Uniquement les Articles de la décennie 2010
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Serait-ce l’utopie du XXIe siècle? Celle qui manquerait à notre époque quelque peu morose qui voit resurgir de vieux démons. Celle qui se cherche un «nouveau monde», tout en peinant à en définir les contours. Les objections au revenu universel sont nombreuses. Et souvent d’ordre économique, pragmatique, mais aussi terriblement philosophique. Donner sans retour (apparent) sur investissement: une idée qui n’a pas le vent en poupe. Pourtant, lorsque les congés payés furent adoptés au siècle dernier, il s’agissait d’une utopie aussi puissante que celle que peut représenter pour certains le concept de revenu universel.
En Belgique, on parle généralement d’allocation universelle. Philippe Van Parijs, à qui revient la paternité de l’expression, explique qu’il a choisi cet intitulé pour marquer le parallèle avec « suffrage universel » : il s’agirait, dans les deux cas, d’un droit inconditionnel de citoyenneté, prenant ici la forme d’une allocation forfaitaire versée à l’ensemble de la population sans condition d’âge ou de revenu.
Il n'est pas possible de mener à bien un débat sur le revenu de base et les modèles concurrents sans clarifier les approches et repérer les différences structurantes.
L’idée d’un revenu de base inconditionnel, qui serait versé à chaque personne indépendamment de son activité professionnelle, anime les milieux académiques et politiques depuis plusieurs décennies. L’une des propositions les plus récentes, formulée par le Mouvement français pour un revenu de base, s’élève à hauteur du RSA (soit 465 euros par mois et par adulte pour 2015).
L’idée de l’helicopter money selon laquelle les banques centrales pourraient verser directement de l’argent aux citoyens fait son chemin et fait souvent l’objet de confusion avec l’idée du revenu de base. Quelles sont les convergences possibles entre deux concepts dont les justifications théoriques sont pourtant bien distinctes ?
Depuis plusieurs semaines, l’idée d’un Revenu de Base (RdB) revient régulièrement dans les débats publics. Il y a d’un côté ses partisans et de l’autre ses détracteurs. Et chacun-e y projette ses craintes ou ses espoirs, comme si chacun-e y projetait, en creux, des projets de société totalement différents.
Philippe Van Parijs, professeur à la Faculté des sciences économiques, sociales et politiques de l’Université catholique de Louvain, est à Zurich ce jeudi pour parler du revenu inconditionnel de base Les Suisses voteront le 5 juin sur une initiative populaire réclamant la création d’un revenu de base inconditionnel. L’idée? Attribuer à chaque citoyen, pauvre ou riche, une somme de base, sans contrepartie. Philippe Van Parijs, professeur ordinaire à la Faculté des sciences économiques, sociales et politiques de l’université de Louvain, observe le débat naissant en Suisse avec enthousiasme. Pour le philosophe qui a fondé le BIEN (Basic income earth network) dans les années 1980, le revenu de base est un vecteur d’émancipation. Il est de passage à Zurich ce jeudi pour croiser le fer avec un opposant à ce projet, l’économiste Reiner Eichenberger*.
L’ouvrage “Un projet de décroissance, manifeste pour une dotation inconditionnelle d’autonomie” prône l’instauration d’un revenu inconditionnel démonétarisé, versé majoritairement en droit de tirage sur les ressources et en monnaie locale plutôt qu’en euros. Interview de Vincent Liegey, l’un des quatre co-auteurs.
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