Le mouvement climat entre activisme et vision rassuriste

Paul Blume

Depuis la dernière campagne électorale (26 mai 2019) les espoirs du mouvement climat de voir émerger des relais politiques efficaces se sont effondrés.

Les activistes qui, courageusement, continuent d’essayer d’imposer l’écocide et le climat dans les agendas médiatiques ne peuvent que le constater : l’ensemble des partis composant les actuelles majorités sacrifie l’avenir des générations futures sur l’autel des théories de la croissance à tout prix.

Aucune politique de rupture immédiate d’avec la croissance continue des émissions des gaz à effet de serre n’a été mise en place. Aucune n’est proposée à ce jour.

Au contraire, les gouvernements fédéraux et régionaux ont continué de privilégier les investissements carbonés (aéroports, automobile, énergies fossiles, technologies, …).

De fait, le lobbying Carbone a largement écrasé celui du Climat.

Cette réalité provoque logiquement une cassure dans le mouvement climat lui-même.

Avec d’un côté les activistes d’organisations diverses qui continuent à exiger la réduction conséquente et immédiate de l’usage des énergies fossiles (par exemple) et d’autres structures engoncées dans leurs relations étroites – parfois personnelles – avec des partis politiques.

Pour celles-ci, l’incapacité de placer leurs relations politiques, sociales, voire affectives, hors du champ de l’analyse proprement dite, les conduit à minimiser l’urgence, accepter des délais, tordre les constats à l’aune de récits prétendument positifs.

Cette exigence d’optimisme dans l’inaction ne peut qu’effrayer celles et ceux qui par contre ont compris que la trajectoire est continue, sans arrêts, sans retour. Et que ne pas l’admettre, c’est se priver de, sinon la maîtriser, au moins l’influencer.

La façon dont les organisations « climat » traiteront à la fois le bilan des gouvernements et les propositions des partis en lice pour le 9 juin sera indicative de leur capacité à être indépendantes, encrées dans la réalité scientifique ou non.

Nous verrons dans les semaines qui viennent qui franchira éventuellement la barrière du silence complice pour carrément soutenir l’une ou l’autre formation politique, fut-ce à demi-mots.

Affaire à suivre. De près.



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