Jean Jouzel

OA - Liste

« L’urgence est là, nous regardons ailleurs »

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2026

Trente-six parcelles reboisées, passées au crible des satellites. Une seule verdit davantage que le sol laissé à l’abandon juste à côté. Le reste ? Une mosaïque de plantations moribondes, d’acacias fauchés par la première sécheresse venue et de clôtures percées par le bétail. C’est le constat que dressent deux chercheurs, Annah Lake Zhu et Amadou Ndiaye, dans une étude publiée en juin 2025 dans la revue scientifique Land Use Policy, consacrée à la section sénégalaise de la Grande Muraille verte du Sahel, lancée en 2007 pour faire reculer le désert de Dakar à Djibouti.
Il y a un ennemi que l’on ne voit jamais venir. Il ne fait pas de bruit, ne provoque ni sirènes ni évacuations, mais il travaille méthodiquement, saison après saison, jusqu’à laisser sur les façades une signature reconnaissable entre toutes : une fissure qui grimpe en escalier le long des briques. En cet été particulièrement sec, ce phénomène discret est en train de devenir l’un des plus coûteux du pays. Il s’appelle le retrait-gonflement des argiles, ou RGA, et il concerne désormais bien plus de monde qu’on ne l’imagine.
Une équipe internationale composée de dix chercheurs vient de publier une proposition qui secoue les certitudes : ramener la population mondiale d’environ huit milliards à quatre milliards d’habitants d’ici l’an 2200. L’idée peut faire sursauter, tant nous avons intégré l’expansion démographique comme une donnée aussi inévitable que le lever du soleil. Pourtant, ces scientifiques renversent la perspective : et si moins d’humains, loin d’être une catastrophe, offrait au contraire une vie meilleure à chacun ? Leur travail, publié dans la revue Sustainable Development chez l’éditeur Wiley, prend soin de désamorcer d’emblée les malentendus. Pas de programmes forcés, pas de dérives inquiétantes : leur pari repose sur des leviers étonnamment doux. Voici pourquoi cette thèse dérange autant qu’elle fascine.
Un rempart végétal forgé par des siècles d’évolution. Son nom savant sonne comme une formule oubliée : Quercus suber, plus connu sous l’appellation de chêne-liège. Cet arbre emblématique du bassin méditerranéen pousse tranquillement en Andalousie, en Estrémadure, en Catalogne et jusque dans les vastes montados portugais, ces paysages agrosylvopastoraux typiques du sud du pays.
La France transpire, et ce n’est pas près de s’arrêter. Depuis le début de la saison estivale, le pays enchaîne les épisodes de chaleur avec une régularité presque déroutante. Quatre canicules ont déjà été encaissées, et voilà qu’une cinquième s’invite déjà à l’horizon. Ce jeudi 30 juillet, Météo-France a fait basculer de nombreux départements en vigilance orange, tandis que le mercure s’apprête à franchir régulièrement la barre des 30 °C durant tout le mois d’août. Un pic est même redouté pour le 3. À ce rythme, l’été 2026 s’inscrit déjà comme l’un des plus étouffants jamais mesurés dans l’Hexagone, au point de venir titiller de vieux records que l’on croyait solidement établis.
Rising temperatures are set to drive up emissions from wildfires, fermenting wetlands, and melting permafrost, but these feedback loops are poorly captured in climate models. Scientists are racing to make sense of these emissions to gauge how much warming may lie ahead.
Un tunnel censé rester scellé par le gel pendant des siècles s’est retrouvé inondé au bout de neuf ans à peine. En octobre 2016, l’année la plus chaude jamais enregistrée sur la planète, le permafrost qui entoure la chambre forte de Svalbard a commencé à fondre, laissant l’eau s’infiltrer dans le tunnel d’accès censé protéger près d’un million de paquets de graines destinés à offrir une mesure de sécurité alimentaire pour le monde. La Norvège a fini par débloquer 100 millions de couronnes, soit environ 10 millions d’euros, pour reconstruire l’ouvrage.
Si la fréquence des incendies de forêt a globalement diminué dans le sud de l’Europe depuis les années 1980, les conditions météorologiques qui les favorisent ont, elles, augmenté, selon une étude. La hausse du nombre de journées estivales trop chaudes et trop sèches propices aux incendies a notamment augmenté significativement, même si les efforts de gestion des feux se sont nettement améliorés. Ces résultats soulignent le besoin de nouvelles stratégies d’adaptation à mesure que le climat se réchauffe.
