Jean-Marc Jancovici

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Assureurs

2026

Les feux qui ont ravagé la Gironde, les Landes et le Var durant l’été ont occasionné 25 000 sinistres, a annoncé, vendredi, la fédération d’assureurs. Un bilan susceptible d’être revu à la hausse, les sinistrés ayant jusqu’au 31 août pour déclarer leurs dégâts.
Les aides pour les salariés privés d’activité comme des dégâts occasionnés par les incendies comme dans les Landes ou en Gironde sont devenues un enjeu économique d’importance avant même que ne refroidissent les braises.
Trois semaines de loyer remboursé, sans qu’aucun mur n’ait brûlé. Voilà l’équation improbable que les assureurs français viennent d’accepter, à la demande du gouvernement, pour les 220 000 personnes chassées de chez elles par les incendies de Gironde, des Landes et du Var. Cette mesure exceptionnelle, négociée avec la fédération professionnelle France assureurs, s’appliquera pour une durée allant jusqu’à trois semaines, que les logements aient été endommagés ou non. Une annonce faite lundi 27 juillet par le ministre de l’Économie Roland Lescure, et qui bouscule un principe que tout propriétaire ou locataire assuré croyait immuable.
Les deux épisodes météorologiques des 12 et 19 février ont causé d’importants dégâts, qui devront être indemnisés par les assureurs, la Caisse centrale de réassurance, et l’Etat.
Les dégâts successifs des tempêtes Nils, Oriana et Pedro, concentrées sur quelques jours – les spécialistes parlent d’un « cluster » –, et des débordements qui les ont suivies pourraient coûter plus de 1 milliard d’euros. Ils relancent le débat sur l’assurabilité des zones les plus exposées.
La Caisse centrale de réassurance estime qu’environ 250 000 sinistres sont liés à cet événement météorologique. La plus grande fédération d’assurances lance une mission pour accélérer l’indemnisation des populations touchées.

2025

Le risque de retrait-gonflement des sols argileux, associé aux périodes de sécheresse, est en forte augmentation du fait du changement climatique. Il occasionne des dégâts considérables sur les bâtiments, mais également sur les routes. Rien qu’en 2022, il a coûté plus de trois milliards d’euros à la collectivité et aux assureurs. Des recherches récentes ont construit un indicateur pour prévoir l’évolution future des risques.
Confrontés à un « choc des saisines », les services du médiateur de l’assurance recrutent et misent sur l’IA pour accélérer le traitement des dossiers.
Les très fortes chaleurs devraient se traduire par un pic d’activité pour le secteur de l’assistance automobile. Mais le principal risque est celui du retrait-gonflement des argiles, dont les effets ne seront mesurés qu’avec retard.

2024

La faillite des assureurs révélée au grand jour. Le changement climatique à l’origine de l’intensification et de la multiplication des catastrophes naturelles n’est plus assurable : les dégâts sont trop élevés, il faudrait mettre la clé sous la porte ou augmenter massivement les tarifs.
Le coût moyen des pertes assurées engendrées par les événements climatiques devrait désormais dépasser les 150 milliards de dollars pour les prochaines années, selon les projections de Verisk. A plus de 100 milliards de dollars sur les cinq dernières années, il mettait déjà le secteur de l’assurance à la peine, avec de plus en plus de zones presque inassurables.
La multiplication des inondations, des tempêtes et des épisodes de sécheresse pose de nouveaux défis aux professionnels du secteur.
Plusieurs milliers de dossiers ont déjà été ouverts auprès de compagnies d'assurances dans la foulée des orages survenus mardi, a fait savoir jeudi Assuralia, l'association professionnelle des entreprises d'assurances.
L’explosion des dégâts dus aux catastrophes climatiques en 2023 pourrait pousser les assureurs à faire croître leurs tarifs. Pour Olivier Gayraud, juriste à l’association CLCV, cette hausse ne doit pas se systématiser.

2023

Une semaine après le passage des deux tempêtes, les assureurs ont dressé ce lundi 13 novembre un bilan des destructions. Résultats : les intempéries ont causé au total 517 000 sinistres en France.
Certaines des plus grandes compagnies d’assurance américaines viennent d’annoncer que les conditions météorologiques extrêmes les amènent à mettre fin à plusieurs de leurs garanties, à exclure les protections contre les catastrophes naturelles et à augmenter les primes. Les habitants de maisons situées dans des zones vulnérables aux catastrophes climatiques comme les feux ou les tempêtes, et il y en a beaucoup, ne sont plus couverts alors que les risques augmentent. Les assureurs français ne sont pas encore parvenus à cette extrémité, mais ils y pensent.
Le premier semestre 2023 s'avère dévastateur en termes d’événements climatiques extrêmes. Selon Swiss Re, le coût des catastrophes naturelles a atteint 120 milliards de dollars dans le monde, dont 50 milliards de coûts assurés. Pour le réassureur, des efforts d’adaptation au changement climatique doivent être faits. Mais l’ONG Reclaim finance pointe un double discours du secteur, qui continue de financer des projets d’énergies fossiles.
Invoqué par les militants écologistes, le coût de "l’inaction climatique" pourrait inquiéter les milieux de la finance. Au premier semestre 2023, les catastrophes climatiques ont coûté plusieurs dizaines de milliards de dollars aux assureurs. Mais ces derniers continuent d’assurer les activités liées aux énergies fossiles, qui alimentent justement le dérèglement climatique.
Le mathématicien Arthur Charpentier observe, dans une tribune au « Monde », que les assureurs américains sont de plus en plus nombreux à renoncer à offrir une couverture contre les catastrophes climatiques.
L’ingénieur et historien de l’énergie Michel Lepetit appelle, dans une tribune au « Monde », le secteur de l’assurance à s’unir pour surmonter la crise majeure que représente l’accumulation des catastrophes climatiques.

Ils publient sur les réseaux de Jean-Marc Jancovici : Adrien Couzinier, Cyrus Farhangi D’autres références : Adrien Couzinier, Cyrus Farhangi