Le dossier Climat, ce grand oublié ?

Daniel Menschaert

Reprise d’un post Facebook daté du 9 février 2026

Aujourd’hui mon esprit, comme le vôtre très certainement, est submergé par les catastrophes politiques, sociales, géopolitiques qui nous assaillent. Et nous pouvons nous poser la question : cela vaut-il encore la peine de parler de la nature et du climat ?

Nos valeurs, nos principes, notre vision du débat social et politique, volent en éclat sous la pression d’une droite extrême au pouvoir et ils sont même moqués, ridiculisés. Nous sommes attaqués dans notre dignité de citoyen, de démocrate, de maçon.

Cela n’est-il pas plus important que le Climat ?

Mais ne baissons pas la garde, restons vigilants car ce sont ceux qui ont toujours été hostiles aux mesures à prendre qui sont à la manœuvre et qui trouvent pour le faire des alliés dans l’extrême droite. Ils profitent de la peur et de la souffrance des gens qui voient leurs protections sociales s’envoler brutalement.

Mais c’est peut-être quand la détresse est à son paroxysme et que les drames successifs nous déboussolent qu’il faut faire connaître les raisons les plus profondes, certaines évidentes et d’autres cachées, qui poussent des responsables politiques à tergiverser, à nier la réalité avec cynisme, à oser faire ce qu’ils font à notre monde, à notre planète, à nos sociétés, à chacun de nous.

Certes, nous continuerons à soutenir les Ukrainiens, les Palestiniens, les Soudanais, à condamner le racisme, l’antisémitisme, l’islamophobie, à nous battre pour un accueil digne des migrants, la liberté de la presse, parce que nous ne pouvons pas moralement, prendre de la distance par rapport à ces enjeux-là.

Nous ne tomberons pas dans le piège de ceux qui veulent reléguer le dossier du climat, de la biodiversité au bas de la liste des préoccupations voire à le supprimer totalement.

Car, il s’agit, ne l’oublions pas, aussi d’une question de survie de l’humanité. À quoi bon se battre pour elle si nous ne lui donnons aucune chance de survivre à la catastrophe climatique. Dire cette vérité là c’est aussi se battre contre le mensonge, le mépris, la violence, l’arrogance, le complotisme, de déni de la réalité ?

Ce déni atteint son paroxysme quand l’usage même de ces mots sont interdits, que les recherches relatives à ces enjeux ne sont plus financées, quand un ministre belge nous dit que dans l’intérêt de l’économie il faut faire une pause dans les mesures à prendre contre le réchauffement climatique.

S’il fallait encore donner une ultime raison, elle nous est offerte par Donald Trump, lui-même, qui vient de signer un décret retirant les États-Unis de 66 organisations internationales qui dit-il ne servent pas les intérêts américains. Parmi elles 31 sont liées aux Nations Unies dont la Convention cadre sur les changements climatiques fondateur de tous les accords climatiques internationaux depuis 1992.

Il se retire aussi des organisations qui gèrent des fonds pour l’égalité homme/femme, pour la santé des mères et des enfants. Marco Rubio accuse tous ces organismes de promouvoir une « idéologie progressiste » et wokiste parce qu’elles mènent des campagnes, dit-il, pour l’égalité de genre et l’orthodoxie climatique.

Ceux qui condamnent la supposée idéologie woke de convergence des luttes devraient méditer sur cette convergence des exclusions conduite par la vague néo-conservatrice et réactionnaire venant des États-Unis.

Alors, pour leur faire le pied de nez qu’ils méritent, parlons de climat et de biodiversité.


Petit rappel, le 15 juillet 2023 paraissait dans La Libre Belgique le communiqué des 5 Obédiences Maçonniques Belges avec pour titre : « Lorsque la vie des générations futures est elle-même en danger, les francs-maçons belges en appellent a la prise de mesures fortes et rapides pour le climat et la biodiversité ! »



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