Trump a lancé une attaque sans précédent contre l’environnement. Où est la riposte ?
Rei Takver
Traduction IA – Article paru dans The Guardian
Cet article a été publié par The Guardian en partenariat avec DeSmog, un site d’enquête sur le climat.
Les climatosceptiques s’attendaient à plus de résistance face à l’offensive en faveur des énergies fossiles. Mais les démocrates, les milliardaires et les militants sont restés silencieux.
Alors que Donald Trump s’attaque aux fondements juridiques permettant aux États-Unis de réguler les émissions responsables du réchauffement climatique, les climatosceptiques se félicitent en privé de ce qu’ils considèrent comme l’acceptation « silencieuse » des milliardaires, des démocrates, des militants écologistes et même des journalistes face à l’agenda pro-énergies fossiles du président.
« En 26 ans consacrés au climat, je n’ai jamais vu ça. Trump démantèle tout ce en quoi ils croyaient », a déclaré Marc Morano, climatosceptique de longue date, en janvier lors du World Prosperity Forum à Zurich.
L’événement était sponsorisé par le Heartland Institute, un think tank conservateur à l’avant-garde de la désinformation climatique depuis des décennies, et également contributeur au Project 2025, feuille de route politique pour le second mandat de Trump.
« Les milliardaires sont silencieux. Les démocrates au Congrès sont silencieux. Les militants écologistes aussi. Il n’y a aucune opposition », a affirmé Morano — et selon certains experts du climatoscepticisme, il n’a peut-être pas tort.
« L’administration Trump a détruit le joyau de la science climatique aux États-Unis », a déclaré Robert Brulle, professeur à l’université Brown, en référence au démantèlement du National Center for Atmospheric Research en décembre.
« Et rien ne s’est passé. Même pas un murmure. Je n’aurais jamais pensé dire ça : Marc Morano a raison. »
Suppression d’un pilier clé de la régulation climatique
Le mois dernier, l’administration Trump a abrogé la décision de 2009 (« endangerment finding ») établissant que les gaz à effet de serre menacent la santé publique. Cette décision constituait la base légale permettant de limiter la pollution issue des voitures et des centrales électriques.
Son élimination était depuis longtemps un objectif central des climatosceptiques.
Depuis son retour au pouvoir en janvier 2025, l’administration Trump a fortement réduit les capacités de prévision météorologique et de recherche climatique, publié des rapports niant la science établie, et coupé les financements pour les projets énergétiques et communautaires liés au climat.
Sous la direction de Chris Wright, le département de l’Énergie a pratiquement interdit l’usage de termes comme « changement climatique », « vert » ou « durabilité ».
« Trump a annulé le programme climatique de Biden à une vitesse fulgurante », a déclaré Morano.
Silence politique et recul des démocrates
Au lieu de s’opposer à cette offensive, de nombreux démocrates ont cessé de parler directement de la crise climatique sur les réseaux sociaux, dans les discours ou au Congrès. Le parti débat désormais de la priorité à accorder au pouvoir d’achat plutôt qu’au climat, malgré des sondages montrant que 63 % des Américains veulent que l’énergie propre soit une priorité.
Certains démocrates contestent toutefois cette tendance. Le sénateur Sheldon Whitehouse a appelé à ignorer les « étouffeurs du climat ».
Genevieve Guenther, experte en communication climatique, estime également que ce silence est « politiquement absurde » et qu’il sert l’agenda de Trump.
Les milliardaires et les entreprises changent de cap
Morano s’est dit surpris par le revirement de figures comme Jeff Bezos et Bill Gates, dont les entreprises ont abandonné certaines ambitions climatiques face aux besoins énergétiques croissants de l’intelligence artificielle.
Gates a publié une note controversée affirmant que le changement climatique ne mènerait pas à la disparition de l’humanité et plaidant pour réduire les financements climatiques au profit de l’aide humanitaire.
Microsoft et Amazon ont récemment adopté des centres de données alimentés par des énergies fossiles.
Bezos a également réduit les moyens consacrés à la rubrique climat du Washington Post, qui a ensuite publié un éditorial soutenant la décision de Trump.
Moins de pression médiatique
Morano souligne que les journalistes couvrent moins agressivement les politiques climatiques de Trump.
Lors de son premier mandat, les responsables environnementaux faisaient face à une forte pression médiatique. Ce n’est plus le cas aujourd’hui.
Un silence mondial croissant
Ce « silence climatique » ne se limite pas aux États-Unis. À Davos, les dirigeants ont beaucoup moins parlé du climat qu’auparavant.
Selon une experte, le sujet est devenu politiquement « radioactif », poussant de nombreux dirigeants à l’éviter.
Même le Premier ministre canadien a à peine évoqué la question.
Une opinion publique pourtant favorable à l’action
Malgré ce silence, 89 % des personnes dans le monde soutiennent l’action climatique, bien qu’elles sous-estiment souvent le soutien des autres.
Que faire ?
Pour la climatologue Katherine Hayhoe, il est plus important que jamais de parler du climat.
Mais pour Robert Brulle, cela ne suffit pas :
« Le mouvement climatique aux États-Unis a échoué. Il faut le reconstruire complètement. »
L’écologiste Bill McKibben est plus optimiste :
« Les progrès vers les énergies propres s’accélèrent dans le monde entier. »
Il nuance toutefois :
« Ce n’est pas assez rapide, mais c’est plus rapide que ce que souhaitent les climatosceptiques. »



















