Uniquement les Articles de la décennie 2020
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Pendant trois décennies, depuis la chute du mur de Berlin, l’Europe avait vécu dans l’illusion d’une paix perpétuelle. Nous croyions que la norme fonderait désormais la puissance, que le droit dominerait sur les relations entre les États et que l’interdépendance commerciale nous protégerait de la guerre. Cette illusion a heurté la réalité. La fissure, qui s’était déjà creusée discrètement, s’est brutalement révélée depuis 2019. Une pandémie mondiale a paralysé les économies et exposé la vulnérabilité des chaînes d’approvisionnement. La guerre en Ukraine a éclaté, puis celle au Moyen-Orient. Avec les chocs énergétiques, les mots « pénurie », « rareté » ou « inflation » sont de nouveau présents dans le discours public et dans le quotidien de chacun. Il s’agit aujourd’hui de reconnaître que nos ressources ne sont jamais neutres. Elles peuvent stabiliser ou fragiliser le pays, créer de la prospérité ou servir d’arme de déstabilisation.
450 experts en géopolitique viennent de livrer leur vision du monde en 2036 — et le tableau n’est pas franchement réjouissant. Guerre entre grandes puissances, prolifération nucléaire, IA prenant des décisions mortelles sans supervision humaine : voici ce qu’en pensent ceux qui sont censés voir plus loin que nous.
La réalité du changement climatique et de ses conséquences sur les écosystèmes et les sociétés humaines est solidement établie. Bien que l’Europe figure parmi les acteurs les plus engagés dans la lutte climatique, elle peine encore à intégrer que ce bouleversement reconfigure déjà les relations internationales et débride les méthodes et moyens mis en œuvre pour accaparer les ressources critiques.
Les bases d’une gouvernance mondiale pour les minerais critiques, essentiels à la transition énergétique, se heurtent à une course stratégique entre grandes puissances et pays producteurs, où la sécurisation des chaînes d’approvisionnement prime sur l’écologie, la justice sociale et les droits des communautés locales.
. Alors que l’humanité est confrontée à une triple crise planétaire – changement climatique, perte de biodiversité et pollution -, l’intégration et la mise en œuvre effective des grands principes, droits et devoirs juridiques dans nos systèmes juridiques, avec une valeur contraignante, est devenue impérative. Cette consécration doit d’abord se faire à l’échelle mondiale. La coopération internationale est évidemment essentielle compte tenu de la nature des questions climatiques et environnementales, qui sont communes à toutes les nations et qui, par suite, dépassent les frontières nationales. Tel était le but poursuivi par le projet de Pacte mondial pour l’environnement, porté par la France à la suite d’une initiative de la société civile.....
As climate and geopolitics shocks bite, countries are rebuilding food buffers. The UK clings to neoliberal ideas while households pay the price
Dans les Balkans, un projet de pipelines de gaz est en cours. L’objectif ? Permettre à la Bosnie-Herzégovine de ne plus être dépendante de la Russie pour son gaz. Un projet soutenu par l’Union Européenne et les États-Unis. Une société américaine, très jeune et très proche de Trump, pourrait rafler la mise. Le projet est évalué à plus de 100 millions de dollars. Une récente enquête du journal britannique The Guardian y voit une nouvelle tentative de Trump de mêler business et géopolitique.
Or, argent, cuivre et platine ont pulvérisé des records en 2025. Indispensables à l’essor de l’économie électrique et à la défense, les métaux industriels intéressent de plus en plus les investisseurs. A l’instar des métaux précieux, portés par les déséquilibres économiques et les rivalités géopolitiques.
La production de masse de puces incarne un hypercapitalisme extrêmement gourmand en investissements, en recherche et développement et en énergie, dans lequel l’Europe n’a pas encore trouvé les moyens de rivaliser.
Le président Donald Trump a accueilli le dirigeant saoudien avec tous les égards, et lui a offert du même coup une spectaculaire réhabilitation diplomatique.
Entre promesses ajournées et coalitions aux intérêts divergents, les COP se suivent et démultiplient les arènes de négociation sans nécessairement réussir à accélérer l’action climatique. À l’aube de la COP30, organisée au Brésil, l’enjeu est de taille : sortir de la procrastination climatique. Les organisations de la société civile jouent un rôle crucial et bousculent de plus en plus les arènes onusiennes.
Coercition, pressions douanières et militaires, chantage… Pour Washington, les priorités sont le tarissement des flux migratoires et la guerre contre les cartels de la drogue, classés organisations terroristes. En consolidant leur domination tout en restant fidèle au slogan « America First », les Etats-Unis cherchent aussi à réduire l’influence de la Chine.
En septembre 2025, la Chine a organisé une grand-messe de l’Organisation de coopération de Shanghai et un immense défilé à l’occasion des 80 ans de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Ce fut l’occasion pour elle d’afficher sa volonté de réformer la gouvernance mondiale et de se poser en leader du « Sud global ». Dans le même temps, comme l’a démontré la dernière Assemblée générale de l’ONU, la République populaire cherche à s’imposer toujours davantage au sein des Nations unies, tout en rapprochant les institutions onusiennes des plateformes multilatérales qu’elle contrôle.
