Jean Jouzel

OA - Liste

« L’urgence est là, nous regardons ailleurs »

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alimentaire

2026

Sans intervention internationale rapide, la crise alimentaire causée par la guerre au Soudan risque de se transformer en une « tragédie encore plus grave », s’alarment plusieurs agences de l’ONU.
Palantir se lance dans l'agriculture et ça n'est pas une bonne nouvelle. L'omnipotente entreprise de l'ombre vient d'annoncer un contrat de 300 M$ avec l'USDA - le ministère de l'agriculture américain - pour : centraliser les données agricoles, "améliorer" les services et traiter la "sécurité alimentaire" comme un enjeu de sécurité nationale . Le projet repose sur l’intégration massive de données via une plateforme unique : “One Farmer, One File”.
Alors qu'un nouvel épisode El Niño s'apprête à accentuer le réchauffement en cours déjà important de notre Planète, nos systèmes agroalimentaires sont « au bord de la rupture » à cause des épisodes de chaleur extrême annonce la FAO, l’Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture. Et cela entraîne des conséquences en cascade sur le monde entier.
« Les empreintes de la chaleur extrême sur l’agriculture sont déjà visibles partout dans le monde » Un rapport de la FAO communique que l’augmentation de la température augmente, nuisant aux rendements agricoles. Ceux ci ont diminué : -7,5 % pour le maïs, -6 % pour le blé par degré supplémentaire. Et ces pertes pourraient encore s’aggraver, jusqu’à -10 % supplémentaires par degré dans les scénarios futurs.
Comme le disait le psychologue Paul Watzlawick, l’une des plus évidentes caractéristiques de la folie est l’obstination à faire « plus de la même chose qui ne fonctionne pas » . En voici une excellente illustration : en un bref article sur le site de France3 Aquitaine, nous lisons d’abord l’impasse dans laquelle l’agriculture industrielle se dirige, et ensuite nous constatons l’aveuglement de celles et ceux qui la dirigent et la représentent, qui refusent de comprendre ce qui se passe et qui, au lieu d’accepter un changement de modèle agricole (qui arrivera de toutes façons !), s’acharnent à le maintenir sous perfusion, quitte à ce qu’il soit encore plus déconnecté de la réalité physique et écologique, encore plus insoutenable, et encore plus destructeur.
Davantage d’épidémies, de précarité alimentaire et de fausses couches : dans leur dernier rapport consacré aux liens entre réchauffement climatique et santé humaine en Europe, les auteur·ices du Lancet Countdown documentent des tendances lourdes encore largement méconnues du grand public, et amplement délaissées par les politiques.
À quoi servent exactement les engrais phosphatés ? Peut-on s’en passer à l’heure où ces intrants agricoles apparaissent comme une source de pollution au cadmium ? Des recherches montrent que, depuis le siècle dernier, l’agriculture française a largement bénéficié de ces engrais issus d’importations. À moyen terme, en France, les stocks de phosphore accumulés dans les sols permettraient donc de s’en passer pour quelques décennies sans chute majeure de rendements. À long terme, cela nécessiterait, cependant, des changements importants de notre système agricole et alimentaire.
Allons-nous vers de graves crises alimentaires d’ici cet été ? C’est de plus en plus probables. Petit rappel : on estime que sans les engrais synthétiques, la production alimentaire mondiale chuterait drastiquement (de plus de 50% min). Or, environ 1/3 du commerce maritime mondial d’engrais transite par Ormuz, bloqué depuis un mois. Et ce n’est pas qu’un problème logistique.
La population humaine terrestre serait devenue trop importante et trop exigeante pour que la Terre puisse subvenir durablement à ses besoins, avertit une récente étude. Les niveaux de consommation actuelle des ressources dépasseraient largement les capacités de la planète et induisent une pression croissante sur la sécurité alimentaire et l’équilibre climatique. Les moyens d’atténuer cette pression seraient de ralentir la croissance démographique et de consommer de manière plus responsable.
Le Fonds monétaire international assure, ce jeudi 9 avril, que la guerre pourrait plonger 45 millions de personnes dans l’insécurité alimentaire, du fait de la hausse des prix de l’énergie et les ruptures d’approvisionnement.