Jean-Marc Jancovici

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Carbone

2026

En décalage avec la rhétorique de l'administration Trump, les États-Unis s'apprêtent à construire plus de nouvelles centrales électriques en 2026 qu'au cours de n'importe quelle autre année, et la quasi-totalité d'entre elles produiront de l'énergie bas-carbone.
Alors que 60 % des importations européennes de gaz naturel liquéfié proviennent désormais des Etats-Unis, l’empreinte carbone de cette source d’énergie reste l’objet d’un vif débat.
Alors que la neutralité carbone constitue l’un des principaux objectifs climatiques mondiaux, de nouvelles simulations suggèrent que la baisse des niveaux de CO₂ atmosphérique pourrait faire passer l’océan Austral du statut de puits de carbone à celui de source de CO₂. Cette évolution, qui intervient dans les simulations malgré la baisse du CO₂ atmosphérique,pourrait prolonger le réchauffement climatique pendant des siècles malgré les efforts de captage de CO₂.
Un État ou une entreprise peuvent-ils influencer le GIEC ? En théorie, c’est impossible, et pourtant. 11 chercheurs liés à l’Arabie saoudite figurent parmi les auteurs du prochain rapport de l’institution internationale, chargée de faire état des connaissances scientifiques sur le réchauffement climatique. Une enquête menée par l’Humanité, en partenariat avec le Guardian et quatre autres médias européens, révèle ces cas de conflits d’intérêts au sein de l’un des trois groupes de travail du GIEC.
Nos forêts, prairies et zones humides absorbent nettement moins de CO2 qu’en 1990. Dans une étude commandée par l’administration fédérale de l’environnement, des scientifiques appellent à renforcer les puits de carbone : plus de forêts, de tourbières et de prairies, moins d’élevage et de béton.
Les forêts et les sols belges absorbent de moins en moins de CO2. Une étude réalisée pour le SPF Santé publique estime que la Belgique devra donc revoir en profondeur l'usage de ses terres pour tenir son objectif climatique.
Celui qu’on surnomme “le grand prêtre du climat” découvre un peu par hasard les gaz à effet de serre lors d’une mission professionnelle, dans les années 90. D’abord par curiosité intellectuelle plutôt que par conviction, il se met à étudier les liens entre énergie, économie et climat. Au fur et à mesure des projets qu’il mène, sa conviction quitte peu à peu les bureaux d’ingénieurs pour entrer dans le débat public. Certains voient en lui un génie, d’autres un gourou. Jean-Marc Jancovici essaie surtout de réduire le fossé immense qui se creuse entre l’ampleur du problème et sa prise en compte dans la société. Mais derrière l’expert du climat se cache un homme qui doute : comment faire changer les mentalités en laissant chacun libre de rejoindre le combat ou de s’en détourner ?
Une bouteille d’eau en plastique recyclée, affichant un bilan carbone bas, passe pour un choix écologiquement raisonnable par rapport à son homologue en verre. Pourtant, cette même bouteille plastique figure parmi les objets qui libèrent le plus de particules de plastique dans l’environnement. Et plus des trois quarts de cette pollution surviendra lorsque nous n’utiliserons plus ces objets – dans des décennies, voire des siècles. Ce paradoxe révèle un angle mort de nos décisions environnementales. Aujourd’hui, la pollution plastique s’évalue presque toujours sous le prisme du bilan carbone et des analyses de cycle de vie (ACV).
Le service européen Copernicus fait état de plus de 1,5 million de tonnes relâchées, un chiffre jamais enregistré depuis 2003. Un défi, alors que la France doit accélérer la baisse de ses émissions de gaz à effet de serre et que le puits de carbone forestier diminue.
La consommation mondiale des data centers devrait doubler d’ici 2030 à près de 1 000 TWh, selon le cabinet conseil en énergie Omnegy. Leur rapport publié en juillet alerte sur le risque d’une «refossilisation» mais estime que la France peut miser sur son nucléaire décarboné.