Cette interrogation peut sembler invraisemblable et incongrue alors que les pays européens et les États-Unis sont unis dans l’OTAN, et que ce dernier pays nous a libérés, par deux fois, de l’invasion allemande. […] Et pourtant.
De violents affrontements à la frontière, le week-end dernier, pourraient présager de combats plus intenses dans les mois à venir. Le Pakistan craint d'être pris en étau alors que les relations entre son frère ennemi, l'Inde, et l'Afghanistan se réchauffent.
Le Future Risks Report explore les risques auxquels nous pourrions être confrontés à l'avenir. Ce rapport s’appuie sur les conclusions d’une enquête annuelle menée auprès de 3 600 experts issus de 57 pays et 23 000 personnes représentatives de la population dans 18 pays, les invitant à classer les 10 principaux risques du futur, en fonction de leur impact potentiel sur la société pour les cinq à dix prochaines années.
L’agence des Nations-Unies pour le commerce et le développement a récemment publié son rapport annuel sur le transport maritime(1). C’est l’une des analyses les plus complètes sur l’évolution de cette activité. Depuis novembre 2023, le transport maritime a été fortement affecté par les tensions géopolitiques en mer Rouge. Avec des implications importantes sur les émissions de CO2.
L’accord de défense mutuelle stratégique signé le 17 septembre entre Riyad et Islamabad, qui détient l’arme nucléaire, répond à la préoccupation des Saoudiens quant à la fiabilité des garanties de sécurité américaines face à l’émergence d’Israël comme puissance hégémonique régionale.
Les deux pays ont signé récemment un accord inattendu de défense mutuelle, quelques jours après une frappe israélienne contre des dirigeants du Hamas au Qatar voisin, qui a provoqué une onde de choc dans les monarchies du Golfe.
Pyongyang se dit prêt à « coexister pacifiquement » avec Washington si son programme nucléaire est reconnu. M. Kim a, en revanche, exclu toute reprise dг dialogue avec la Corée du Sud.
En 2013, à son arrivée au pouvoir, le nouveau Président chinois Xi Jinping voulut prendre de vitesse la politique de « pivot vers l’Asie » lancée par Barack Obama en profitant du marasme économique dans lequel était plongé l’Occident depuis la crise de 2008. Reprenant à son compte une partie des idées de l’académicien Wang Jisi (stratégie de « élan vers l’Ouest » 西进 1 ) et des stratèges du Ministère des affaires étrangères, le Président chinois a construit un projet à l’objectif triple : raffermir les liens entre Pékin et ses voisins immédiats afin de pacifier les frontières et de repousser hors d’Asie l’influence américaine ; donner des débouchés aux entreprises chinoises devenues surcapacitaires du fait du ralentissement économique (le marché intérieur ne parvient plus à absorber toute la production chinoise) ; sécuriser les nombreuses routes stratégiques depuis et vers la Chine tout en rééquilibrant le développement du pays. L’idée des Nouvelles routes de la Soie était née.
Le positionnement de sous-marins nucléaires Ohio par Trump vise à rappeler aux Russes la capacité de ces lanceurs de missiles les plus furtifs au monde.
L’Arctique semble devenir le nouveau terrain de jeu des grandes puissances, entre réarmement, ouverture de routes commerciales et perspectives d’exploitation des ressources.
Le président américain a des ambitions démesurées en matière d’exportation d’hydrocarbures forés sur le sol des Etats-Unis. Et il en fait un levier puissant dans ses négociations commerciales ou géopolitiques avec le reste du monde.
L’accord politique conclu dimanche entre Donald Trump et Ursula von der Leyen, doit encore être précisé par des négociations techniques. Mais l’essentiel est connu : l’Europe n’obtient rien et fait moins bien que le Royaume-Uni, ce qui souligne la faiblesse politique de ce géant commercial.
Dans le cadre de l'accord sur les droits de douane obtenu ce dimanche, l’Union européenne et les États-Unis ont annoncé un accord de principe pour l’achat de 750 milliards de dollars d’énergie américaine sur les trois prochaines années. Derrière cette annonce spectaculaire se dessine un projet stratégique de réorientation énergétique, destiné à réduire la dépendance à la Russie. Mais cet accord est encore très flou, comme le fait remarquer l’économiste Sophie Meritet, spécialiste de l’énergie.
L’idée de créer un régime unique du 28e État européen n’est pas nouvelle. Elle naît du besoin de dépasser la diversité des régimes nationaux et de renforcer l’Union des marchés de capitaux. Si plusieurs initiatives ont déjà été lancées — du projet de code civil européen à la création de la forme juridique de la Société européenne (SE) — c’est surtout ces dernières années, grâce aux rapports d’Enrico Letta et de Mario Draghi, que la question a repris de l’ampleur.
