Jean-Pascal Van Ypersele

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Carbone

2026

Alors que la neutralité carbone constitue l’un des principaux objectifs climatiques mondiaux, de nouvelles simulations suggèrent que la baisse des niveaux de CO₂ atmosphérique pourrait faire passer l’océan Austral du statut de puits de carbone à celui de source de CO₂. Cette évolution, qui intervient dans les simulations malgré la baisse du CO₂ atmosphérique,pourrait prolonger le réchauffement climatique pendant des siècles malgré les efforts de captage de CO₂.
Un État ou une entreprise peuvent-ils influencer le GIEC ? En théorie, c’est impossible, et pourtant. 11 chercheurs liés à l’Arabie saoudite figurent parmi les auteurs du prochain rapport de l’institution internationale, chargée de faire état des connaissances scientifiques sur le réchauffement climatique. Une enquête menée par l’Humanité, en partenariat avec le Guardian et quatre autres médias européens, révèle ces cas de conflits d’intérêts au sein de l’un des trois groupes de travail du GIEC.
Les forêts et les sols belges absorbent de moins en moins de CO2. Une étude réalisée pour le SPF Santé publique estime que la Belgique devra donc revoir en profondeur l'usage de ses terres pour tenir son objectif climatique.
Nos forêts, prairies et zones humides absorbent nettement moins de CO2 qu’en 1990. Dans une étude commandée par l’administration fédérale de l’environnement, des scientifiques appellent à renforcer les puits de carbone : plus de forêts, de tourbières et de prairies, moins d’élevage et de béton.
Celui qu’on surnomme “le grand prêtre du climat” découvre un peu par hasard les gaz à effet de serre lors d’une mission professionnelle, dans les années 90. D’abord par curiosité intellectuelle plutôt que par conviction, il se met à étudier les liens entre énergie, économie et climat. Au fur et à mesure des projets qu’il mène, sa conviction quitte peu à peu les bureaux d’ingénieurs pour entrer dans le débat public. Certains voient en lui un génie, d’autres un gourou. Jean-Marc Jancovici essaie surtout de réduire le fossé immense qui se creuse entre l’ampleur du problème et sa prise en compte dans la société. Mais derrière l’expert du climat se cache un homme qui doute : comment faire changer les mentalités en laissant chacun libre de rejoindre le combat ou de s’en détourner ?
Une bouteille d’eau en plastique recyclée, affichant un bilan carbone bas, passe pour un choix écologiquement raisonnable par rapport à son homologue en verre. Pourtant, cette même bouteille plastique figure parmi les objets qui libèrent le plus de particules de plastique dans l’environnement. Et plus des trois quarts de cette pollution surviendra lorsque nous n’utiliserons plus ces objets – dans des décennies, voire des siècles. Ce paradoxe révèle un angle mort de nos décisions environnementales. Aujourd’hui, la pollution plastique s’évalue presque toujours sous le prisme du bilan carbone et des analyses de cycle de vie (ACV).
Le service européen Copernicus fait état de plus de 1,5 million de tonnes relâchées, un chiffre jamais enregistré depuis 2003. Un défi, alors que la France doit accélérer la baisse de ses émissions de gaz à effet de serre et que le puits de carbone forestier diminue.
La consommation mondiale des data centers devrait doubler d’ici 2030 à près de 1 000 TWh, selon le cabinet conseil en énergie Omnegy. Leur rapport publié en juillet alerte sur le risque d’une «refossilisation» mais estime que la France peut miser sur son nucléaire décarboné.
Réduire son empreinte carbone sans se perdre dans une comptabilité infinie, c’est possible : il suffit de savoir où porter son attention.
C’est une réalité révélée par les sécheresses récentes : les forêts peuvent émettre plus de CO2 qu’elles n’en capturent. Cet état de fait est alarmant quand on sait que les sécheresses sont de plus en plus fréquentes et que les forêts jouent un rôle clé dans les politiques d’atténuation du changement climatique. Même si la quantification du CO2 capté par les forêts mondiales reste un exercice difficile, on estime qu’elles captent environ un quart du CO2 émis par les activités humaines.