La fin de l’Anthropocène ?

Format court numéro 4

Question

Paul Blume (*)

04 avril 2026

L’Anthropocène, période « caractérisée par le rôle que l’être humain joue dans la transformation des conditions de la vie sur terre » (dans sa définition large), a suscité de nombreux débats entre scientifiques jusqu’en mars 2024.

Après 15 ans de débats portant entre autre sur la datation i, un lieu symbolique nommé « clou »ii, le débat officiel est clos.

Depuis, malgré la décision du Congrès géologique international de rejeter la notion iii, cette Cène reste un concept fréquemment utilisé et commenté.

Le terme accompagne le constat d’une profonde marque des activités humaines qui, depuis le néolithique iv, transforment l’environnement.

Bref, progressivement au début et jusqu’à l’accélération exponentielle de nos sociétés industrielles fossiles, l’Humain a façonné la nature, créé et diffusé des structures chimiques préalablement inexistantes, pollué dans des proportions inimaginables, modifié fondamentalement les conditions de la Vie sur « Sa » Terre.

Question :

Et si nous vivions une inversion des rôles ? Et si les raréfactions des eaux pures, des sols fertiles étaient les marqueurs du début d’une autre ère ?

Ce climat qui dérape ? La biodiversité qui s’effondre ?

Ces molécules délétères qui circulent dans le sang des nouveaux nés ?

Ces polluants plus ou moins éternels et leurs conséquences sur la santé humaine et les équilibres environnementaux ?

Peut-on encore dire que Sapiens « pilote » ou vivons-nous une sorte d’énormissime effet boomerang ?

L’Anthropocène entre-t-elle en phase terminale?

Références :

i https://journals.openedition.org/rechercheseducations/11539

ii https://www.liberation.fr/sciences/histoire/le-lac-crawford-au-canada-symbole-de-lentree-de-la-planete-dans-lepoque-de-lhumain-20230712_UY3JCMYMEBBA7LAJI32CHGPZPI/

iii https://www.courrierinternational.com/article/science-l-anthropocene-nouvelle-ere-terrestre-pas-encore-decident-les-geologues

iv https://medium.com/anthropocene2050/n%C3%A9olithique-et-anthropoc%C3%A8ne-nous-navons-pas-la-fin-de-l-histoire-eb2ba6ccfca0


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Devenons des contemplatifs

Format court numéro 3

billet d’humeur

Térence (*)

02 avril 2026

Les contemplatifs ont été vaincus par l’Histoire.

L’agitation individuelle et l’entropie collective sont devenus le symbole du succès. Vitesse, bruit, suractivité, performance, production, accumulation d’objets, surcharge informationnelle, communication instantanée, hyperconnexion.

Au prix de la destruction de notre expérience de vie et de la vie sur Terre. Cela nous rend malades. Nous inventons des problèmes de toutes pièces.

Où est passée l’intensité d’exister ?

Pouvons-nous apprendre à retirer plutôt qu’ajouter ? À nous retirer, y compris de notre égo étroit, pour contempler l’univers et l’autre en déploiement, instant après instant ? Cela exige la décision consciente de ralentir.

S’entraîner à ne rien faire est un acte de résistance, qui maintient ouverte cette autre voie pour l’Humanité.

Mais dans un monde qui glorifie tous les excès, c’est presqu’impossible ! Il faut commencer modestement pour l’apprenti. Créer de petits espaces d’éternité.

Une balade printanière, loin du trafic automobile, est un premier pas.

Les oiseaux, la rivière et la rosée du matin seront nos maîtres.


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La solitude du décroissant

Format court numéro 2

billet d’humeur

Térence (*)

28 mars 2026

Beaucoup d’auteurs et de chercheurs en décroissance sont intéressants. Leur message en une ligne : il faut décroître. Oui. Mais le blocage ne se trouve pas là. Une IA rationnelle (rationelle j’ai dit 😉) concluerait qu’il faut décroître.
Le fait qu’il faille décroître et même la manière exacte de décroître ne sont que des sous-enjeux qui deviennent banals dès lors qu’une civilisation aurait réellement décidé de décroître.

Le nœud se trouve bien avant le principe et la méthode.
Pourquoi nous ne voulons pas savoir ? Pourquoi nous ne voulons pas y réfléchir ? Pourquoi nous ne parvenons même pas à la conclusion qui s’impose ? Pourquoi nous ne voulons pas la mettre en oeuvre ? Et pourquoi, si par chance nous savons et voulons, n’agissons pas collectivement pour mettre en œuvre la décroissance ?

