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2026
Orages, pluies intenses et violentes rafales ont brutalement changé l'ambiance mercredi en Belgique. Un épisode isolé ou les prémices d'un automne particulièrement perturbé ? Pour Xavier Fettweis, climatologue à l'ULiège, plusieurs signaux invitent déjà à surveiller les prochains mois.
Le paléoclimatologue, ancien vice-président du groupe scientifique du GIEC, craint que la question climatique ne soit reléguée au second plan lorsque les températures redescendront. Dans un entretien au « Monde », il appelle les prétendants à l’Elysée à « prendre la mesure de ce défi planétaire ».
Alors que 3000 hectares ont déjà brûlé dans les Hautes-Fagnes, le climatologue de l’Université de Liège Xavier Fettweiss estime, dans Matin Première ce lundi, que la Belgique doit se préparer à des incendies de forêt plus fréquents. Il avait déjà alerté les autorités sur ce risque en 2021. Cinq ans plus tard, son constat est sans appel : "Pour le moment, on n’est pas prêt".
Et si l’année que nous vivons en ce moment n’était qu’un avant-goût ? Alors que la France traverse une nouvelle vague de chaleur estivale, il est tentant de repousser mentalement le changement climatique dans un futur flou, quelque part au-delà de notre horizon. Pourtant, les projections dévoilées par les climatologues brossent le portrait d’un pays profondément transformé dès le milieu du siècle.
Cette fin juin 2026, la France, l’Angleterre, l’Allemagne, la Tchéquie, la Pologne vivent leur deuxième canicule de l’année. La température a dépassé de nombreux records. La canicule a fait plus d’un millier de victimes en France. Des centaines de milliers d’animaux d’élevage ont péri dans les exploitations agricoles (lien Brut) et sont enterrés sur place, les vaches souffrent de la chaleur, les animaux domestiques meurent aussi, des oiseaux s’écrasent au sol. Les incendies se multiplient. Les sirènes des pompiers et des ambulances traversent la torpeur des après-midi étouffants. La sécheresse menace, certaines récoltes sont déjà brûlées par le soleil (Serge Zaka agroclimatologue).
Valérie Masson-Delmotte, Jean Jouzel ou Christophe Cassou regrettent que les alertes formulées depuis des années par la communauté scientifique sur les conséquences du réchauffement climatique n’aient pas davantage été prises au sérieux.
Fustigeant l’apathie ou le déni du gouvernement, le chercheur invite l’exécutif à prendre la mesure de la durée très inquiétante de la vague de chaleur actuelle car les épisodes précoces «font plus de dégâts».
Des affirmations trompeuses sur la vague de chaleur record de mai en Europe reprennent les discours climatosceptiques, alertent des scientifiques.
Nous pensons tous connaître le rythme naturel des saisons, avec un été qui s’installe doucement au fil du mois de juin. Oubliez cette certitude. Une récente étude climatique canadienne révèle que la saison estivale ne se contente plus d’être plus chaude : elle dévore littéralement le reste de l’année. Ce dérèglement s’accélère aujourd’hui à un rythme que les scientifiques n’avaient pas anticipé. Ce bouleversement total de notre calendrier naturel menace de prendre nos écosystèmes et nos infrastructures totalement de court.
Grâce aux actions prises depuis 15 ans, la trajectoire d'un réchauffement catastrophique de 3,3 à 5,7 °C d'ici à 2100 est devenue improbable. Mais dans le même temps, le scénario le plus optimiste, dans lequel la Terre ne se réchaufferait que de 1,5 °C d'ici à la fin du siècle, est désormais irréalisable. Explications avec Wim Thiery, auteur du Giec et climatologue belge.





