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Au nom de la «souveraineté numérique», les centres de données se multiplient en France. Mais peut-on parler de souveraineté quand la plupart de ces infrastructures sont gérées par des entreprises étrangères ou que les matériaux nécessaires à leur fonctionnement font le tour du monde ? On fait le point.
Jean-Marc Jancovici, président de The Shift Project et cofondateur de Carbone 4, s’attaque au vrai problème de l’intelligence artificielle : sa consommation énergétique massive, l’explosion des data centers et ses conséquences sur notre esprit critique. Entre ChatGPT, IA générative, climat et électricité, il questionne frontalement l’utilité d’une technologie toujours plus gourmande en ressources.
La montée de l’opposition locale aux centres de données porte préjudice à leur essor. Entre avril et juin, la construction de 45 centres de données, pour une valeur de 68 milliards de dollars, a été bloquée par des manifestations, des pétitions et des recours.
Des élus de la commune d’Etrechet rendent leur écharpe tricolore, « impuissants » face au projet de gigantesque centre de données porté par le géant américain de la tech.
Les centres de données indispensables à l’intelligence artificielle nécessitent l’extraction de toujours plus de métaux et terres rares. Une industrie qui détruit, assèche, tue et exploite sur tous les continents, rappelle notre chroniqueuse.
Les centres de données sont l’incarnation physique de notre dépendance croissante au numérique. Ces derniers mois, les projets extravagants se multiplient et leurs impacts aussi. Que se trame-t-il derrière l’apparente immatérialité de nos usages ? En onze questions, Vert fait le point sur ces infrastructures et leurs dangers, réels ou fantasmés.
Actuellement, le géant Microsoft explore deux projets autour des centres de données aux Etats-Unis et plus particulièrement, de leur consommation d’électricité. D’une part, il s’agit de déployer des solutions de production proches des nouvelles installations et d’autre part, de créer une réserve d’énergie décentralisée à l’aide des batteries des particuliers et des entreprises.
La consommation mondiale des data centers devrait doubler d’ici 2030 à près de 1 000 TWh, selon le cabinet conseil en énergie Omnegy. Leur rapport publié en juillet alerte sur le risque d’une «refossilisation» mais estime que la France peut miser sur son nucléaire décarboné.
Alors que les canicules, les sécheresses et les mégafeux s’intensifient, faut-il continuer à consacrer toujours plus d’énergie, de matières premières et d’argent aux datacenters, à l’IA ou à de nouveaux équipements scientifiques géants ? Philippe Bihouix, ingénieur et auteur spécialiste des ressources, de la transition énergétique et des enjeux technologiques, appelle à faire preuve de "techno-discernement" et à choisir collectivement ce qui mérite vraiment nos ressources limitées.
De nombreux projets de data centers sont lancés ou en phase de construction en France. Étant donné leurs impacts sur l’environnement et les populations locales, leur localisation mérite d’être débattue, d’autant que certains projets pourraient être intégrés dans des réseaux préexistants ou en développement : ils participeraient ainsi à la mise en commun et à la réutilisation des ressources que sont la chaleur, l’eau et l’électricité.
Face à l’explosion des besoins de l’intelligence artificielle, les géants de la tech rêvent de voir des data centers dans l’espace. Une promesse spectaculaire, freinée par des coûts vertigineux, des impasses techniques et des risques environnementaux.
Vous rangez une photo de vacances dans votre cloud, un vieux mail traîne « au cas où » depuis des années, et tout cela semble ne rien peser du tout. Pas de bruit, pas de fumée, juste une petite icône qui tourne quelques secondes. Pourtant, derrière cette légèreté apparente se cachent des bâtiments gigantesques, remplis de serveurs qui tournent jour et nuit, chauffent comme des radiateurs et boivent de l’électricité sans relâche. Et l’addition est vertigineuse : l’ensemble de ces data centers avale désormais autour de 1 % de l’électricité mondiale, un chiffre qui grimpe même vers 2 à 3 % selon le périmètre retenu. Autrement dit, sauvegarder nos souvenirs numériques pèse aujourd’hui aussi lourd que faire voler toute l’aviation civile. Plongée dans les coulisses très concrètes d’un monde que l’on croyait immatériel.
Un mouvement pour le moment largement « décentralisé et idéologiquement hétérogène » prend forme devant le développement effréné de l’intelligence artificielle et des conflits d’usage qu’elle génère. Donald Trump veut faire payer la facture d’électricité aux grands groupes de l’IA.
Le géant américain Meta a confirmé vendredi s'être retiré d'un engagement pris aux côtés d'importantes multinationales et visant à utiliser exclusivement de l'électricité renouvelable, une marche arrière qui intervient en plein boom des très énergivores centres de données.
Et si l’avenir de l’intelligence artificielle ne reposait plus sur des puces surchauffées, mais sur un principe aussi vieux que l’horlogerie ? C’est le pari audacieux d’Unconventional AI, une jeune entreprise née dans le sillage de chercheurs du MIT et de Stanford. Leur idée tient en une image : imaginez des milliers de métronomes qui finissent, seuls, par battre la mesure à l’unisson. En exploitant cette mystérieuse tendance des systèmes physiques à se synchroniser, la start-up affirme pouvoir concevoir une IA jusqu’à 1 000 fois plus économe en énergie que l’informatique classique. Une promesse spectaculaire, à l’heure où les modèles génératifs deviennent d’insatiables ogres énergétiques. Décryptage.
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