Le courant de la décroissance le dit depuis 50 à 75 ans.
Le Bouddhisme le dit depuis 2600 ans, le christianisme depuis 2000 ans. Et les traditions orientales avant le Bouddhisme : il faut décroître pour être heureux !

Une meilleure question est « pourquoi ne le faisons-nous pas ? Ni individuellement ni collectivement ? » (Nous = les occidentaux mais aussi tous les autres qui nous rattrapent dans l’orgie)
La Chine a perdu le fil de la sobriété orientale… en Afrique ou en Amériquedu Sud, on construit des buildings et des autoroutes aussi (Ubuntu et buen vivir, cause toujours !).

Si la décroissance n’a pas de réponse aux blocages, elle reste une pensée de l’inaccessible. Un médecin qui connaît tous les remèdes mais qui ne sait convaincre aucun patient de les suivre.
« Pourquoi mon patient ne veut-il pas se soigner ? »
« Qu’y puis-je ? »
« Quid s’il a décidé de ne PAS se soigner ? »

J’ai l’impression que « quand on veut savoir la vérité », on finit par l’approcher (la majorité refuse la décroissance parce qu’elle ne veut pas savoir, elle ne veut pas savoir que le parti pour lequel elle vote ne va pas la mettre en œuvre).

Et quand on connaît la vérité, et « qu’on veut faire ce qui est bien », on essaie de le faire.
Là encore, énormément d’obstacles : je sais, je veux… mais je ne fais pas…
Ou… je fais… mais ça ne marche pas (apprentissage).

Moi je sais, je veux la décroissance. Je fais certaines choses (pas grand chose individuellement). Et je veux bien m’obliger collectivement si on prend la decision ensemble (gouvernement).
Il semblerait que je sois très minoritaire…
Je vote maintenant la mise au sol de 90% de l’aviation. Qui me suit ? 😀
Je vote maintenant que je ne mange plus de viande et devient végétarien (je suis sincère). Qui me suit ?
Je supprime tous les subsides fossiles directs et indirects, qui me suit ?

Constat : aucun politicien ne propose seulement ça.
Je vote pour qui ?
Pour le « moins pire »…

Je n’ose même pas proposer de réfléchir à la possibilité que… au parti dont je suis le plus proche idéologiquement.

Il est évident qu’ils me regarderont avec un grand sourire mélangé de consternation, de compassion et de mépris.

Quant à participer à une mascarade de politique écologique ? Quand on sait, on ne veut plus de ça !


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Famine ou abondance ?

Format court numéro 1

Commentaire

David Hercot (*)

26 mars 2026

Pouvoir nourrir sa population, en toutes circonstances, devrait être une priorité pour tout politicien qui se soucie du bien être des citoyens de son pays. Et pourtant, la politique agricole belge et européenne est orientée sur la productivité et le rendement, avec très peu de considération pour la robustesse et l’autonomie.

Dans cet article, George Monbiot rappelle à quel point le système alimentaire mondial est concentré dans quelques mains et dépendant d’un équilibre mondial de plus en plus fragile. Il est de plus dépendant de goulots d’étranglements tel le détroit d’Ormuz ou le canal de Suez qui peuvent à tout moment devenir inutilisables comme nous le rappelle l’actualité.

Et pourtant des alternatives existent. Les chercheurs ont démontré qu’il est possible de réduire notre dépendance aux importations d’engrais, d’aliments, de pesticides. Mais cela nécessite une réforme de la politique agricole, un soutien aux agriculteurs pour transformer les pratiques, rendre leur activité viable économiquement tout en réduisant leur exposition et celle de la population générale aux pesticides. Je soutiens terre-en-vue et agricovert. De nombreuses autres initiatives existent que vous pouvez aussi soutenir. Au niveau individuel, la première étape c’est d’acheter plus de produits locaux, végétaux, entiers et bio.

On ne peut plus laisser la politique agricole aux mains de grandes sociétés aux pieds d’argile.


Références :
Soutenez les :

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Les formats courts de l’Observatoire

format court numéro 0

Présentation
ObsAnt.eu

24 mars 2026


L’Observatoire vous propose régulièrement des « Formats courts ».

Commentaires, billet d’humeurs, micro-analyses, etc … alimentent cette rubrique avec pour objectif d’interpeller, de faire réfléchir dans une période de plus en plus chaotique.

Ces formats courts sont signés individuellement, collectivement ou anonymes.

Les autrices et auteurs anonymes sont connus de l’équipe qui gère l’Observatoire.

Chaque texte n’engage que ses autrices et auteurs.

Bonnes lectures.

PS : Les publications d’ObsAnt respectent une charte qui sera publiée sous peu. Les formats courts n’y font pas exception. Les formats billet d’humeur, y compris satiriques, seront signalés de manière transparente.


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