Jean-Pascal Van Ypersele

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phosphore

2026

Aucune plante sur Terre ne peut se passer de phosphore. Cet élément entre dans la composition de l’ADN, de l’ARN et de la molécule qui sert de carburant énergétique à toutes les cellules végétales. Sans lui, aucune graine ne germe, aucune racine ne se développe, aucune récolte ne pousse. Et pourtant, ce minéral vital dépend presque entièrement de gisements concentrés dans une poignée de pays, une situation qui inquiète de plus en plus les experts de la sécurité alimentaire mondiale.
Depuis le début de la guerre au Liban en 2023, l’armée israélienne a, selon plusieurs cas documentés par les ONG, utilisé du phosphore blanc. Cette arme incendiaire illégale quand elle est employée dans des zones civiles ravage la terre et entraîne de lourdes conséquences sanitaires.
Des infrastructures énergétiques visées, du phosphore blanc massivement répandu sur des terres agricoles, des pétroliers bloqués en mer… Le conflit au Moyen-Orient pollue l'air, les sols et les eaux avec des conséquences à court et à long terme pour la population, la biodiversité et le climat.
Dans un précédent document, j’avais décrit nos sociétés extractivistes et leurs impacts insoutenables pour les écosystèmes et les peuples du Sud (1). France Nature Environnement vient de publier une étude complète sur la question : “Tout savoir sur la sobriété matières” (2). Dans la suite, les textes en italique sont des extraits du dossier FNE

2025

À cause de la destruction des espaces de vie, de la (sur)pêche et des pesticides, 73% des vertébrés sauvages ont été exterminés en 54 ans et 67% des arthropodes (dont les insectes) en 10 ans. Quant au climat, le seuil des 1,5°C a été franchi en 2024 – augurant un emballement brutal et irréversible. Cette limite planétaire est en conséquence largement dépassée, à l’instar de 5 autres (parmi les 9 qui ont été identifiées) : artificialisation des sols, pollution, perturbation des cycles biogéochimiques de l’azote et du phosphore, altération du cycle de l’eau douce et effondrement de la » biodiversité ». Pour quelle raison, alors que nous mettons en œuvre des actions écologiques depuis 50 ans, notre situation (celle du vivant en général) ne cesse d’empirer ?
À cause de la destruction des espaces de vie, de la (sur)pêche et des pesticides, 73% des vertébrés sauvages ont été exterminés en 54 ans2 et 67% des arthropodes (dont les insectes) en 10 ans3. Quant au climat, le seuil des 1,5°C a été franchi en 20244 – augurant un emballement brutal et irréversible. Cette limite planétaire est en conséquence largement dépassée, à l'instar de 5 autres (parmi les 9 qui ont été identifiées5) : artificialisation des sols, pollution, perturbation des cycles biogéochimiques de l'azote et du phosphore, altération du cycle de l'eau douce et effondrement de la « biodiversité ».

2023

Médias et ONG ont documenté l’utilisation par l’armée israélienne de munitions au phosphore blanc dans le cadre des bombardements qui visent Gaza, mais l’ambassade dénonce une «distraction des horreurs commises par le Hamas».
L’ONG dénonce l’utilisation, par Tsahal à Gaza et au Liban, de ces munitions interdites dans les zones où vivent des civils en raison des brulûres qu’elles provoquent.
Un gisement de roche phosphatée colossal a été découvert en Norvège, capable de satisfaire la demande mondiale en phosphore pour les 50 prochaines années, bénéficiant ainsi à l'agriculture, les technologies liées aux batteries et le secteur de l'énergie verte.
L’exploitation du phosphore est essentielle pour la sécurité alimentaire et hydrique. Cependant, remédier à notre mauvaise gestion de ce nutriment représente un défi pressant. Le phosphore commence en effet à manquer et entraîne qui plus est une pollution à l’échelle mondiale des ressources en eau. Cet élément, qui a sauvé notre mode de vie, menace désormais d’y mettre fin à moins que des solutions durables soient mises en place.