Les polluants éternels que nous répandons nous-mêmes sur nos champs Pour comprendre l’ampleur du problème, il faut remonter à un geste qui partait pourtant d’une bonne intention. Chaque année, des millions de tonnes de biosolides — ces boues issues du traitement des eaux usées municipales — sont épandues sur les sols comme engrais, souvent présentées comme une alternative naturelle aux produits pétrochimiques. Le hic, c’est qu’une grande partie de ces boues est contaminée par les PFAS. En croyant nourrir la terre, on l’a donc en réalité intoxiquée pendant des années.
Un anneau d’acier et de câbles supraconducteurs vient d’être testé avec succès à Hefei, dans l’est de la Chine, et il porte à lui seul les espoirs d’un pan entier de la recherche sur la fusion nucléaire. L’Institut de physique des plasmas de l’Académie chinoise des sciences a achevé fin juin les essais complets d’un aimant toroïdal de 582 tonnes, une structure en forme de D mesurant 21 mètres de long, 12 mètres de large, avec 1,3 fois le volume et trois fois l’énergie stockée des aimants comparables du réacteur thermonucléaire expérimental international installé à Cadarache. Sa destination : le cœur du tokamak BEST, le Burning Plasma Experimental Superconducting Tokamak, dont l’achèvement est prévu fin 2027.
Le biologiste, professeur au Muséum national d’histoire naturelle et membre de l’Académie d’agriculture de France, alerte sur les conséquences du projet de loi d’urgence agricole, qui ne répond ni aux difficultés économiques des agriculteurs ni au chaos climatique.
Un lac de plus de 280 kilomètres carrés a disparu en une décennie et demie, laissant derrière lui l’un des pires cauchemars de pollution de l’air aux États-Unis. Depuis 1913, le lac Owens, en Californie, est vidé de son eau au profit de Los Angeles. Résultat : son lit asséché envoie dans l’atmosphère des tonnes de poussière toxique chaque année, et pour contenir le désastre, l’État est contraint d’arroser en permanence son fond, sans jamais pouvoir arrêter l’opération.
Quand un feu se déclare dans une pinède du Sud-Ouest, tout se joue dans les premières minutes. Passé ce délai, les flammes échappent au contrôle et il faut déployer l’artillerie lourde : des Canadair, des bombardiers d’eau, des centaines de pompiers. Un ballet impressionnant, mais coûteux et lent. Or, cet été 2026, alors que plus de 44 000 hectares sont déjà partis en fumée en France, une idée fait son chemin dans les hangars des start-up françaises. Et si, au lieu d’un seul avion géant, on misait sur une nuée de drones capables de larguer chacun 1 200 litres d’eau ?
Trois semaines de loyer remboursé, sans qu’aucun mur n’ait brûlé. Voilà l’équation improbable que les assureurs français viennent d’accepter, à la demande du gouvernement, pour les 220 000 personnes chassées de chez elles par les incendies de Gironde, des Landes et du Var. Cette mesure exceptionnelle, négociée avec la fédération professionnelle France assureurs, s’appliquera pour une durée allant jusqu’à trois semaines, que les logements aient été endommagés ou non. Une annonce faite lundi 27 juillet par le ministre de l’Économie Roland Lescure, et qui bouscule un principe que tout propriétaire ou locataire assuré croyait immuable.
L’eucalyptus était censé être une solution. En stabilisant des sols fatigués et en nourrissant une industrie du papier prometteuse, il devait sécuriser l’avenir économique d’une nation entière. Pourtant, plus d’un demi-siècle plus tard, ce même arbre est devenu l’un des grands responsables des brasiers qui ravagent régulièrement le Portugal. En cet été particulièrement tendu, alors que la péninsule Ibérique affronte de nouveau la saison la plus critique de l’année, le pays traverse sa pire crise d’incendies depuis 2017. Comprendre comment une plantation bien intentionnée a fini par redessiner la trajectoire même des flammes, c’est plonger dans une histoire où l’écologie, l’économie et la politique se sont mêlées de manière imprévisible.
Et si la fameuse compensation carbone, celle que l’on nous vend comme une baguette magique pour effacer nos émissions, n’était en réalité qu’un pari perdu d’avance ?
Prévoir ses vacances, planifier une récolte ou anticiper une facture d’énergie : et si tout cela dépendait un peu de ce qui se trame au beau milieu du Pacifique ? À première vue, ce vaste océan tropical semble bien loin de nos préoccupations quotidiennes. Pourtant, lorsqu’il change d’humeur, c’est le climat de la planète entière qui vacille. C’est précisément ce qui se profile pour un avenir plus proche qu’on ne le pense. Les outils de prévision saisonnière les plus sophistiqués commencent en effet à converger vers un même scénario, encore lointain mais suffisamment robuste pour intriguer la communauté des climatologues. Le grand retour d’un phénomène familier se dessine à l’horizon, et il pourrait bien rebattre les cartes météorologiques bien au-delà des rivages tropicaux.
