David Hercot (*)
L’avancée des modélisations sur le dérèglement climatique alerte les climatologues et physiciens allemands : la terre se réchauffe de plus en plus vite et l’Humanité ne ralenti pas ses émissions de gaz à effet de serre.
Cette dernière alerte en date nous amène à notre tour à appeler à une adaptation plus rapide de nos villes, nos campagnes et nos systèmes de gestion de crise.
Bien sûr, la première chose que nous devrions faire, collectivement, c’est de réduire notre dépendance aux énergies fossiles. Mais, visiblement, nous n’en prenons pas encore le chemin.
Alors à défaut, il nous faut nous préparer à des pics à plus de 40°C, voir plus de 50°C en 2050 déjà, et particulièrement dans les villes.
Ce que ces nouvelles projections nous disent c’est que nous devons encore accélérer l’adaptation des villes. Avec ces pics de température et l’effet d’ilot de chaleur urbain, certaines rues, certains appartements deviendront tout simplement invivables.
La chaleur sera telle que la mortalité estivale sera plus importante que lors des pics de grippe de nos hivers. Les services de sécurité devront organiser l’accueil des réfugiés climatiques qui fuient leur logement devenu invivable, de jour comme de nuit, à l’image d’un plan grand froid inversé.
Il faudra également adapter les hôpitaux, d’un point de vue infrastructure pour garder la chaleur dehors, mais également au niveau des services qui seront fort sollicités en été alors que jusqu’à présent c’est une saison de relative relâche.
Au-delà de 40°C, c’est la capacité même des plantes à survire qui est menacée et donc un risque de voir la production alimentaire fluctuer, de voir des forêts entières perdre leurs feuilles.
Des chercheurs travaillent déjà sur des adaptations de nos cultures. Mais d’une part, il faut encore les déployer et d’autre part, le vivant est pour l’essentiel conçu pour vivre dans une zone de température limitée. On ne pourra pas continuer à faire pousser des salades dans le désert espagnol.
Ces risques et d’autres sont connus. Ils ont été étudiés par le Lancet Countdown à l’échelle mondiale, le CERAC pour la Belgique.
Ils arrivent juste plus vite que prévu.
Il s’agit maintenant de faire une priorité de la mise en œuvre des adaptations nécessaires pour notre santé physique et mentale.




