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Acétamipride
2026
Après plusieurs années de répit obtenues de haute lutte, une molécule que l’on croyait durablement écartée des champs hexagonaux s’apprête à faire son grand retour. Ce revirement réglementaire, porté par une loi agricole qui ne date pas d’hier, ravive des tensions que l’on pensait apaisées. Entre impératifs économiques pour les agriculteurs et protection des pollinisateurs, le débat repart de plus belle, et les butineuses pourraient bien en faire les frais.
Grâce à la droite, à l'extrême droite et au bloc central, l'Assemblée nationale a adopté lundi la très décriée loi d'urgence agricole, ouvrant la voie à la réintroduction possible de pesticides interdits, la facilitation des projets de mégabassines ou d’élevages intensifs. La gauche et les associations environnementales dénoncent un texte de «régression».
Les députés et sénateurs réunis en commission mixte paritaire ce jeudi 16 juillet ont trouvé un accord sur la loi d’urgence agricole. Le texte doit encore repasser par les deux chambres la semaine prochaine.
Un rapport de l’association Agir pour l’environnement avec l’Union nationale de l’apiculture française, publié lundi 13 juillet, révèle une contamination très inférieure des miels français par ces insecticides interdits, que le Sénat veut réautoriser dans le projet de loi d’urgence agricole en discussion.
Le Sénat a voté dans la nuit de lundi à mardi en faveur de l'insertion, dans le projet de loi d'urgence agricole, d'une mesure permettant la réintroduction de pesticides interdits.
Les dérogations, décriées par la gauche et les associations de défense de l’environnement, cibleraient des filières en difficulté, comme la betterave, la pomme, la cerise et la noisette. Le gouvernement a fait part de ses inquiétudes face à cette mesure qui pourrait compromettre le sort du texte.
Ce jeudi, le sénateur (Les Républicains) de la Haute-Loire a déposé, avec deux de ses collègues, un amendement très attendu au sein du projet de loi d'urgence agricole. Le but : réintroduire plusieurs pesticides interdits en France dans certaines cultures (betterave, noisette…). Mais le gouvernement n'y est pas favorable.
Jeudi, des parlementaires du Rassemblement national, des Républicains et de Horizons ont refusé la publication d'un rapport sur ce pesticide. Rédigé par l’organe chargé d'éclairer les décisions politiques du Sénat et de l'Assemblée nationale, il était pourtant jugé sérieux et documenté par plusieurs scientifiques auditionné·es.
Le texte a été modifié par rapport à sa première mouture adoptée en juillet 2025, qui avait suscité l’indignation, avant que le Conseil constitutionnel censure l’article réintroduisant l’acétamipride, un pesticide de la famille des néonicotinoïdes.
Cadmium, PFAS, pesticides... Face à la pollution mortifère du monde, ces trois médecins rencontrés par Reporterre sortent de leur cabinet pour alerter sur les causes environnementales des maladies.
2025
À 33 ans, l’ingénieure agronome s’est imposée comme l’une des voix les plus critiques de la loi Duplomb. Sur Instagram, Élise Bordet rend la science accessible pour donner envie aux citoyens d’agir pour la protection du vivant.
Notre nourriture est contaminée par au moins 183 types de résidus de pesticides. Une pollution stable, mais dont l’effet cocktail – le mélange de ces produits – est peu documenté. Tous les aliments ne sont pas concernés au même niveau. On vous aide à y voir plus clair.
Générations Futures, qui était en première ligne dans l’opposition à la réintroduction de l’usage agricole de l’acétamipride en France, « appelle désormais à son interdiction totale au niveau européen, y compris en agriculture ».
Il existe une façon de convaincre pros et antis-loi Duplomb : interdire les importations de produits traités avec des pesticides interdits en France – notamment l'acétamipride. Une mesure juridiquement possible, mais complexe à mettre en œuvre.
Les données qui déterminent la mise sur le marché d'un pesticide proviennent en grande partie… des fabricants eux-mêmes. Une dépendance qui alimente la méfiance des associations
Les ventes d’acétamipride, ce pesticide de la famille des néonicotinoïdes, ont augmenté de plus de 600% en Belgique entre 2011 et 2022. En 2011, il s’en est vendu environ une tonne, contre quelque 6,6 tonnes en 2022. En 2023, le chiffre est toutefois retombé à 4,1 tonnes, selon les informations du service public fédéral Santé publique, Sécurité de la chaîne alimentaire et Environnement. Les données relatives à l’utilisation des produits phytopharmaceutiques en Wallonie pour les années 2024 et suivantes ne sont pas encore disponibles.
Près de 25.000 Belges ont apporté leur soutien à deux pétitions appelant à une agriculture sans pesticides dangereux, indiquent vendredi Ecolo et le collectif citoyen "Blanche-Neige", à l'initiative de ces deux appels à signatures lancés il y a une dizaine de jours.
Sur RMC ce vendredi, l’élu LR, désavoué par le Conseil constitutionnel, a évoqué la piste d’un nouveau texte prenant en compte les critères soulignés par les juges.
La loi Duplomb a été validée par le Conseil constitutionnel, qui n’a censuré que sa disposition la plus contestée, celle qui prévoyait de réautoriser des pesticides de la famille des néonicotinoïdes, dont l’acétamipride.
L’Elysée a fait savoir qu’Emmanuel Macron « a pris bonne note de la décision du Conseil constitutionnel » et « promulguera » le texte « tel [qu’il] résulte de cette décision », c’est-à-dire sans ce pesticide contenant des néonicotinoïdes.
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Ils publient sur les réseaux de Jean-Marc Jancovici : Adrien Couzinier, Cyrus Farhangi D’autres références : Adrien Couzinier, Cyrus Farhangi