Les flammes reculent, l’inquiétude non. Dans les Landes de Gascogne et en Gironde, où 40 000 hectares de forêt sont partis en fumée cet été, les fournisseurs d’eau potable savent que le vrai risque commence quand les pompiers rangent leurs tuyaux. Sous ce massif de pins maritimes repose l’une des plus grandes réserves d’eau douce du pays, et c’est justement cette proximité entre le sol brûlé et la nappe qui inquiète les techniciens chargés de la surveiller.
Attention, ce qui suit pourrait bien changer votre façon de regarder le bulletin météo. Car derrière une pluie battante à Lima, une sécheresse en Australie ou un hiver particulièrement doux en Europe, se cache parfois un seul et même coupable, tapi au beau milieu de l’océan Pacifique. Son nom sonne presque comme une berceuse : El Niño. Pourtant, ce phénomène n’a rien d’anodin.
Un incendie peut-il fabriquer sa propre météo, ses propres vents et même ses propres éclairs ? Cet été, en pleine canicule, la Gironde a répondu à cette question de la pire des manières. Au-dessus d’un brasier hors norme s’est dressé un nuage monstrueux, capable de générer des orages nés du feu lui-même. Un phénomène qualifié d’inédit en France par les pompiers, sur un incendie qui a déjà ravagé environ 32 700 hectares.
Pour comprendre le virus du Nil occidental, il faut imaginer un relais à trois maillons. Tout commence chez les oiseaux, qui constituent le réservoir naturel du virus. Un moustique pique un oiseau infecté, absorbe le virus avec son repas de sang, puis va piquer un être humain lors de son prochain festin. C’est ce transfert, discret et silencieux, qui explique la propagation de la maladie chez l’homme.
Imaginez un instant : vous passez une IRM, l’examen révèle une petite anomalie dans votre cerveau, et pourtant, cette structure n’a jamais existé. Elle n’est le fruit ni d’une maladie ni d’un défaut de la machine, mais d’un algorithme d’intelligence artificielle qui, au moment de reconstruire l’image, a tout bonnement décidé d’ajouter quelque chose. Ce scénario, qui ressemble à un récit de science-fiction, vient d’être documenté par des chercheurs. Et il soulève un vertige légitime : jusqu’où peut-on faire confiance à des images médicales façonnées par des machines ? Plongée dans un phénomène aussi fascinant qu’inquiétant, à la frontière entre prouesse technologique et illusion pure.
Trois heures du matin, vendredi 24 juillet 2026. Les téléphones vibrent d’un coup dans toute la presqu’île du Cap-Ferret, avec ce signal sonore reconnaissable entre tous que les habitants du Bassin d’Arcachon n’oublieront pas de sitôt. Un message FR-Alert, sec et sans appel, ordonne d’évacuer immédiatement, par la route ou par la mer, après que la préfecture a activé ce dispositif pour ordonner l’évacuation de tous les villages de la presqu’île. Cinq jours plus tard, le bilan tombe : 220 000 personnes déplacées, un chiffre que la France n’avait plus connu depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Imaginez trois ordinateurs séparés par plusieurs mètres, voire davantage, qui parviennent à se transmettre de l’information sans qu’aucune particule matérielle ne fasse le trajet entre eux. Aucune donnée physique expédiée, aucun signal électrique parcourant un câble comme le ferait une lettre glissée dans une enveloppe. Et pourtant, l’information arrive bel et bien à destination. Ce scénario, digne d’un roman de science-fiction, vient de devenir une réalité de laboratoire. Trois processeurs quantiques distants ont réussi à communiquer grâce à un phénomène qui défie l’intuition : la téléportation d’états logiques. Voici comment cette prouesse fonctionne, ce qu’elle signifie concrètement et pourquoi elle pourrait bouleverser notre manière de concevoir les réseaux du futur.
On imagine souvent le réchauffement climatique comme une couverture qui se poserait uniformément sur la planète, réchauffant chaque région à la même vitesse. La réalité est bien plus déséquilibrée. En ce cœur d’été, alors que les canicules s’enchaînent et que les records de température semblent tomber les uns après les autres, un constat s’impose : l’Europe se réchauffe deux fois plus vite que la moyenne mondiale. Ce n’est ni une erreur de mesure ni un simple hasard régional. Depuis les années 1980, le continent gagne près de 0,5 °C par décennie, contre environ 0,2 °C ailleurs sur le globe. Derrière cet écart spectaculaire se cachent quatre mécanismes physiques bien identifiés, qui s’empilent les uns sur les autres et transforment notre continent en véritable point chaud du climat planétaire. Décortiquons-les ensemble.