Réduire son empreinte carbone sans se perdre dans une comptabilité infinie, c’est possible : il suffit de savoir où porter son attention.
C’est une réalité révélée par les sécheresses récentes : les forêts peuvent émettre plus de CO2 qu’elles n’en capturent. Cet état de fait est alarmant quand on sait que les sécheresses sont de plus en plus fréquentes et que les forêts jouent un rôle clé dans les politiques d’atténuation du changement climatique. Même si la quantification du CO2 capté par les forêts mondiales reste un exercice difficile, on estime qu’elles captent environ un quart du CO2 émis par les activités humaines.
Et si la fameuse compensation carbone, celle que l’on nous vend comme une baguette magique pour effacer nos émissions, n’était en réalité qu’un pari perdu d’avance ?
Le gouvernement a annoncé ce 22 juillet les trois lauréats du premier appel d'offres de soutien à la production d'hydrogène décarboné par électrolyse.
Une trajectoire climatique moins exigeante pour les entreprises: la Commission européenne a proposé vendredi d'assouplir sa tarification du carbone, pilier de la politique environnementale de l'UE, au cœur d'une bataille féroce entre Etats, industriels et ONG.
Sous nos pieds, un trésor s’évapore en silence. Loin des projecteurs braqués sur les cheminées d’usine et les pots d’échappement, un phénomène discret mais colossal se joue dans les entrailles de notre continent. Nos sols, ces sentinelles brunes que nous foulons sans y prêter attention, relâchent depuis des décennies plus de carbone qu’ils n’en emmagasinent. Le constat, longtemps soupçonné, se précise désormais avec une netteté troublante : le bilan net de carbone des sols agricoles européens est négatif sur le long terme. Autrement dit, la terre nourricière se vide peu à peu de sa substance, et avec elle, s’échappe une partie de notre capacité à contenir le dérèglement climatique. Voici pourquoi cette hémorragie invisible mérite toute notre attention.
Les flammes dévorent les forêts ; les fumées, elles, s'attaquent aux poumons, au cœur et parfois à tout l'organisme. Alors que les incendies se multiplient sous l'effet du réchauffement climatique, Vert fait le point sur les polluants invisibles qu'ils libèrent et sur les risques qu'ils font courir, parfois à des centaines de kilomètres du brasier.
Sous nos pieds, à des milliers de kilomètres au nord, sommeille l’un des plus grands coffres-forts naturels de la planète. Le pergélisol arctique, ce sol resté gelé en permanence depuis parfois des dizaines de milliers d’années, emprisonne des quantités vertigineuses de carbone. On l’imaginait fidèle à son poste, gardien silencieux d’un trésor climatique. Or, en plein cœur de l’été boréal, un renversement historique se joue. Ce géant gelé, autrefois notre allié discret, semble avoir changé de camp. Ce qu’il relâche désormais durant la belle saison dépasse ce qu’il parvient à réabsorber pendant les longs mois d’hiver. Un basculement qui pourrait bien redessiner notre avenir climatique.
Les deux Gafam ont publié cette semaine leurs bilans environnementaux, lourdement lestés par leur course effrénée aux infrastructures énergivores pour favoriser le stockage de données obligatoires pour le développement de l’intelligence artificielle.
Canopée, l'association de protection des forêts, tire la sonnette d'alarme. Dans son rapport publié lundi 29 juin 2026, cette dernière regrette la stratégie du gouvernement concernant les puits de carbone forestiers et leur mise en péril. L'organisation appelle, notamment, à diminuer les prélèvements en bois.
En France, la chute du puits de carbone forestier est régulièrement présentée par les pouvoirs publics comme une fatalité. Cette note démontre que cet argument n’est qu’en partie fondé : il existe des leviers politiques pour amortir cette chute et respecter les engagements internationaux de la France. Le principal de ces leviers est de limiter les prélèvements de bois plutôt que de chercher à les augmenter comme le propose la Stratégie nationale bas carbone.
