Jean-Marc Jancovici

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2026

Les inégalités socioéconomiques et la crise climatique sont deux des enjeux les plus pressants de notre époque. Exacerbées depuis les années 1980-1990, les inégalités de revenu sont désormais profondément ancrées. Au Canada, entre 1982 et 2019, le revenu médian réel (ajusté pour tenir compte de l’inflation) du 5 % et 0,05 % des individus mieux nantis a connu une croissance respective de 32 % et 87 %1. Durant la même période, les revenus de la moitié moins fortunée de la population ont stagné et ceux du quart de la population la plus pauvre a connu un recul de 21 %. En d’autres termes, les plus riches ont vu leurs revenus croître beaucoup plus rapidement que ceux du reste de la population, laissant la majorité des ménages aux prises avec des revenus stagnants ou en diminution.
Une récente analyse révèle que les coûts économiques futurs liés aux émissions cumulées de CO2 d’origine anthropique pourraient être jusqu’à dix fois supérieurs à ceux engendrés aujourd’hui par ces émissions. En particulier, les émissions des États-Unis, longtemps premiers émetteurs, ont causé 10 000 milliards de dollars de coûts économiques à l’échelle mondiale depuis 1990 et pourraient en engendrer jusqu’à dix fois plus au cours des prochaines décennies, selon les estimations.
Un an s’est écoulé depuis que Donald Trump a prêté serment pour son second mandat. Sa campagne de 2024 s’était construite sur la promesse du « retour de l’abondance ». L’un des engagements était de diviser par deux les factures énergétiques des Américains en douze à dix-huit mois, en « libérant » les hydrocarbures des réglementations de l’administration Biden. Un an après, le bilan d’étape de cette politique énergétique révèle un contraste saisissant entre promesses et réalités. L’exploitation massive des énergies fossiles a effectivement battu des records, faisant des États-Unis le premier producteur et exportateur mondial de pétrole et de gaz. Mais cette « domination énergétique » se construit aux dépens des ménages et des entreprises américaines, qui font face à des coûts en nette hausse, à rebours des espoirs suscités. Analyse d’un piège économique qui se referme sur la base électorale du président républicain et résonne mal avec les promesses de l’America First.
Les lois de puissance s’appliquent aussi aux catastrophes climatiques. L’économie classique du climat et les modèles utilisés sont inadaptés. Les approches robustes permettent de combiner prudence pour éviter la catastrophe, et raisonnement économique.
Le "culte du climat" a fragilisé l'économie européenne, a dit mardi le secrétaire américain à l'Energie Chris Wright dans un entretien avec l'AFP, qualifiant de "fermeté affectueuse" la manière dont les Etats-Unis voient la relation avec l'Europe, décrite comme "un allié solide". "L'expérience menée ces 17 dernières années, que l'on peut à juste titre qualifier de culte du climat, n'a fait qu'augmenter le prix de l'énergie. L'Europe dans son ensemble produit aujourd'hui moins d'énergie qu'il y a 17 ans, et les prix ont considérablement augmenté", a lancé M. Wright, après avoir participé à une conférence au siège de l'Institut français des relations internationales (IFRI) à Paris.
Des modèles économiques défaillants pourraient faire s’effondrer l’économie mondiale à cause de la crise climatique, préviennent des experts. Les États et les institutions financières utilisent des modèles qui ignorent les chocs liés aux événements météorologiques extrêmes et aux points de bascule climatiques.
States and financial bodies using modelling that ignores shocks from extreme weather and climate tipping points
Et si on avait sous-estimé les impacts à venir des changements climatiques? Cette sous-estimation ne serait pas banale pour l’économie: 25 000 milliards de dollars de pertes économiques par année vers 2050, de quoi se traduire par une solide décroissance économique.

2025

Contrairement aux idées reçues, ce n’est pas grâce aux véhicules électriques, mais par le développement des trains à grande vitesse que les Chinois ont réussi à limiter leur consommation de pétrole, constate dans sa chronique au « Monde » Jean-Baptiste Fressoz.
Souvent présenté comme un levier indispensable pour décarboner nos économies, le numérique est loin d’être une solution miracle. Derrière ses promesses techniques et économiques se cachent des coûts environnementaux et humains croissants. La planète ne bénéficiera pas nécessairement d’une numérisation massive qui risque, au contraire, d’aggraver notre dépendance en termes de et d’énergie.
Une équipe de chercheurs affirme qu’une action climatique ambitieuse permettrait de prévenir 207 000 décès prématurés dus à la mauvaise qualité de l’air dans le monde et d’économiser environ 2 % du PIB mondial d’ici 2030.
L’électrification1 de notre énergie est cruciale pour décarboner notre économie et lutter contre le réchauffement climatique, à condition que l’électricité soit produite par des sources bas-carbone, ce qui est le cas en France. Elle est également essentielle pour réduire notre dépendance aux producteurs d’énergie fossile. Elle peut s’appuyer sur un mix de sources décarbonées (le nucléaire et les énergies renouvelables) présentant des avantages et inconvénients, et n’ayant pas les mêmes coûts. Les citoyens, les consommateurs professionnels et particuliers sont prêts à cette mutation, mais pas à n’importe quel prix.
Depuis des années, Jean-Marc Jancovici se consacre à l'étude du changement climatique et aux manières de décarboner l'économie. Son sens de la formule lui vaut d'être l'une des figures les plus populaires dans son domaine. De passage en Suisse, il explique vouloir s'adresser avant tout à la société civile.
The global economy could face a 50% loss in GDP between 2070 and 2090, unless immediate policy action on risks posed by the climate crisis is taken. Populations are already impacted by food system shocks, water insecurity, heat stress and infectious diseases. If unchecked, mass mortality, mass displacement, severe economic contraction and conflict become more likely.
Alors que les étés caniculaires deviennent de plus en plus fréquents, des experts ont mesuré l'impact des vagues de chaleurs sur l'économie. Les canicules pourraient entraîner une forte baisse de productivité et coûter 0,5 point de PIB à l'Europe, estiment-ils.
Réacteurs nucléaires à l’arrêt, chantiers ralentis, salariés exténués… Les épisodes de chaleur intense frappent directement le monde du travail. Une journée avec des températures supérieures à 32 °C est l’équivalent d’une demi-journée de grève.
Les banques centrales ont modélisé l’impact économique d’un scénario météorologique catastrophe. En Europe, l’effet serait similaire à celui de la grande crise financière de 2008.
Energies, Economie, Pétrole et Peak Oil: Revue Mondiale Juin 2025
Economic assumptions about risks of the climate crisis are no longer relevant, says the communications expert Genevieve Guenther

Ils publient sur les réseaux de Jean-Marc Jancovici : Adrien Couzinier, Cyrus Farhangi D’autres références : Adrien Couzinier, Cyrus Farhangi