Il y a des chiffres qui, à eux seuls, racontent l’ampleur d’un bouleversement. Cet été, alors que les massifs forestiers français crépitent sous une chaleur tenace, les compteurs des surfaces brûlées affolent les spécialistes du feu. Nous ne sommes pas encore à la fin du mois de juillet, et pourtant, l’année 2026 a déjà englouti l’équivalent des trois quarts du terrible record de 2022. Or, cette année-là avait été qualifiée de pire saison depuis un demi-siècle. Le plus troublant ? Les semaines les plus dangereuses, celles où les incendies frappent traditionnellement le plus fort, n’ont même pas encore commencé. Voici comment un seul été a pu rattraper une année entière de désolation.
Dix-neuf mille hectares de forêt partis en fumée, cent bâtiments détruits, cent quarante mille personnes évacuées en quelques jours. La réponse à la question que tout le monde se pose ce week-end, à savoir comment un incendie peut menacer directement une métropole de 800 000 habitants, tient en une phrase : Bordeaux n’a jamais été séparée de la forêt landaise par une frontière nette. Elle a poussé dedans.
Imaginez une forêt de chênes du Bassin parisien qui s’embrase en plein mois de mai, ou un massif du Centre encore fumant à la mi-octobre, bien après que les dispositifs de surveillance aient officiellement plié bagage. Ce scénario, qui aurait paru absurde il y a une génération, devient une hypothèse sérieuse. En plein cœur de l’été, alors que les feux de forêt occupent les esprits comme chaque année à cette période, une projection de Météo-France pour une France à +4 °C vient bousculer une certitude bien ancrée : celle d’une saison des feux sagement calée sur juillet et août, cantonnée au pourtour méditerranéen. Le problème, c’est que le feu, lui, n’a jamais lu nos calendriers administratifs. Et dans les décennies à venir, il pourrait s’affranchir totalement de nos repères.
La désinformation est un "risque majeur". Le Centre de crise National le décrète dans un rapport officiel de 2024. Bien sûr, les stratégies de propagande, de manipulation, ou, selon des termes actuels, d’infox et de fake news, existent depuis toujours, ou presque, dans le cadre des luttes de pouvoir. Mais, aujourd’hui, la désinformation a conquis l’espace médiatique, politique, économique, numérique, de manière exponentielle. Comment la détecter, la désamorcer, la contrer ? Cela exige de plus en plus d’expertise, de maîtrise des outils technologiques et cela peut s’apprendre. En France, Sciences Po Paris lance un master qualifié d'"inédit" pour former des experts hybrides de la désinformation, capables de "riposter".
Imaginez un instant : vous montrez une seule fois à un robot comment plier une serviette, ranger une tasse ou visser un boulon, et le voilà capable de reproduire le geste avec précision. Pas d’entraînement pendant des milliers d’heures, pas de programmation laborieuse ligne par ligne. Une simple démonstration, comme on l’apprendrait à un enfant. Ce scénario, longtemps cantonné à la science-fiction, vient de prendre une tournure bien réelle. Une avancée majeure dans le domaine de la robotique adaptative laisse entrevoir des machines qui apprennent presque à notre manière, avec cette faculté d’imitation qui nous semble si naturelle. Et croyez-moi, en tant que passionné de technologies, je trouve cette perspective absolument fascinante.
Un Airbus A400M largant de l’eau sur un feu de forêt en France : la scène, encore impensable il y a quelques mois, s’est concrétisée ce samedi 26 juillet 2026 en Gironde. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a demandé aux Armées de déployer sans délai cet avion de transport militaire face à un incendie qui a déjà parcouru 30 000 hectares et menace désormais la périphérie de Bordeaux. Une première opérationnelle en France, qui bouscule une certitude bien ancrée : celle voulant que seuls les Canadair et les Dash-8 puissent combattre le feu depuis le ciel.
Et si l’année que nous vivons en ce moment n’était qu’un avant-goût ? Alors que la France traverse une nouvelle vague de chaleur estivale, il est tentant de repousser mentalement le changement climatique dans un futur flou, quelque part au-delà de notre horizon. Pourtant, les projections dévoilées par les climatologues brossent le portrait d’un pays profondément transformé dès le milieu du siècle.