Dans un rapport, publié lundi 29 juin, l’organisation de défense des forêts appelle à réviser à la baisse les objectifs de prélèvement de bois dans le projet de stratégie nationale bas carbone.
L’actualisation par plusieurs dizaines de scientifiques du monde entier d’indicateurs clés sur le changement climatique en 2025 contient des résultats inquiétants. Un budget carbone épuisé sous trois ans, des températures toujours plus proches du point de non-retour… Voici ce qu’il faut retenir de ce travail, publié ce jeudi dans la revue scientifique Earth system science data.
Vagues de chaleur marines en hausse, fonte du budget carbone... Ces indicateurs qui explosent témoignent du rythme sans précédent atteint par le réchauffement planétaire, estiment 73 chercheurs dans un rapport publié le 11 juin.
Les puits de carbone semblent ralentir dangereusement. D'où cette question va-t-on assister à un effondrement des puits de carbone ? Le climat risque-t-il dès lors de s'emballer ? Pour en discuter, on reçoit Laurent Bopp, climatologue et océanographe qui travaille sur le cycle du carbone dans l'océan et s’intéresse en particulier à l’évolution du puit de carbone océanique.
Une solution crédible et tangible pour réduire les émissions de CO2 » et « lutter contre le changement climatique ». C’est ainsi que TotalEnergies célébrait, en août 2025, le lancement opérationnel de Northern Lights – « aurores boréales » en anglais. Cette entreprise norvégienne, détenue par le groupe français et deux autres majors du pétrole (la norvégienne Equinor et l’anglo-néerlandaise Shell), gère le plus gros projet de captage et de stockage du carbone (CCS, carbon capture and storage) en Europe, et le seul en activité aujourd’hui. Les industriels belges espèrent bien pouvoir s’y associer pour y enfouir leur CO2. Mais les promesses semblent loin aujourd’hui. La technologie du CCS consiste à stocker le CO2 sous terre pour l’empêcher de réchauffer l’atmosphère. Elle est très critiquée par les écologistes pour son coût exorbitant, et parce qu’elle entretient la dépendance aux énergies fossiles. Mais grâce à un intense lobbying, le CCS s’est imposé comme la priorité politique de l’Union européenne (UE) pou
Pendant des millénaires, les terres gelées de l’Arctique ont joué le rôle d’un immense coffre-fort naturel, retenant prisonnières des quantités astronomiques de carbone. Mais sous l’effet de la hausse des températures, ce bouclier est en train de céder. Une nouvelle étude britannique vient de démontrer que la fonte de ce pergélisol ne se contente pas de libérer des gaz à effet de serre : elle modifie radicalement la structure même du sol. En devenant une véritable passoire, la terre menace désormais de relâcher un fléau sanitaire totalement invisible.
Alors que la France est touchée par une vague de chaleur exceptionnelle, la géographe Magali Reghezza-Zitt publie « Bienvenue en 2055 ». Elle analyse pour Reporterre les leviers qui nous permettraient d’arriver au monde neutre en carbone qu’elle y décrit.
Cinquante ans plus tard, les derniers jours du mois de mai ressemblent aux premiers jours de l’été 1976, explique la climatologue Françoise Vimeux dans une tribune au « Monde ». Afin de mieux anticiper ces désordres météorologiques appelés à devenir plus réguliers et plus intenses, elle préconise « une adaptation transformative et structurelle ».
À force de gestion comptable et sous la pression d’un réchauffement que nous avons déclenché, certains massifs forestiers basculent : ils rejettent plus de carbone qu’ils n’en stockent.
Les forêts du Congo changent de rôle : depuis 2010, elles émettent plus de carbone qu'elles n'en absorbent. Comment ce basculement menace le climat.
