Jean-Pascal Van Ypersele

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guerre agriculture

2026

Les planètes semblent alignées pour une tempête parfaite. Le Détroit d’Ormuz est refermé, la précision des drones ukrainiens devient chirurgicale pour les installations pétrolières russes et El Nino promet de ralentir la production agricole en Asie, en Amérique et en Amérique latine. Au coeur de ce réacteur : le Diesel. Ce carburant est en charge de la mobilité du commerce mondial avec ses navires et ses camions. Depuis plusieurs mois les stocks sont au plus bas et la situation n'est pas prêt de s'arranger.
Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, qui a eu pour conséquence immédiate le blocage du détroit d’Ormuz, les prix des engrais ont en moyenne crû de 25 %, et davantage pour les engrais azotés, selon l’indice de suivi de la FAO.
Connu pour ses vertus énergétiques, le miscanthus géant est testé depuis 2023 en Ukraine pour revitaliser les sols contaminés en raison de la guerre. Le projet, parrainé par l'Otan et piloté par une université tchèque, vise à vérifier la capacité de cette plante originaire d'Asie à absorber les polluants et à capter et stocker le carbone.
Malgré le ciel de mousson promettant de fortes pluies, les agriculteurs birmans s'inquiètent pour leurs futures récoltes face à la crise des engrais et du carburant provoquée par la guerre au Moyen-Orient. 90 % du fioul et 95 % des engrais chimiques importés "Si les prix continuent d'augmenter, j'en serai réduit à mendier ", dit à l'AFP Soe Naing, assis sur un sac de semences de riz face aux 12 hectares de terres qu'il loue dans la commune de Kawhmu, au sud de Rangoun. "Je vais peut-être abandonner l'agriculture, même si c'est ma vocation", poursuit le quinquagénaire entre les rideaux de pluie annonçant le début de la saison des plantations dans la région.
Dans l’enclave en grande partie dévastée ou occupée par l’armée israélienne, quelques agriculteurs cultivent les 4 % des terres agricoles qui restent disponibles.
Comment l'embrasement du Proche-Orient dévoile la fragilité systémique d'un modèle productiviste à bout de souffle, et pourquoi la souveraineté alimentaire française passe par la libération de la chimie. Depuis que le Moyen-Orient s'est embrasé, c’est la structure même de nos campagnes qui vacille. Face à la flambée immédiate du coût…
La fermeture du détroit d’Ormuz n’est pas une perturbation temporaire du transport maritime, mais le début d’un choc agroalimentaire systémique qui pourrait déclencher une grave crise mondiale des prix alimentaires d’ici six à douze mois, a alerté mercredi une agence des Nations Unies.
Allons-nous vers de graves crises alimentaires d’ici cet été ? C’est de plus en plus probables. Petit rappel : on estime que sans les engrais synthétiques, la production alimentaire mondiale chuterait drastiquement (de plus de 50% min). Or, environ 1/3 du commerce maritime mondial d’engrais transite par Ormuz, bloqué depuis un mois. Et ce n’est pas qu’un problème logistique.
Pendant la guerre déclenchée par Israël avec l’appui des États-Unis contre l'Iran, le détroit d'Ormuz n'est pas seulement une question de géopolitique régionale. C'est l'interrupteur d'un système alimentaire mondial qui sacrifie sa sécurité sur l'autel du coût minimal.
The world has become well versed in the importance of the strait of Hormuz to the world’s energy flows, but attention is increasingly turning to its vital role in another market – the fertiliser on which harvests depend. A third of the global trade in raw materials for fertiliser passes through the maritime choke point, which is also the route for 20% of shipments of natural gas, which is required to make it.