Entretien L’anthropologue Elise Boutié a passé sept mois en Californie, à enquêter sur la mémoire d’une communauté touchée par « Camp Fire », l’un des plus meurtriers feux de forêt américains. Dans sa thèse, elle montre avec finesse que l’incendie ne remet pas en cause les modes de vie qui réchauffent la planète. Au contraire, il les accentue.
Pendant des années, la batterie au sodium a fait figure de parent pauvre du stockage d’énergie. On la présentait volontiers comme une alternative bon marché mais forcément moins performante, une sorte de solution de repli quand le lithium venait à manquer. Cette image vient de voler en éclats. Une technologie sodium-ion franchit désormais un seuil que beaucoup jugeaient inatteignable pour cette chimie : 200 Wh/kg, soit une densité énergétique comparable à celle des meilleures cellules lithium du marché. Et ce n’est pas tout : cette prouesse s’accompagne d’une endurance impressionnante. De quoi rebattre entièrement les cartes d’un secteur en pleine effervescence.
Imaginez un dernier bastion. Un abri, tapi dans la pénombre bleutée des océans, à l’écart des tempêtes de chaleur qui ravagent la surface. Pendant des années, les scientifiques ont porté un espoir tenace envers ces récifs cachés, situés bien plus bas que les coraux tropicaux que nous connaissons. On les surnommait parfois les arches de Noé des mers, ces refuges où la vie corallienne pourrait se réfugier le temps que la crise climatique passe. Mais cet espoir vient de se fissurer. Les instruments plongés dans ces profondeurs racontent désormais une tout autre histoire, et elle n’a rien de rassurant.
Actuellement, la Seine fait face à une sécheresse estivale sévère mais son cours inférieur se maintien artificiellement au-dessus du niveau de crise. En effet, ses lacs-réservoirs injectent de l’eau massivement, un soutien important mais malheureusement pas illimité. Si la situation n’est pas critique, celle-ci reste assez préoccupante.
Il était trois heures du matin quand les téléphones ont vibré dans toute la presqu’île. Un message FR-Alert, sec et sans appel : évacuer, immédiatement, par la route ou par la mer. La préfecture a activé ce vendredi à 3h du matin le dispositif FR-Alert pour ordonner l’évacuation de tous les villages de la presqu’île du Cap Ferret, après l’évacuation déjà du bourg de Lège dans la soirée. En quelques heures, ce coin réputé de la Gironde, d’ordinaire synonyme de vacances tranquilles entre pinède et bassin, s’est transformé en zone à évacuer d’urgence, encerclée par les flammes d’un côté et par l’eau de l’autre.
Imaginez planifier les cultures, gérer les réserves d’eau et anticiper les incendies plusieurs mois à l’avance, simplement en observant la température d’une mer lointaine. C’est la promesse d’une découverte qui pourrait bouleverser notre manière de prévoir les grandes sécheresses. En ce moment, tous les regards convergent vers le Pacifique et son fameux El Niño, officiellement de retour depuis le début de l’été et qui pourrait bien devenir l’un des plus puissants jamais mesurés. Pourtant, une équipe de l’Université hébraïque de Jérusalem vient de montrer que, pour comprendre les longues périodes sans pluie du pourtour méditerranéen, il faudrait peut-être détourner les yeux vers un tout autre océan. Sept décennies de données pointent vers un acteur discret mais redoutablement influent : l’océan Indien.
Le réchauffement global se manifeste par des phénomènes météorologiques extrêmes, dont des sécheresses et des canicules à répétition qui entraînent une multiplication d’incendies d’une ampleur inédite même dans des régions jusqu’alors épargnées. Quelles sont les causes et la dynamique de ces feux ? Quel est leur impact sur l’environnement, notamment sur la biodiversité animale et végétale ? Qu'apporte la recherche à leur compréhension et leur prévention ?
Il y a une nuance que les météorologues nous rappellent chaque été : un simple pic de chaleur n’est pas une canicule. Le premier n’est qu’une bouffée passagère, souvent bienvenue au bord de la mer, tandis que la seconde installe une chaleur durable, de jour comme de nuit, jusqu’à mettre l’organisme et l’environnement à rude épreuve. Et c’est bien d’une canicule qu’il s’agit ici. Alors que la France pensait souffler après trois épisodes suffocants, une nouvelle masse d’air brûlante venue tout droit du Maroc s’apprête à franchir les Pyrénées. Dès mardi, le thermomètre repartira vers les sommets, jusqu’à flirter avec les 40 °C dans certaines régions. Décryptage d’un phénomène aussi spectaculaire qu’inquiétant.