C’est l’histoire d’une guerre qui défie le temps, les traités… et les marchés. Alors que le conflit russo-ukrainien s’enlise et que les perspectives de négociations paraissent de plus en plus incertaines, les experts de JPMorgan Chase, première holding bancaire américaine, dressent une cartographie des issues possibles. Derrière les scénarios dits géorgien, sud-coréen, israélien ou biélorusse, une même ligne de fracture : entre concessions politiques et garanties de sécurité, quelle paix peut encore émerger d’un champ de ruines ? À la clef, pour les marchés et les investisseurs, un enjeu stratégique majeur : évaluer les risques systémiques d’une guerre qui redessine l’ordre mondial et ses équilibres économiques.
La chercheuse en géopolitique Christine Dugoin-Clément, en revenant sur les actions non revendiquées, cyberattaques et autres campagnes de désinformation lancées par le régime de Vladimir Poutine depuis 2007, celui-ci a sapé avec efficacité l’ordre international.
Dans l'océan Indien, les États-Unis disposent d'une base militaire isolée de tout mais stratégique pour l'armée américaine : Diego Garcia. Située dans l'archipel de Chagos, elle s'apprête à changer de souveraineté alors que l'Iran menace de la bombarder. Un autre territoire que Donald Trump pourrait envisager d'annexer ?
Alors que le gouvernement de Joe Biden aidait presque secrètement les troupes de Volodymyr Zelensky, avec un partenariat secret de coopération mené sur le terrain pour s'échanger des informations sur la stratégie de l'ennemi russe, il se murmure du côté du Pentagone qu'on ne tiendrait plus le même son de cloche depuis que Donald Trump a posé ses valises à la Maison Blanche. En effet, comme l'informe le Washington Post, qui a mis la main sur un document intitulé "Orientations stratégiques provisoires pour la défense nationale", les Etats-Unis n'aideraient pas, ou du moins très peu, l'Europe en cas d'attaque russe.
Caracas a annoncé dimanche soir que les États-Unis ont révoqué les licences "des entreprises transnationales de pétrole et gaz" qui avaient obtenu le droit d'opérer dans le pays malgré les sanctions et l'embargo pétrolier destinés à évincer le président Nicolas Maduro du pouvoir. Loin d'être une surprise, cette mesure de Donald Trump confirme que le nouveau président américain cherche à asphyxier économiquement le Venezuela et faire tomber M. Maduro.
« Nous allons obtenir le Groenland. Oui, à 100 % ! », a encore répété Donald Trump dimanche, dans une interview accordée à NBC News.
L’avènement du néolibéralisme est souvent associé à l’élection de Margaret Thatcher au Royaume-Uni en 1979 et de Ronald Reagan aux États-Unis l’année suivante. En réalité, cette rationalité politique s’est lentement glissée au sein des politiques économiques à partir de la fin de la Seconde Guerre mondiale, à la faveur d’une lente intégration de l’Europe de l’Ouest et des États-Unis. Retour sur la lente et discrète ascension des idées néolibérales qui visaient initialement à fonder la paix mondiale sur l’intégration marchande des nations, à l’heure où la déception générée par leurs promesses non tenues se manifeste en de nombreux lieux de la planète.
À Delhi, Moscou et Pékin et dans bien d'autres capitales de pays autocratiques, on sabre le champagne en voyant le président Trump à l'œuvre depuis quelques semaines. Enfin un monde débarrassé de l'hégémonie américaine. L'arrivée de D. Trump à la Maison Blanche conforte l'idée selon laquelle la structure internationale évolue vers un monde multipolaire. Pourtant, ce monde multipolaire qui se profile est loin d'être celui naïvement rêvé par les Européens. En effet, contrairement à notre croyance, multipolarité n'est pas synonyme de multilatéralisme.
Si Pékin est officiellement resté silencieux, samedi 1er mars, la presse liée au régime s’est gargarisée de la position inconfortable des alliés de Washington, coupable de s’en être remis à la première puissance mondiale pour leur sécurité.
À Munich, l’Europe a vécu une accélération de l'Histoire. Le discours violent du vice-président américain JD Vance contre les institutions européennes a offert un moment de vérité. L’idée européenne est attaquée de toute part par la Russie ou la Chine, mais désormais aussi explicitement par les États-Unis.
À Munich, cet après-midi, le vice-président des États-Unis n’a pas vraiment parlé de sécurité — et n’a évoqué l’Ukraine, Poutine ou la Russie qu’en passant. […] Persuadé que « la principale menace [pour l’Europe vienne] de l’intérieur », ciblant les élites politiques et souhaitant faire sauter les cordons sanitaires érigés contre l’extrême droite en Allemagne, J. D. Vance a articulé pour la première fois la vision maximaliste de la Maison-Blanche de Donald Trump pour le continent : un changement de régime.
Le 7 février, le président américain a signé un décret suspendant toutes les aides américaines à destination de l’Afrique du Sud. Il offre également à la communauté blanche afrikaner, qui serait victime de “discrimination raciale injuste”, le statut de réfugié. Une annonce qui a semé le malaise jusque chez les principaux intéressés.
La nouvelle administration américaine multiplie les critiques contre son allié historique européen et affirme sa volonté de redessiner les équilibres géopolitiques. Dans son dernier numéro, l’hebdomadaire italien “L’Espresso” passe en revue les conséquences de ce “tournant profond” dans la relation transatlantique.
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