Marre des canicules ?

Vous en avez marre des canicules ? Voici une bonne nouvelle

Jean-François Fauconnier

Ancien chargé de mission pour Greenpeace et au Climate Action Network

Republication – paru dans La Libre Belgique

Canicules, incendies, inondations : le temps n’est pas au pessimisme, mais à la mobilisation générale face à l’urgence climatique.

Vous n’en pouvez plus des canicules à répétition ? Les feux de forêt qui touchent notamment la France et l’Espagne vous interpellent ? Vous avez encore en mémoire les dramatiques inondations qui ont endeuillé notre pays il y a tout juste cinq ans ?

Mauvaise nouvelle : ce n’est qu’un début ; un signe annonciateur de ce qui nous attend au cours de prochaines années et décennies ! Comme le prédisait, en 2004 déjà, un rapport écrit par l’UCL à la demande de Greenpeace (1), l’augmentation des températures, les canicules, les sécheresses et le risque d’inondations vont devenir notre lot quotidien, plutôt que l’exception. Un rapport plus récent de l’Institut des Actuaires britanniques (2) – pas à proprement parler des activistes environnementaux – prévoit de son côté quatre milliards (sic !) de morts d’ici 2050 en raison des dérèglements climatiques…

Quelques mesures phares

Mais trêve de constats et de mauvais augure ! Le temps n’est pas au pessimisme, mais à la mobilisation générale face à l’urgence climatique. La bonne nouvelle (et une raison d’espérer), c’est que si le changement climatique en cours est d’origine anthropique (lisez : humaine), cela signifie qu’il est la somme de tous nos actes. Par corollaire, la somme de tous nos actes peut aussi, si pas empêcher – il est trop tard – à tout le moins limiter au maximum les bouleversements.

Pour cela, il faut agir – ici et maintenant ! Plutôt que de faire l’autruche et se ruer sur les ventilateurs ou pousser l’air conditionné à fond, ce qui ne fait qu’augmenter les pics de consommation électrique et in fine… le changement climatique, de nombreuses actions permettent à tout un chacun de contribuer à limiter le réchauffement.

Parmi celles-ci, quelques mesures phares sont à épingler en raison de leur fort impact (positif) sur le climat :

  • ne plus prendre l’avion (un vol transatlantique aller-retour épuise à lui seul tout notre « budget carbone » annuel)
  • devenir végétarien ou, mieux, vegan (le régime alimentaire ayant le plus grand potentiel de réduction des émissions de gaz à effet de serre selon le GIEC), et manger bio, local et de saison
  • passer à l’électricité verte, locale et coopérative
  • isoler son logement et installer un système de chauffage économe, ou bâtir une maison passive (les panneaux solaires thermiques et photovoltaïques représentant alors la « cerise sur le gâteau »)
  • laisser sa voiture au garage et passer aux transports en commun, au vélo et à la marche (rouler en voiture électrique et favoriser le covoiturage ne sont pas suffisants)
  • retirer son épargne des banques classiques, peu regardantes sur les gigantesques impacts climatiques de leurs fonds d’investissement, et la placer dans une banque réellement éthique et/ou des coopératives renouvelables (https://www.rescoop-wallonie.be/.
Tout faire, et maintenant !

Attention : l’heure n’est plus aux « mesurettes » et nous n’avons plus le luxe de « piocher » dans la liste des actions précitées (et encore bien d’autres), ni de les mettre en œuvre dans un futur plus ou moins proche : il faut TOUT faire, et MAINTENANT !

Nous avons radicalement échoué à empêcher les changements climatiques. Il est temps de prendre des mesures radicales pour les limiter, autant que faire se peut. Pour assurer la survie de l’humanité, tout simplement…

Si les catastrophes en cours vous dépriment, si vous avez l’impression d’être impuissant et/ou que nos politiques sont à côté de la plaque, vous n’êtes pas seul ! Mais pour paraphraser Margaret Mead, la célèbre anthropologue américaine, « ne doutez jamais qu’un petit nombre de citoyens volontaires et réfléchis peut changer le monde ; en fait, cela se passe toujours ainsi ».

Il est (encore) temps de passer à l’action ! Ne serait-ce que pour ne pas avoir de regrets…


→ (1) Impacts des changements climatiques en Belgique, Philippe Marbaix et Jean-Pascal van Ypersele (sous la direction de), Greenpeace, Bruxelles, 2004, 44p. Disponible sur www.greenpeace.be

→ (2) https://actuaries.org.uk/media/ni4erlna/planetary-solvency.pdf .