The Shift Project a publié mardi son "Plan robuste pour l'économie française", qui développe vingt "chantiers" grâce auxquels la France peut atteindre une neutralité carbone en 2050, selon le centre de réflexion. "Il y a 20 chantiers incontournables si on veut réussir la décarbonation de la France et il y a un certain nombre de conditions à aligner pour la réussir", a affirmé Clément Caudron, chef de projet "Stratégie de transition robuste" lors d'une conférence de presse.
Jancovici revient sur LIMIT pour comprendre les raisons derrière la guerre en Iran, le Venezuela, le Groenland etc Il revient aussi sur son erreur. Finalement, la taxe carbone n'est peut être pas une bonne chose, mais pourquoi ? Quelles autres solutions avons nous pour réduire les émissions de Co2 ? Et enfin, est-ce que Jancovici va intégrer la politique et se présenter au présidentiel ? Toutes les réponses sont dans cet épisode, bienvenue sur Limit.
Dans le désert du Taklamakan en Chine, le sable recule lentement. Là où s'étendait autrefois un "vide biologique", une ceinture végétale initiée il y a une quarantaine d'années gagne du terrain. Et, avec elle, une promesse inattendue : celle d'un désert devenu puits de carbone. La végétalisation des terres arides, serait-elle la solution miracle pour lutter contre le changement climatique ?
Le climat a accéléré sa course. Nous nous rapprochons des points de bascule susceptibles de provoquer des changements brutaux. Les travaux récents montrent que certains de ces seuils pourraient être atteints entre 1,5 °C et 3 °C de réchauffement, entraînant des transformations abruptes et irréversibles des écosystèmes, des forêts, des océans, et, avec eux, des sociétés humaines.
En 2026, alors que tous les regards se tournent vers la canopée amazonienne pour sauver le climat, une menace bien plus souterraine et insidieuse se dessine dans son ombre. Le Cerrado, cette immense savane brésilienne souvent négligée, cache dans ses zones humides un réservoir de carbone d’une densité phénoménale. Une étude récente révèle que ces sols gorgés d’eau stockent six fois plus de carbone que la végétation de la forêt amazonienne. Pourtant, ce géant aux pieds d’argile est aujourd’hui traité comme une variable d’ajustement agricole, mettant en péril la sécurité hydrique et climatique de tout un continent.
Rome remet en question la politique de transition écologique de l’Union européenne et propose de suspendre le système d’échange de quotas d’émission (ETS) pour alléger les factures d’électricité
Le ciment pèse 8 % des émissions mondiales de CO₂ et 12 % des émissions industrielles françaises. Face à ce mastodonte climatique, 50 étudiantes et étudiants réunis en Convention Scientifique proposent une feuille de route radicale : d’abord la sobriété, ensuite l’efficacité, et la compensation seulement en dernier recours.
A critical step on the path towards climate neutrality, the European Union’s 2040 target calls for a 90-per-cent reduction in emissions. Yet as far-reaching as this goal may seem, its provisions constitute a weakening of Europe’s climate ambitions under the Green Deal. By allowing costly and ineffective CO2 removal and storage technologies as a way of lowering emissions, the target risks deterring direct emission cuts and outsourcing pollution.
Imaginez un allié de longue date qui se retourne soudainement contre vous. C’est exactement ce qui vient de se produire avec les forêts africaines. Pendant des décennies, ces vastes étendues vertes ont agi comme de gigantesques éponges à carbone, absorbant le CO2 que nous rejetions dans l’atmosphère. Mais une étude internationale publiée dans Scientific Reports vient de confirmer un basculement aussi brutal qu’inquiétant : depuis 2010, ces forêts émettent désormais plus de carbone qu’elles n’en capturent. Un coup de tonnerre pour la lutte contre le changement climatique.

Ils publient sur les réseaux de Jean-Marc Jancovici : Adrien Couzinier, Cyrus Farhangi D’autres références : Adrien Couzinier, Cyrus Farhangi