé tire la sonnette d’alarme sur la résistance aux antibiotiques, responsable de millions de décès. Si l’on pointe souvent du doigt la surconsommation de médicaments ou le milieu hospitalier, une récente étude du Caltech révèle que le véritable berceau de ces maladies incurables se trouve sous nos pieds. En asséchant les sols, les sécheresses à répétition forcent les micro-organismes à se forger des boucliers génétiques indestructibles qu’ils transmettent ensuite aux pathogènes humains.
Acheter un logement, c’est parier sur l’avenir. Or, à l’horizon 2050, le changement climatique redessine la carte du risque immobilier : risque de submersion par exemple, mais également de retrait-gonflement des argiles, phénomène par lequel une sécheresse peut occasionner des dégâts parfois graves sur le bâti. On parle aussi de "maisons fissurées". Dans ce contexte, comment évaluer la vulnérabilité d’un bien face aux enjeux climatiques ?
Rues bétonnées, haies arrachées, rivières rectifiées... Nos pratiques ont appauvri les sols, aggravant davantage les crues dans l’ouest de la France, explique l’ingénieure hydrologue Charlène Descollonges.
Des bassins d’hydrocarbures sont toujours exploités sur le sol hexagonal. Mais l’octroi de permis de forage est régulièrement contesté au nom de la lutte contre le changement climatique.

2025

Les sécheresses ne posent pas seulement problème pour les stocks d’eau potable et pour l’agriculture : elles occasionnent aussi des dégâts sur le bâti à travers le retrait-gonflement des argiles. Ce phénomène est en pleine expansion en France du fait du changement climatique, avec un point de bascule notable en 2015.
C’est en raison du phénomène de retrait-gonflement des argiles que les sécheresses causent des dégâts tant sur les routes – y compris les pistes cyclables – que sur les maisons et les réseaux ferrés. De nouvelles techniques en cours de développement se montrent prometteuses pour limiter l’impact du phénomène.
Le risque de retrait-gonflement des sols argileux, associé aux périodes de sécheresse, est en forte augmentation du fait du changement climatique. Il occasionne des dégâts considérables sur les bâtiments, mais également sur les routes. Rien qu’en 2022, il a coûté plus de trois milliards d’euros à la collectivité et aux assureurs. Des recherches récentes ont construit un indicateur pour prévoir l’évolution future des risques.
Plus de la moitié (52%) des sols en Europe et sur le pourtour méditerranéen étaient affectés par la sécheresse au début du mois de juillet, selon l'analyse par l'AFP des dernières données de l'Observatoire européen de la sécheresse (EDO).
Dans le Pas-de-Calais, la préfecture justifie ces restrictions par un déficit record des précipitations dans la région Hauts-de-France ces derniers mois, entraînant des «sols désormais plus secs que la normale de l’ordre de -30 à -60 %».
En 2024, la fonte des sols perpétuellement gelés du pays a atteint un niveau jamais vu, selon l’Académie suisse des sciences naturelles. Cette dégradation pourrait être une des causes de la catastrophe de Blatten, village ravagé par la chute d’un glacier il y a quelques semaines.